Frans de Waal

Frans de Waal : Le comportement moral des animaux

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Translated by Anna Cristiana Minoli
Reviewed by Elisabeth Buffard
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Je suis né à Den Bosch, d'où le peintre Hieronymous Bosch a tiré son nom. J'ai toujours beaucoup aimé ce peintre qui a vécu et travaillé au 15° siècle. Et ce qui est intéressant chez lui quant à la moralité c’est qu'il a vécu à une époque où l'influence de la religion était en baisse, et il se demandait, je crois, ce qui arriverait à la société s'il n'y avait pas de religion ou s'il y avait moins de religion. Il a donc peint ce célèbre tableau, « Le Jardin des délices terrestres », que certains ont interprété comme étant l'humanité avant la chute, ou étant l'humanité sans chute du tout. Vous vous demandez donc, que se passerait-il si nous n'avions pas goûté au fruit de la connaissance, pour ainsi dire, et quel genre de moralité aurions-nous ?

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Plus tard, en tant qu'étudiant, je suis allé dans un jardin très diffèrent, un jardin zoologique à Arnhem où nous avons des chimpanzés. Me voici tout jeune avec un bébé chimpanzé. (Rires) Et là j'ai découvert que les chimpanzés ont très faim de pouvoir et j'en ai écrit un livre. A l'époque la recherche sur les animaux se focalisait sur l'agression et la compétition. J'ai peint un cadre général du règne animal, humanité comprise, selon lequel au fond de nous-mêmes nous sommes compétitifs nous sommes agressifs, nous sommes tous à la recherche de notre profit personnel. Voici le lancement de mon livre. Je ne suis pas sûr que les chimpanzés l’aient lu, mais c'est sûr qu'ils paraissaient intéressés.

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Pendant que je faisais ce travail sur le pouvoir et la domination et sur l'agressivité et ainsi de suite, j'ai découvert que les chimpanzés se réconcilient après les bagarres. Ce que vous voyez ici ce sont deux mâles qui se sont battus. Ils ont fini sur un arbre, et l'un d'eux tend la main à l'autre. Une seconde après que j'ai pris la photo, ils se sont réunis à la base de l'arbre et ils se sont embrassés.

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C'est très intéressant parce qu’à l'époque on ne parlait que de compétition et agressivité, et ça n'avait donc aucun sens. La seule chose qui compte c'est gagner ou perdre. Mais pourquoi se réconcilier après une bagarre ? Ça n'a aucun sens. C’est ce que font les bonobos. Les Bonobos font tout avec le sexe. Ils se réconcilient donc avec le sexe. Mais le principe est le même. Le principe est que vous avez une relation précieuse qui est dégradée par le conflit, il faut donc faire quelque chose. Tout mon cadre sur le règne animal, êtres humains compris, a commencé à changé à ce moment-là.

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Nous avons d'ailleurs cette image en science politique, en économie, en lettres, en philosophie, que l'homme est un loup pour l'homme. Et donc tout au fond, notre nature est en fait mauvaise. Je crois que c'est une image injuste pour le loup. Après tout le loup, est un animal très coopératif. Voilà pourquoi beaucoup d'entre vous ont un chien à la maison, qui lui aussi a toutes ces caractéristiques. Et c'est très injuste pour l'humanité, parce que l'humanité est en fait beaucoup plus coopérative et empathique que ce que l'on croit. J'ai donc commencé à m''intéresser à ce problème en l'étudiant chez d'autres animaux.

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Voici donc les piliers de la moralité. Si vous demandez à n'importe qui, « Sur quoi se fonde la moralité ? » voici les deux facteurs qui apparaissent toujours. Le premier est la réciprocité, et il est associé à un sens de justice et à un sens d'équité. Et l'autre est l'empathie et la compassion. Et la moralité humaine c'est plus que ça, mais si vous enlevez ces deux piliers, il ne reste pas grand-chose, je crois. Ils sont donc absolument essentiels.

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Je vais vous donner quelques exemples. Voici une vieille vidéo du Yerkes Primate Center où on dresse les chimpanzés à coopérer. Et ça fait déjà une centaine d'années que nous faisons des expériences sur la coopération. Vous avez ici deux jeunes chimpanzés qui ont une boite, et la boite est trop lourde pour qu'un chimpanzé l'attire à lui. Et bien sûr, il y a de la nourriture dans la boite. Autrement ils ne la tireraient pas avec autant de force. Ils amènent donc la boite. Et vous voyez qu'ils sont synchronisés. Vous voyez qu'ils travaillent ensemble, ils tirent au même moment. C'est déjà un gros progrès par rapport à beaucoup d'autres animaux qui ne seraient pas capables de faire ça. Et maintenant vous allez voir une image encore plus intéressante, parce que maintenant l’un des deux chimpanzés a été nourri. Donc l'un des deux n'est plus vraiment intéressé par la tâche. (Rires) (Rires) (Rires) Regardez maintenant ce qui se passe à la fin. (Rires) En gros il prend tout.

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(Rires)

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Il y là a deux choses intéressantes. L'une est que le chimpanzé sur la droite comprend complètement ce dont son partenaire a besoin — il comprend donc complétement le besoin de coopération. La deuxième est que le partenaire est prêt à travailler même si la nourriture ne l'intéresse pas. Pourquoi cela ? Ça a probablement à voir avec la réciprocité. Il y a beaucoup de preuves chez les primates et chez d'autres animaux du fait qu'ils rendent les faveurs. Donc il aura un jour ou l'autre une faveur en retour. Et voilà donc comment ça marche.

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Nous faisons la même chose avec les éléphants. C'est très dangereux de travailler avec les éléphants. Un autre problème avec les éléphants c'est que vous ne pouvez pas utiliser de boite qui soit trop lourde pour un éléphant. On peut peut-être en faire une, mais je crois qu'elle va être trop fragile. Ce que nous avons donc fait dans ce cas précis — nous faisons ces études en Thaïlande pour Josh Plotnik — nous avons cet instrument, nous utilisons cette corde. Si vous tirez de ce côté de la corde, la corde disparait de l'autre côté. Deux éléphants doivent donc la tirer en même temps. Autrement rien ne se passe et la corde disparait.

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Et le premier enregistrement que vous allez voir ce sont deux éléphants relâchés en même temps qui arrivent à l'équipement. L'équipement est sur la gauche avec de la nourriture dessus. Ils arrivent donc ensemble, ils la prennent ensemble et ils tirent ensemble. En fait pour eux c'est assez simple. Les voilà. Et voilà comment ils font. Nous allons maintenant rendre la tâche plus difficile. Parce que le but de cette expérience c'est de voir comment ils comprennent la coopération. Est-ce qu'ils la comprennent comme les chimpanzés, par exemple ?

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Ce que nous faisons à l'étape suivante c'est relâcher un éléphant avant l'autre, et cet éléphant doit être assez intelligent pour rester là, attendre et ne pas tirer la corde — parce que s'il tire la corde, tout disparait et le test est fini. Cet éléphant fait une chose illégale que nous ne lui avons pas apprise. Mais il montre à quel point il comprend, parce qu'il met sa patte sur la corde, il se place sur la corde et attend que l'autre arrive, et ensuite l'autre fera tout le travail pour lui. C'est ce que nous appelons profiter des autres. (Rires) Mais il montre l'intelligence qu'ont les éléphants. Ils développent plusieurs de ces techniques alternatives que nous n'approuvons pas nécessairement. L'autre éléphant arrive et il va tirer. Maintenant regardez l'autre. L'autre n'oublie pas de manger, bien sûr. (Rires) C'était la partie sur la coopération, la réciprocité.

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Parlons maintenant de l'empathie. L'empathie est le sujet principal de ma recherche. Et l'empathie a deux qualités. L'une est la compréhension. Une définition ordinaire : la capacité de comprendre et partager les sensations des autres. Et la partie émotionnelle. L'empathie voyage sur deux voies.

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Une est la voie du corps. Si vous parlez avec une personne triste, vous adopterez une expression triste et une posture triste, avant même de savoir si vous vous sentez triste. Et c'est un peu la voie du corps ou l'empathie émotionnelle, qu'ont beaucoup d'animaux. Votre chien l'a aussi. C'est la raison pour laquelle les gens ont des mammifères à la maison et pas des tortues ou des serpents ou d'autres animaux qui n'ont pas ce genre d'empathie. Ensuite il y a la voie cognitive, qui signifie plutôt se mettre dans la perspective de quelqu'un d'autre. Et c'est plus limité. Il y a peu d'animaux — je crois que les éléphants et les primates peuvent faire ce genre de chose — mais il y a très peu d'animaux qui peuvent le faire.

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La synchronisation, qui fait partie de ce mécanisme de l'empathie est très ancienne dans le règne animal. Et chez les êtres humains, bien sûr, nous pouvons l'étudier sur la contagion du bâillement. Les êtres humains baillent quand les autres baillent. Et ça a un rapport avec l'empathie. Elle active les mêmes régions du cerveau. Nous savons aussi que ceux qui sont plus sujet à la contagion du bâillement sont très empathiques. Ceux qui ont des problèmes avec l'empathie, comme les enfants autistes, ne baillent pas par contagion. C'est donc lié.

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Et nous étudions donc ceci chez les chimpanzés en leurs présentant une tête animée. C'est ce que vous voyez en haut à gauche, une tête animée qui baille. Et il y a un chimpanzé qui regarde, un vrai chimpanzé qui regarde l'écran d'un ordinateur sur lequel nous faisons passer ces animations. (Rires) La contagion du bâillement qui vous est probablement familière — et vous allez peut-être commencer à bailler très rapidement — c'est une chose que nous partageons avec d'autres animaux. Et c'est lié à la voie du corps qui est la synchronisation qui est à la base de l'empathie et en fait c'est universel chez les mammifères.

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Nous étudions aussi des expressions plus complexes. Voici la consolation. Voici un chimpanzé mâle qui a perdu dans une bagarre et il hurle, et un jeune arrive et lui met un bras autour et le calme. C'est la consolation. C'est semblable à la consolation humaine. Et le comportement de la consolation, est déterminé par l'empathie. Pour pouvoir étudier l'empathie chez les enfants il faut demander à la famille de faire semblant d'être bouleversée, pour voir ce que font les enfants. C'est donc lié à l'empathie, et c’est le genre d'expressions que nous cherchons.

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Récemment nous avons publié une expérience dont vous avez peut-être entendu parler. C'est sur l'altruisme et les chimpanzés où la question est, est-ce que les chimpanzés se soucient du bien-être de quelqu'un d'autre ? Et pendant des décennies on a supposé que seuls les êtres humains peuvent le faire, qu'uniquement les êtres humains se soucient du bien-être de quelqu'un d'autre. Nous avons fait une expérience très simple. Nous le faisons sur les chimpanzés qui vivent à Lawrenceville, dans la station de recherche de Yerkes. Et voici comment ils vivent. Nous les appelons dans une pièce et nous faisons l'expérience. Dans ce cas-là nous mettons deux chimpanzés l'un à côté de l'autre. et l'un d'entre eux a un seau plein de jetons, et les jetons signifient différentes choses. Un type de jeton nourrit uniquement le chimpanzé qui le choisi, l'autre nourrit les deux.

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Voici une étude que nous avons fait avec Vicky Horner. Et là vous avez deux jetons de couleur [égoïste et prosocial]. Ils en ont un plein seau. Et ils doivent choisir une des deux couleurs. Vous allez voir comment ça se passe. Si ce chimpanzé fait le choix le plus égoïste, qui est le jeton rouge dans ce cas précis, il doit nous le donner. Nous le prenons, nous le mettons sur une table avec deux récompenses en nourriture, mais dans ce cas-là seul celui qui est à droite aura droit à la nourriture. Celui qui est sur la gauche s'en va parce qu'il sait déjà que ce n'est pas un bon test pour lui. Le suivant est celui du jeton pro-social.

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Celui qui fait le choix — voici la partie intéressante — pour celui qui fait le choix, ça n'a pas vraiment d'importance. Il nous donne maintenant un jeton pro-social et les deux obtiennent de la nourriture. Celui qui fait le choix obtient toujours une récompense. ça n'a donc pas d'importance. En fait il devrait choisir sans regarder. Mais ce que nous avons découvert c'est qu'ils préfèrent le jeton pro-social. Voici donc la ligne du 50% c'est à dire le choix au hasard. Et surtout si le partenaire attire l'attention, il choisit plus souvent.

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Et si le partenaire lui met la pression — si le partenaire commence à cracher et à l'intimider — le choix baisse. C'est comme s'ils disaient, « Si tu ne te comportes pas bien, je ne serais pas pro-social aujourd'hui. » Et voici ce qui arrive sans partenaire, quand il n'y a pas de partenaire. Nous avons donc découvert que les chimpanzés se soucient du bien-être de quelqu'un d'autre — surtout si ce sont des membres de leur groupe.

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La dernière expérience que je veux vous raconter c'est notre étude sur l'équité. Cette étude est devenue célèbre. Et maintenant il y en a beaucoup d'autres, parce qu'après l'avoir faite il y a dix ans, elle est devenue très célèbre. Et au début nous avons fait ça avec des capucins. Je vais vous montrer la première expérience que nous avons faite. Maintenant elle a été faite avec des chiens et des oiseaux et avec des chimpanzés. Mais avec Sarah Brosnan nous avons commencé avec les capucins.

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Ce que nous avons fait c'est mettre deux capucins l'un à côté de l'autre. Encore une fois, ces animaux vivent en groupes, ils se connaissent. Nous les sortons du groupe, nous les mettons dans une pièce test. Et ils doivent accomplir une tache très simple. Et si vous leur donnez à tous les deux du concombre comme récompense, les deux singes sont l'un à côté de l'autre, ils sont parfaitement capables de le faire 25 fois de suite. Donc le concombre, même si à mon avis ce n'est que de l'eau, mais le concombre est parfait pour eux. Si vous donnez au partenaire du raisin — les préférences de mes capucins pour la nourriture correspondent exactement aux prix du supermarché — si vous leurs donnez du raisin — une bien meilleure nourriture — vous créez de l'iniquité entre eux. Voici donc l'expérience que nous avons faite.

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Récemment nous l'avons enregistrée avec de nouveaux singes qui n'avaient jamais accompli la tâche, en pensant qu'ils auraient peut-être eu une réaction plus forte, ce qui c'est avéré être vrai. Le singe sur la gauche est celui qui reçoit du concombre. Celui sur la droite est celui qui reçoit du raisin. Celui qui reçoit du concombre, veuillez remarquer que le premier morceau de concombre est parfait. Le premier morceau qu'il mange. Ensuite il voit l'autre qui obtient du raisin, et vous allez voir ce qui va se passer. Il nous donne un caillou. C'est la tâche. Et nous lui donnons un morceau de concombre et il le mange. L'autre doit nous donner un caillou. Et c'est ce qu'il fait. Il obtient du raisin et il le mange. L'autre voit ça. Il nous donne maintenant un caillou, il obtient à nouveau du concombre. (Rires) Il essaye un caillou contre le mur. Il doit nous le donner. Il obtient du concombre encore une fois. (Rires) En fait ce que vous voyez c'est en gros la manifestation de Wall Street.

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(Rires)

15:01

(Applaudissements)

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Il faut que je vous dise — J'ai encore deux minutes, je vais vous raconter une histoire drôle. Cette étude est devenue célèbre et nous avons reçu beaucoup de commentaires, surtout d'anthropologues, d'économistes, de philosophes. Ils n'ont pas aimé du tout. Parce qu'ils avaient décidé dans leur tête, je crois, que l'équité est un problème très complexe et que les animaux ne peuvent pas l'avoir. Un philosophe nous a même écrit qu'il était impossible que les singes aient un sens d'équité parce que l'équité a été inventée pendant la Révolution Française. (Rires)

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Un autre a écrit un chapitre tout entier qui dit qu'il croirait que c'est lié à l'équité si celui qui reçoit le raisin refusait le raisin. Ce qui est amusant c'est que Sarah Brosnan, qui fait ça avec les chimpanzés, a eu deux ou trois combinaisons de chimpanzés où, en effet, celui qui obtenait le raisin le refusait jusqu'à ce que l'autre aussi en obtienne. Nous nous rapprochons donc beaucoup du sens d'équité humain. Et je crois que les philosophes devraient repenser un peu leur philosophie.

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Donc pour récapituler. Je crois qu'il y a une moralité évoluée. Je crois que la moralité est beaucoup plus que ce dont nous parlons, mais elle serait impossible sans ces ingrédients que nous trouvons chez d'autres primates, c'est-à-dire l'empathie et la consolation, les tendances pro-sociales, la réciprocité et un sens d'équité. Nous travaillons donc sur ces questions pour voir si nous pouvons créer une moralité de bas en haut, pour ainsi dire, sans que Dieu ou la religion soient concernés, et pour voir comment on peut arriver à une moralité évoluée.

16:29

Je vous remercie pour l'attention.

16:32

(Applaudissements)

Empathie, collaboration, équité et réciprocité — se soucier du bien-être des autres semble être un trait très humain. Mais Frans de Waal montre des vidéos surprenantes de test du comportement, sur les primates et sur d'autres mammifères qui montrent combien de ces traits moraux nous avons en commun.

About the speaker
Frans de Waal · Primatologist

Frans de Waal studies primate social behavior — how they fight and reconcile, share and cooperate.

Frans de Waal studies primate social behavior — how they fight and reconcile, share and cooperate.