Kiran Sethi
1,644,756 views • 9:32

"Contagieux" est un mot positif. Même en période de H1N1, j'aime ce mot. Le rire est contagieux. La passion est contagieuse. L'inspiration est contagieuse. Nous avons entendu des histoires remarquables, d'orateurs remarquables. Mais selon moi, ce qui les a rendus contagieux, c'est qu'ils ont été infectés par ce que j'appelle le virus "Je peux" ("I Can").

La question est : pourquoi seulement eux ? Dans un pays de plus d'un milliard de personnes, pourquoi si peu ? Est-ce de la chance ? Du hasard ? Ne pouvons-nous pas tous être systématiquement et consciemment infectés ? Durant les huit prochaines minutes, je voudrais partager avec vous mon histoire. J'ai attrapé le virus à l'âge de 17 ans, alors que j'étais étudiante dans une école de design. J'ai rencontré des adultes, qui ont réellement cru en mes idées, m'ont provoquée, et ont partagé de nombreuses tasses de thé avec moi. J'ai été frappée par le sentiment de bien-être que cela procure, et de voir à quel point ce sentiment était contagieux. J'ai aussi réalisé que j'aurais du être infectée quand j'avais 7 ans.

Alors quand j'ai créé l'école de Riverside il y a 10 ans, l'idée était d'en faire un laboratoire, un laboratoire pour ébaucher et raffiner un programme, qui permette d'infecter sciemment les esprits avec le virus "Je Peux". Et j'ai découvert que si l'apprentissage est intégré dans le contexte du monde réel, si l'on efface les frontières entre l'école et la vie, alors les enfants empruntent un chemin de connaissance sur lequel le changement est visible, où ils sont capables, se voient changer, et se donnent les moyens, conduisent eux-mêmes le changement. Et cela influe directement sur le bien-être des élèves. Les enfants deviennent plus compétents et moins impuissants. Mais il ne s'agit-là que de bon sens.

J'aimerais vous donner un petit aperçu de ce à quoi ressemblent les pratiques courantes de Riverside. Un point de départ : mes élèves de cinquième année étudiaient le droit des enfants on leur demandait de rouler des bâtonnets d'encens, des agarbattis, pendant huit heures pour faire l'expérience de ce que cela signifie d'être enfant ouvrier. Cela les a transformés. Vous allez voir cette expérience, transformée en conviction absolue qu'ils pouvaient sortir et changer le monde. (Musique)

Les voilà en train de rouler l'encens. En deux heures, après avoir senti leur dos souffrir, ils étaient transformés. Et dès que c'est arrivé, ils se sont trouvés dehors a convaincre tout le monde que le travail des enfants devait être aboli. Regardez Ragav, ce moment où son visage change, parce qu'il réalise qu'il a changé l'état d'esprit d'un homme. Cela ne peut pas se produire dans une salle de classe. Ragav a fait l'expérience du passage de "Le professeur m'a dit", à "Je l'ai fait". C'est ça, le saut cognitif "Je peux". C'est un processus qui peut être stimulé et entretenu.

Mais certains parents nous ont dit, "OK, faire de nos enfants de bons être humains, c'est très bien, mais qu'en est-il des maths, de la science et de l'anglais ? Montrez-nous les notes." Alors nous l'avons fait. Et les données ont été concluantes. Lorsque les enfants se prennent en main, non seulement ils font du bien, mais en plus ils le font bien, en fait même très bien. Comme vous pouvez le voir dans cette évaluation comparative nationale suivie par plus de 2 000 écoles en Inde, Les enfants de Riverside surpassaient le niveau des 10 meilleures écoles en Inde en maths, anglais et sciences.

Cela fonctionnait. Il était alors temps de l'appliquer en dehors de Riverside. Le 15 août 2007, Jour de l'Indépendance, les enfants de Riverside ont annoncé qu'ils allaient infecter Ahmedabad. Il ne s'agissait plus de l'école de Riverside. Il s'agissait de tous les enfants. Nous étions sans vergogne. Nous sommes allés voir la municipalité, la police, la presse, les entreprises, et avons simplement dit : "Quand allez-vous vous réveiller et reconnaître le potentiel qui réside dans chaque enfant ? Quand allez-vous impliquer les enfants dans la ville ? Ouvrez vos cœurs, vos yeux et vos esprits aux enfants."

Alors comment la ville a réagi ? Depuis 2007, tous les deux mois, la ville ferme les rues les plus passantes à la circulation et les transforme en terrain de jeux pour enfants. Voilà une ville qui dit à ses enfants : "Vous pouvez". Voici un aperçu de l'infection à Ahmedabad. Vidéo : (Hindi) Les rues les plus passantes fermées. La police routière et la municipalité nous ont aidés. Et les enfants s'en sont emparés. Ils font du skateboard. Ils font du théâtre. Ils jouent. Tout est gratuit, pour tous les enfants. (Musique)

Atul Karwal : L'association Aproch fait déjà des choses pour les enfants. Que nous prévoyons d'étendre à d'autres parties de la ville. (Musique)

Kiran Bir Sethi: La ville donna du temps libre. Et Ahmedabad connut le premier passage piétons au monde spécialement dédié aux enfants.

Geet Sethi : Une ville donne aux enfants à un moment, et plus tard, ce sont les enfants qui donnent en retour à la ville. (Musique)

Kiran Bir Sethi : Et pour cela, Ahmedabad est réputée être la ville la plus accueillante de l'Inde pour les enfants.

Voyez le schéma : d'abord 200 enfants à Riverside. Puis 30 000 à Ahmedabad, et ça continue. Il était alors temps d'infecter l'Inde entière. Le 15 août 2009 là encore, Jour de l'Indépendance, pris en mains par le même procédé, 100 000 enfants ont trouvé la force de dire "Je Peux". Comment ? Nous avons conçu une simple boîte à outils, que nous avons traduite en 8 langues, et avons touché 32 000 écoles. Nous avons donné aux enfants un simple défi à relever. Qui était : "prenez une idée, n'importe quoi qui vous contrarie, choisissez une semaine, et changez un milliard de vies."

Et ils l'ont fait. Des histoires de changement ont afflué de toute l'Inde, de Nagaland dans l'est, à Jhunjhunu dans l'ouest, du Sikkim au nord, à Krishnagiri au sud. Les enfants ont conçu des solutions pour divers types de problèmes. Ils se sont occupés des personnes isolées, de combler les nids-de-poule dans les routes, de l'alcoolisme, et 32 jeunes ont stoppé 16 mariages d'enfants au Rajasthan. C'était incroyable. Encore une fois : quand les adultes font confiance aux enfants et leur disent "Tu peux", ils sont déterminés. L'infection en Inde. C'est au Rajasthan, dans un village rural.

Vidéo : L'enfant : Nos parents sont illettrés, nous voulons leur apprendre à lire et écrire. KBS : D'abord, un rassemblement et une pièce de rue dans une école rurale — du jamais vu — pour dire à leurs parents l'importance de l'alphabétisation. Écoutez ce que leurs parents disent.

L'homme : Ce programme est formidable. Nous sommes tellement heureux que nos enfants puissent nous apprendre à lire et écrire.

La femme : Je suis vraiment heureuse que mes élèves aient mené cette campagne. Désormais, je ne douterai plus des capacités de mes élèves. Vous voyez ? Ils l'ont fait.

KBS : Une école de la ville de Hyderabad. La petite fille : 581. Cette maison est le 581 ...

La petite fille : Nous devons commencer à collecter à partir du 555.

KBS : Les filles et garçons de Hyderabad, dehors, ce n'etait pas évident, mais ils l'ont fait.

La femme : Malgré leur très jeune âge, ils ont vraiment fait du bon travail. Ils ont d'abord nettoyé la société, puis ce sera au tour d'Hyderabad, et bientôt de l'Inde entière.

La femme : C'était une révélation pour moi. Je n'avais jamais remarqué qu'ils avaient tellement à donner.

La petite fille : Merci mesdames et messieurs. Pour ces enchères nous avons de magnifiques peintures pour vous, pour une bonne cause, l'argent que vous nous donnerez sera utilisé pour acheter des prothèses auditives. Êtes-vous prêts mesdames et messieurs ? La salle : Oui ! La petite fille : Êtes vous prêts ? La salle : Oui ! La petite fille : Êtes vous prêts ? La salle : Oui !

KBS : La charte de la compassion commence ici. Théâtre de rue, enchères, pétitions. Ils changeaient des vies. C'était incroyable. Alors comment pouvons-nous rester immunisés ? Comment pouvons-nous rester immunisés de cette passion, cette énergie, cette exaltation ? Je sais que c'est évident, mais je dois finir avec le symbole le plus puissant du changement, Gandhi. Il y a 70 ans, il a suffit d'un homme pour infecter une nation entière avec le pouvoir de "Nous Pouvons".

Aujourd'hui, qui se chargera de répandre l'infection, de 100 000 enfants aux 200 millions d'enfants actuellement en Inde ? Ce que j'ai compris là, ce que ce préambule nous dit, c'est : "Nous, le peuple Indien", n'est-ce pas ? Car si ce n'est pas nous, qui le fera ? Si ce n'est pas maintenant, alors quand ? Comme je disais, "contagieux" est un mot positif. Merci. (Applaudissements)