Michael Bodekaer
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Aujourd'hui, je vais vous montrer comment cette tablette et ce casque de réalité virtuelle sont sur le point de complètement révolutionner l'enseignement des sciences. Je vais également vous montrer comment cela peut rendre n'importe quel professeur de sciences 2 fois plus efficace. Mais avant, je vais vous montrer comment tout ça est possible, voyons brièvement pourquoi améliorer la qualité de l'enseignement des sciences est d'une importance vitale.

Si vous y pensez, le monde grandit incroyablement vite. Et avec cette croissance vient une liste entière de défis grandissants, des défis tels que traiter le réchauffement climatique, la lutte contre la famine, les pénuries d'eau, et le traitement des maladies, pour n'en citer que quelques-uns.

Et qui, exactement, va nous aider à résoudre tous ces grands défis ? Eh bien, ce sont ces jeunes étudiants. C'est la prochaine génération de jeunes scientifiques brillants. Et à bien des égards, nous comptons tous sur eux pour venir avec de nouvelles et grandes innovations afin de nous aider à résoudre tous ces défis qui nous attendent. Ainsi, il y a quelques années, mon co-fondateur et moi enseignions à ce genre d'étudiants universitaires, seulement les étudiants à qui nous enseignions ressemblaient plus à ça.

(Rires)

Eh oui, c'est ça la réalité dans beaucoup trop d'universités dans le monde : les étudiants s'ennuient, se désengagent et parfois ne sont même plus sûrs de savoir pourquoi ils étudient en premier lieu.

Donc, nous avons cherché de nouvelles méthodes innovantes d'enseignement, mais ce que nous avons trouvé était quelque peu décevant. Nous avons vu que les livres étaient transformés en e-books, les tableaux noirs en vidéos Youtube et les monologues de salle de conférence en MOOCs — cours en ligne ouverts à tous. Et si vous y pensez, tout ce que nous faisons réellement ici, c'est prendre le même contenu et le même format, et l'apporter à plus d'étudiants — c'est génial, qu'on ne se trompe pas, c'est vraiment super — mais la méthode d'enseignement est toujours plus ou moins la même, il n'y a pas de réelle innovation.

Donc nous avons cherché ailleurs. Nous avons remarqué à maintes reprises que les simulateurs de vol s'avéraient être de loin plus efficaces lorsqu'ils combinaient une formation réelle en vol pour entraîner les pilotes. Nous avons alors pensé : pourquoi ne pas appliquer ça à la science ? Pourquoi ne pas construire un simulateur de laboratoire virtuel ?

Alors, nous l'avons fait. Nous avons tout d'abord décidé de créer un simulateur de laboratoire, en réalité virtuelle, parfaitement identique à celui où les étudiants feraient des expériences avec des équations mathématiques simulant ce qui se passerait dans un vrai laboratoire. Mais pas que de simples simulations, nous voulions aussi en créer des plus avancées avec les meilleures universités telles que le MIT, afin d'apporter à ces étudiants la recherche de pointe sur le cancer. Les universités pourraient économiser des millions de dollars en laissant les étudiants faire des expériences virtuelles avant d'aller dans un vrai laboratoire. Et pas seulement cela ; ils pourraient aussi comprendre — et même à un niveau moléculaire dans la machine — ce qui se passe pour les machines. Ils pourraient soudainement faire de dangereuses expériences, comme dans des laboratoires. Par exemple, comme ici, en enseignant la salmonelle, qui est un sujet important, que beaucoup d'écoles ne peuvent enseigner pour des raisons de sécurité. Nous avons interrogé les étudiants et donné aux professeurs un tableau de bord complet, ils savaient donc parfaitement où en étaient les étudiants.

Nous ne nous sommes pas arrêtés là, car nous avions vu combien le sens est important pour l'engagement des étudiants en classe. Donc, nous avons demandé à des concepteurs de jeu de créer des histoires amusantes et attrayantes. Par exemple, comme dans ce cas, où les étudiants ont eu à résoudre scientifiquement un meurtre mystérieux en utilisant leurs compétences.

Et les retours que nous avons eus lors du lancement furent extrêmement positifs. Ici, nous avons 300 étudiants, tous résolvant passionnément des meurtres en apprenant les compétences scientifiques clés. Et ce que j'aime le plus dans tout ça, c'est vraiment lorsque les étudiants viennent me voir après, tout surpris et un peu confus, et disent : « Je viens juste de passer deux heures dans ce labo virtuel, et... je n'ai même pas consulté Facebook. »

(Rires)

Voilà ce qui convient aux étudiants : engageant et immersif.

Et donc, pour vérifier si cela a vraiment fonctionné, un psychologue en enseignement a fait une étude avec 160 étudiants — de l'Université de Stanford et de l'Université Technique du Danemark. Ils ont séparé les étudiants en deux groupes. Un groupe devait uniquement utiliser les simulations du laboratoire virtuel, l'autre devait utiliser les méthodes traditionnelles d'apprentissage, en disposant du même temps. Puis, fait intéressant, ils ont donné aux étudiants un test avant et après l'expérience, ils pouvaient ainsi mesurer précisément l'impact de la méthode sur les étudiants. Et ils ont trouvé une augmentation surprenante de 76% de l'efficacité de l'apprentissage en utilisant des laboratoires virtuels comparé aux méthodes traditionnelles.

Mais fait encore plus intéressant, la seconde partie de l'étude observait l'impact des professeurs sur l'enseignement. Et ce qu'ils ont trouvé, c'est que lorsque vous combinez les laboratoires virtuels avec le coaching et le mentorat de l'enseignant, nous observions une augmentation de 101% de l'efficacité de l'apprentissage, doublant ainsi l'impact du professeur de sciences dans le même laps de temps. Quelques mois auparavant, nous avons commencé à nous interroger — nous avons une équipe merveilleuse de psychologues de l'éducation, professeurs, scientifiques et développeurs de jeux, et nous nous sommes demandés : comment pouvons-nous tenir notre promesse de constamment ré-inventer l'éducation ?

Aujourd'hui, je suis vraiment excité à l'idée de présenter ce que nous avons réussi à faire et ce pourquoi nous avons travaillé dur. Je vais expliquer rapidement ce que c'est. Initialement, je prends mon téléphone portable — la plupart des étudiants ont déjà ça, des smartphones — et je le branche à ce casque de réalité virtuelle, peu coûteux. Et ce que je peux faire à présent, c'est entrer littéralement dans ce monde virtuel. Nous allons faire essayer ça à certains d'entre vous dans le public, parce que vous devez vraiment l'essayer pour ressentir à quel point c'est immersif. C'est exactement comme si je venais juste de rentrer dans le laboratoire virtuel. Vous me voyez à l'écran ?

Public : Oui.

Michael Bodekaer : Super ! Génial.

Donc, simplement, j'ai transformé mon téléphone portable en un simulateur de laboratoire d'une grande université, à plusieurs millions de dollars avec tout cet équipement incroyable avec lequel je peux interagir. Je peux, par exemple, prendre la pipette et faire des expériences. J'ai mon E-Gel, mon PCR et, oh, regardez ici, j'ai ma machine de séquençage nouvelle génération, et là, j'ai également mon microscope à électrons. Qui emporte dans ses poches un microscope à électrons ? Et ici, j'ai ma machine, je peux faire différentes expériences avec. Et là-bas, j'ai une porte, je peux aller faire d'autres expériences, dans d'autres laboratoires. Et là, j'ai ma tablette d'apprentissage. C'est une tablette intelligente qui me permet de lire une théorie pertinente. Comme vous pouvez le voir, je peux interagir avec. Je peux regarder des vidéos et voir des contenus qui sont pertinents pour l'expérience que je suis en train de mener. Puis là-bas, il y a Marie. C'est mon professeur, — mon assistante de laboratoire — et elle me guide à travers tout le laboratoire. Et très bientôt, les enseignants pourront littéralement se téléporter dans ce monde virtuel où je suis en ce moment et m'aider, me guider, tout au long de cette expérience.

Et à présent, et avant de terminer, je voudrais vous montrer une chose encore plus sympa, je pense — que vous ne pouvez même pas faire dans les laboratoires réels. Ceci est une machine PCR. Je vais maintenant commencer cette expérience. Et ce que je viens juste de faire, c'est de me rétrécir un million de fois à la taille d'une molécule — c'est l'impression qu'on a, vous devez vraiment essayer ça. A présent, c'est comme si j'étais à l'intérieur de la machine et que je voyais tout l'ADN, et les molécules. Je vois le polymérase et les enzymes et ainsi de suite. Et je peux voir dans ce cas, l'ADN en train d'être répliqué des millions de fois, tel que c'est en train de se passer dans votre corps en ce moment. Je peux vraiment ressentir et comprendre comment tout cela fonctionne.

Maintenant, j'espère que cela donne un peu de sens sur les possibilités offertes par ces méthodes d'apprentissage. Et je voudrais également mettre en avant que tout ce que vous venez de voir fonctionne aussi sur iPads et ordinateurs portables, sans casque. Je dis cela pour une raison très importante. Pour que nous puissions vraiment stimuler et inspirer la prochaine génération de scientifiques, nous avons vraiment besoin d'enseignants pour guider l'adoption des nouvelles technologies dans les salles de classe. Et en quelque sorte, je crois que la prochaine avancée technique dans l'enseignement des sciences tient moins dans la technologie, que dans la décision des professeurs de pousser et d'adopter ces technologies au sein des salles de classe. Et c'est donc notre souhait que plus d'universités, d'écoles et de professeurs collaborent dans le futur avec les entreprises de technologies afin d'exploiter tout ce potentiel.

Ainsi, pour finir, je souhaiterais vous quitter avec une petite histoire qui m'a vraiment inspiré. C'est l'histoire de Jack Andraka. Certains d'entre vous, peut-être, le connaissent déjà. Jack a inventé un nouveau test révolutionnaire et bon marché pour dépister le cancer du pancréas. à l'âge de 15 ans. Lorsque Jack a raconté comment il avait fait cette immense découverte, il a également expliqué qu'une chose l'avait presque empêché de faire cette découverte. C'était qu'il n'avait pas accès à de vrais laboratoires, car il n'était pas assez expérimenté pour y être autorisé.

Maintenant, imaginez que nous puissions apporter des laboratoires virtuels, coûtant des millions de dollars à tous ces étudiants comme Jack, dans le monde entier, et leur donner les dernières, les meilleures machines que vous puissiez imaginer, ce qui pourrait littéralement faire sautiller de pure excitation n'importe quel scientifique ici. Imaginez comment cela pourrait encourager et inspirer toute une génération de jeunes brillants scientifiques, prêts à innover et changer le monde.

Merci beaucoup.

(Applaudissements)