Linus Torvalds

L'esprit derrière Linux

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Translated by Morgane Quilfen
Reviewed by Gabriel Tallineau
0:12

Chris Anderson : C'est très bizarre. Votre logiciel, Linux, est dans des millions d'ordinateurs, il alimente probablement la majorité d'internet. Et je crois qu'il y a environ 1,5 milliard d'appareils Android actifs. Votre logiciel est dans chacun d'entre eux. C'est assez génial. Vous devez avoir de supers quartiers généraux logiciels pour gérer tout cela. C'est ce que je pensais — j'ai été choqué quand j'en ai vu une photo. Je veux dire, cela — ce sont les quartiers généraux mondiaux de Linux.

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(Rires)

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(Applaudissements)

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Linus Torvalds : Cela ne ressemble à rien. Je dois dire que le plus intéressant dans cette image, ce à quoi les gens réagissent, c'est de travailler debout. C'est le côté le plus intéressant de mon bureau et je ne l'utilise même plus. Et je pense que les deux choses sont en lien.

1:08

La façon dont je travaille est... Je ne veux pas de stimulation extérieure. Vous pouvez le remarquer, les murs sont vert clair. On m'a dit que les hôpitaux psychiatriques utilise cela pour leurs murs.

1:26

(Rires)

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C'est une couleur qui calme, elle ne vous stimule pas vraiment.

1:34

Vous ne pouvez pas voir l'ordinateur, vous ne voyez que l'écran, mais mon principal souci concernant mon ordinateur est — il n'a pas besoin d'être gros et puissant même si j'aime bien cela — il doit être complètement silencieux. Je connais des gens qui travaillent chez Google et ils ont leur propre petit centre de données chez eux, moi pas. Mon bureau est le bureau le plus ennuyeux que vous verrez. Je reste assis en silence. Si le chat vient, il s'assoit sur mes genoux. Et je veux entendre le chat ronronner, pas le bruit des ventilateurs de l'ordinateur.

2:12

CA : C'est époustouflant, car en travaillant ainsi, vous arrivez à faire fonctionner ce vaste empire technologique — c'est un empire — c'est un témoignage génial du pouvoir de l'open source.

2:24

Racontez-nous comment vous avez compris l'open source et comment cela a mené au développement de Linux.

2:32

LT : Je travaille toujours seul. Vraiment — je travaille seul chez moi, souvent en peignoir. Quand un photographe vient, je m'habille, je porte des vêtements.

2:42

(Rires)

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J'ai toujours travaillé ainsi. J'ai lancé Linux comme cela. Je n'ai pas commencé Linux comme un projet collaboratif. Je l'ai commencé comme un projet parmi tant d'autres sur lesquels je travaillais alors, pour mon propre plaisir, en partie car j'avais besoin du résultat, mais surtout parce que j'aimais programmer. Il n'était pas question de la fin du voyage, que nous n'avons toujours pas atteint 25 ans plus tard. Mais plutôt du fait que je cherchais un projet et que, à ma connaissance, il n'y avait pas d'open source.

3:20

Et ce qu'il s'est passé c'est que... le projet a grossi et j'ai voulu le montrer aux gens, me vanter. Vraiment, c'était plus : « Regarde ce que j'ai fait ! » Croyez-moi, à l'époque ce n'était pas terrible. Je l'ai rendu accessible au public, ce n'était même pas encore open source. A ce moment-là, les sources étaient disponibles mais sans intention de l'utiliser comme la méthodologie d'open source d'aujourd'hui : pour les améliorer. C'était plus : « Regardez, j'y travaille depuis six mois, j'aimerais des avis. »

3:59

D'autres personnes m'ont approché. A l'Université d'Helsinki, j'avais un ami qui faisait de l'open source — cela s'appelait « logiciel libre » à l'époque — et il m'a présenté le concept : on peut utiliser ces licences open source qui existent déjà. J'y ai pensé un moment. J'avais peur de l'entrée en jeu des intérêts commerciaux. C'est une des inquiétudes qu'ont tous ceux qui commencent, ils ont peur que quelqu'un tire avantage de leur travail. Et je me suis dit : « Tant pis après tout ! »

4:43

CA : Et à un moment, quelqu'un a contribué à votre code et vous avez pensé : « C'est très intéressant, je n'y aurais jamais pensé. Cela pourrait l'améliorer. »

4:52

LT : Je n'ai même pas commencé avec des gens contribuant au code, plutôt des gens partageant des idées. Et le fait que quelqu'un d'autre regarde votre projet — je suis sûr que c'est vrai pour d'autres choses aussi, mais en particulier pour du code — que quelqu'un s'intéresse à votre code, qu'il le regarde assez pour vous donner un avis et des idées, c'était énorme pour moi.

5:16

J'avais 21 ans à l'époque, j'étais si jeune, mais j'avais déjà programmé durant la moitié de ma vie. Et chaque projet avant celui-ci était entièrement personnel et cela a été une révélation quand les gens ont commencé à commenter et à donner leur avis sur mon code. Avant même qu'ils ne renvoient du code, c'était, je pense, l'un des moments où j'ai dit : « J'aime ces personnes ! » Ne vous méprenez pas — je ne suis pas très social.

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(Rires)

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Je n'aime pas vraiment les autres —

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(Rires)

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Mais j'aime les ordinateurs, j'aime interagir avec les autres par mail, car cela vous donne un peu de temps. Mais j'aime les autres personnes qui commentent et s'impliquent dans mon projet. Et cela l'a tellement amélioré.

6:08

CA : Il y a eu un instant où vous avez vu ce qui se construisait et cela a décollé, vous vous êtes dit : « Cela pourrait être énorme, pas juste un projet personnel sur lequel je reçois des avis, mais un développement explosif pour la technologie mondiale. »

6:24

LT : Pas vraiment. Le moment important n'a pas été quand c'est devenu énorme, c'était quand c'était encore modeste. L'important était de ne pas être seul et qu'il y ait 10, même 100 personnes impliquées — c'était l'important. Le reste s'est fait petit à petit. Passer de 100 à 1 million de personnes n'est pas important, pour moi. Peut-être cela l'est-il si vous —

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(Rires)

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Si vous voulez vendre vos résultats, alors c'est très important — ne me méprenez pas. Mais si vous êtes intéressé par la technologie et par le projet, l'important était d'avoir une communauté. Puis la communauté a grandi. Et à aucun moment je ne me suis dit : « Ça vient de décoller ! » parce que cela a pris relativement du temps.

7:12

CA : Tous les technologistes auxquels je parle vous disent à l'origine de grands changements dans leur travail. Ce n'est pas que Linux, c'est ce truc appelé Git, qui est un système de gestion pour le développement logiciel. Parlez-nous en brièvement et de votre rôle.

7:29

LT : Un des problèmes que nous avons eus, et qui a mis un peu de temps à apparaître, c'est quand vous... Quand vous passez de 10 ou 100 personnes travaillant sur un projet à 10 000 personnes, ce qui — dans la situation actuelle, juste sur le kernel nous avons 1 000 collaborateurs pour chaque version qui sort tous les deux mois, environ tous les deux-trois mois. Certains ne font pas beaucoup de choses. Beaucoup de personnes font de tout petits changements.

8:00

Mais pour maintenir ceci, l'échelle change la façon de le maintenir. Nous avons beaucoup souffert. Et certains projets ne font que maintenir du code source. CVS est celui qui a été le plus utilisé et je détestais CVS et refusais d'y toucher alors j'ai essayé quelque chose de radical et intéressant et tous les autres ont détesté.

8:30

CA : (Rires)

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LT : Nous étions dans cette mauvaise situation où des milliers de personnes voulaient participer mais, de bien des façons, j'étais le point de rupture car je ne pouvais pas agrandir le projet au point de travailler avec des milliers de personnes.

8:46

Donc Git est mon second gros projet, qui a été créé uniquement pour que je maintienne mon premier gros projet. C'est littéralement ainsi que je travaille. Je ne code pas pour — je code pour m'amuser mais je veux coder quelque chose de significatif donc mes projets sont toujours des choses dont j'ai besoin et...

9:08

CA : Linux et Git sont tous les deux nés des conséquences imprévues de votre désir de ne pas travailler avec trop de personnes.

9:17

LT : Absolument, oui.

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(Rires)

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CA : C'est génial. LT : Ouais.

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(Applaudissements)

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Vous avez transformé la technologie par une mais deux fois, et nous devons essayer de comprendre pourquoi. Vous nous avez donné des indices mais... Voici une photo de vous enfant avec un Rubik's Cube. Vous avez dit que vous programmez depuis vos 10 ou 11 ans, la moitié de votre vie.

9:42

Étiez-vous un genre de génie informatique, vous savez, un super-geek, étiez-vous la star de l'école qui pouvait tout faire ? Vous ressembliez à quoi, enfant ?

9:51

LT : Je crois que j'étais l'intello typique. J'étais... A l'époque je n'aimais pas trop les gens. C'est mon petit frère. Le Rubik's Cube m'intéressait plus que mon petit frère.

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(Rires)

10:06

Ma petite sœur, qui n'est pas sur la photo, quand nous avions des réunions de famille — ce n'est pas une grande famille mais j'ai quelques cousins — elle me préparait à l'avance. Avant que j'entre dans la pièce, elle disait : « C'est comme ceci et cela... » Parce que je n'étais pas — j'étais un geek. J'aimais les ordinateurs, j'aimais les maths, j'aimais la physique. J'étais bon pour cela. Je ne pense pas que j'étais exceptionnel. Apparemment, ma sœur disait que ma qualité la plus exceptionnelle était de ne pas abandonner.

10:46

CA : Parlons de cela, car c'est intéressant. Vous ne laissiez pas tomber. Il n'est donc pas question d'être un geek ou intelligent mais d'être... têtu ?

10:56

LT : C'est être têtu. Il est question de commencer quelque chose et ne pas dire : « C'est bon, j'arrête et je passe à autre chose. Oh un truc qui brille ! »

11:09

Et j'ai remarqué cela aussi dans d'autres aspects de ma vie. J'ai vécu dans la Silicon Valley pendant 7 ans. J'ai travaillé pour la même entreprise de la Silicon Valley pendant tout ce temps. C'est du jamais vu. La Silicon Valley ne fonctionne pas ainsi. Toute l'idée de la Silicon Valley réside dans le fait de changer de travail pour faire un beau mélange. Je ne suis pas ce genre de personne.

11:36

CA : Mais au cours du développement de Linux, cet entêtement vous a parfois mené à des conflits avec les autres. Parlez-nous en. Était-ce essentiel pour maintenir la qualité de ce que vous faisiez ? Comment décririez-vous ce qu'il s'est passé ?

11:53

LT : Je ne sais pas si c'est essentiel. Pour revenir au « Je ne suis pas quelqu'un de sociable », parfois je suis aussi... disons, « myope » aux émotions des autres, et cela peut vous faire dire des choses blessantes. Et je n'en suis pas fier.

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(Applaudissements)

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Mais en même temps c'est... certaines personnes me disent que je devrais être gentil. Et quand j'essaye de leur expliquer qu'ils sont peut-être gentils, que peut-être ils devraient essayer d'être plus agressifs, ils disent que je ne suis pas gentil.

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(Rires)

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J'essaye de dire que nous sommes différents. Je ne suis pas quelqu'un de sociable ; je n'en suis pas particulièrement fier, mais cela fait partie de moi. Et l'une des choses que j'aime concernant l'open source c'est que cela permet à des gens différents de travailler ensemble. Pas besoin de s'apprécier — et parfois nous ne nous aimons pas. Vraiment, il y a des disputes très, très violentes. Mais vous pouvez trouver des choses sur lesquelles vous n'êtes pas en désaccord mais vous avez plutôt des intérêts très différents.

13:12

Pour revenir à ce que j'ai dit plus tôt sur ma peur des commerciaux tirant avantage de votre travail, il s'est très vite avéré que ces commerciaux étaient des gens très agréables. Et ils ont fait toutes les choses qui ne m'intéressaient pas du tout et avaient des objectifs très différents. Ils ont utilisé l'open source de façons qui ne me plaisaient pas. Mais, car c'était open source, ils en avaient le droit et cela finit finalement très bien.

13:41

Et je crois que cela fonctionne ainsi. Il vous faut des personnes en contact avec les gens, des communicants agréables et sympathiques qui —

13:50

(Rires)

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veulent vous enlacer et entrer dans votre communauté. Mais tout le monde n'est pas ainsi. Je ne suis pas ainsi. Je m'intéresse à la technologie. Certains s'intéressent à l'IHM. Je suis incapable de faire de l'IHM. Si j'étais perdu sur une île et que la seule façon de m'en sortir était de faire une belle IHM, je mourrais là-bas.

14:11

(Rires)

14:12

Il y a différents types de personnes, et je ne cherche pas d'excuses, j'essaye d'expliquer.

14:17

CA : En discutant la semaine dernière, vous avez parlé d'un autre de vos traits que j'ai trouvé très intéressant. C'est l'idée du bon goût.

14:24

J'ai ici quelques images. Voici un exemple d'un code de particulièrement mauvais goût et celui-ci est de meilleur goût, ce que l'on voit immédiatement. Quelle est la différence entre ces deux codes ?

14:39

LT : C'est... Combien ont déjà programmé ?

14:44

LT : Mon Dieu.

14:46

LT : Je vous assure que tous ceux qui ont levé la main ont déjà fait une liste simplement chaînée. C'est enseigné — Ceci, la première approche de plutôt mauvais goût, est ce qui est enseigné quand vous apprenez à programmer. Pas besoin de comprendre le code.

15:03

Le plus intéressant pour moi est le dernier if. Car avec une liste simplement chaînée — ici en essayant d'enlever une entrée présente dans la liste — il y a une différence entre la première entrée de la liste et une entrée du milieu de la liste. Car si c'est la première entrée, vous devez changer le pointeur vers la première entrée. Si c'est au milieu, vous devez changer le pointeur d'une entrée précédente. Ce sont deux cas très différents.

15:32

CA : Ceci est mieux.

15:33

LT : Ceci est mieux. Il n'y a pas de if. Peu importe, je ne veux pas que vous compreniez pourquoi il n'y a pas de if, mais que vous compreniez que l'on peut parfois voir un problème différement et le réécrire pour qu'un cas particulier soit supprimé et devienne le cas normal. C'est de la bonne programmation, mais de la programmation simple, de débutant. Ce n'est pas l'important, bien les détails soient importants.

16:00

Pour moi, ce qui marque les personnes avec lesquelles je veux travailler c'est leur bon goût, leur façon de... Je vous ai envoyé cet exemple idiot qui n'est pas pertinent car il est trop petit. Le bon goût est bien plus grand. Le bon goût, c'est de voir les structures principales et savoir instinctivement quelle est la meilleure façon de faire.

16:23

CA : Nous assemblons les pièces du puzzle. Vous avez un goût qui a un sens pour les informaticiens. Vous êtes —

16:32

(Rires)

16:34

LT : Je crois que c'était significatif pour certains.

16:38

CA : Vous êtes un développeur très intelligent et vous êtes diablement têtu. Mais il doit y avoir autre chose. Vous avez changé le futur. Vous devez avoir les capacités pour ces grandes visions du futur. Vous êtes un visionnaire ?

16:52

LT : En fait, je me sens un peu mal à l'aise à TED depuis quelques jours, car il y a beaucoup de visions, n'est-ce pas ? Je ne suis pas un visionnaire. Je n'ai pas de plan sur 5 ans. Je suis ingénieur. Et je crois que c'est - je suis très heureux pour les personnes qui se baladent et regardent les nuages, regardent les étoiles et veulent y aller. Mais je regarde le sol et je veux réparer le nid de poule devant moi avant de tomber dedans. Je suis comme ça.

17:21

(Encouragements)

17:22

(Applaudissements)

17:24

CA : La semaine dernière, vous m'avez parlé de ces deux personnes. Qui sont-ils et quel est votre lien avec eux ?

17:31

LT : C'est un cliché dans la technologie, tout le truc Tesla versus Edison, où Tesla est vu comme le scientifique visionnaire et fou. Et les gens adorent Tesla. Il y a des gens qui ont donné son nom à leur entreprise.

17:47

(Rires)

17:50

L'autre personne est Edison, qui est souvent dénigré car il est vu comme étant un piéton et est — la citation la plus connue de lui est : « Le génie, c'est 1% d'inspiration et 99% de transpiration. » Je suis dans le camp d'Edison, même si les gens ne l'aiment pas toujours. Car si vous comparez les deux personnes, Tesla a un esprit qui attire, mais qui a réellement changé le monde ? Edison n'était peut-être pas quelqu'un de sympathique, il a fait beaucoup de choses — il n'était peut-être pas si intellectuel, pas si visionnaire. Mais je pense plus être un Edison qu'un Tesla.

18:36

CA : Le thème de TED ici, c'est les rêves : grands, téméraires, audacieux. Vous en êtes l'antidote.

18:42

LT : J'essaye de calmer les choses, oui.

18:44

CA : C'est bien.

18:45

(Rires) Nous vous comprenons.

18:50

Des entreprises comme Google et bien d'autres ont gagné des milliards de dollars grâce à votre logiciel. Cela vous énerve-t-il ?

18:56

LT : Non. Non, cela ne m'énerve pas pour plusieurs raisons. L'une d'entre elles est que je m'en sors bien. Je m'en sors très bien.

19:03

Mais l'autre raison est — si je n'avais pas fait tout ce truc d'open source et de le lâcher, Linux ne serait pas ce qu'il est. Cela a apporté des expériences que je n'apprécie pas, parler en public, mais c'est aussi une expérience. Croyez-moi. Il y a beaucoup de choses qui font de moi un homme heureux et me font penser que j'ai fait les bons choix.

19:29

CA : Est-ce que l'idée de l'open source, et nous terminerons là-dessus, est-ce que l'idée de l'open source est pleinement réalisée dans le monde ou y a-t-il d'autres choses qui pourraient arriver, d'autres choses qui pourraient être faites ?

19:43

LT : Je suis partagé sur ce point. L'open source fonctionne si bien en programmation en partie car, au final, la programmation, c'est blanc ou noir. Il y a souvent une bonne façon de décider si cela a été bien fait ou non. Un code fonctionne ou pas, ce qui signifie qu'il y a moins de place pour les conflits. Et pourtant nous avons quand même des disputes parfois. Dans beaucoup d'autres domaines — les gens en ont parlé dans des domaines tels que la politique — il peut être difficile de dire qu'il est possible d'appliquer les même principes ailleurs car le blanc et le noir ne se transforment pas seulement en gris mais en différentes couleurs.

20:35

Évidemment, l'open source fait son retour en science. C'est là que cela a commencé. Mais la science s'est avérée être assez fermée, avec des journaux très chers et ce genre de choses. Et l'open source fait son retour en science, avec arXiv et des journaux libres. Wikipedia a aussi changé le monde. Il y a d'autres exemples. D'autres choses sont en chemin.

21:04

CA : Mais vous n'êtes pas visionnaire et ce n'est pas à vous de les imaginer.

21:08

LT : Non.

21:09

(Rires)

21:10

C'est à vous de le faire, n'est-ce pas ?

21:12

CA : Exactement.

21:13

Linus Torvalds, merci pour Linux, merci pour internet, merci pour tous ces téléphones Android.

21:19

Merci d'être venu à TED et d'avoir révélé tant de choses sur vous.

21:22

LT : Merci.

21:23

(Applaudissements)

Linus Torvalds a transformé deux fois la technologie : avec le kernel Linux, qui aide à alimenter internet, puis à nouveau avec Git, le système de gestion de code source utilisé par les développeurs partout dans le monde. Dans une interview rare avec le curateur de TED, Chris Anderson, Torvalds discute avec une ouverture remarquable des traits de personnalité qui ont modelé sa philosophie unique de travail, d’ingénierie et de vie. « Je ne suis pas un visionnaire, je suis un ingénieur, dit Torvalds. Je suis heureux pour les gens qui se baladent et regardent les nuages... mais je regarde le sol et je veux arranger le nid-de-poule qui est devant moi avant de tomber dedans. »

About the speaker
Linus Torvalds · Software engineer

In 1991, Linus Torvalds shared the Linux kernel with a few computer hobbyists. The operating system they built reshaped the software industry.

In 1991, Linus Torvalds shared the Linux kernel with a few computer hobbyists. The operating system they built reshaped the software industry.