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0:11 Eh bien, j'ai une grande nouvelle à vous annoncer aujourd'hui, et je suis vraiment heureux. Et c'est peut-être un peu une surprise pour beaucoup d'entre vous qui connaissent ma recherche et ce que j'ai bien fait. J'ai vraiment essayé de résoudre certains grands problèmes : la lutte contre le terrorisme, le terrorisme nucléaire, les soins de santé et le diagnostic et le traitement du cancer, mais j'ai commencé à penser à tous ces problèmes, et j'ai réalisé que le plus gros problème auquel nous sommes confrontés, tous ces problèmes se résument à l'énergie, l'électricité, le flux d'électrons. Et j'ai décidé que j'allais essayer de résoudre ce problème.

0:52 Et ce n'est probablement pas ce que vous vous attendez. Vous vous attendez probablement que je vienne ici et je parle de fusion, parce que c'est ce que j'ai fait toute ma vie. Mais en fait c'est une intervention sur, d'accord - (Rires) -- mais c'est en fait une intervention sur la fission. Il s'agit de perfectionner quelque chose de vieux, et apporter quelque chose de vieux dans le 21ème siècle.

1:15 Parlons un peu du fonctionnement de la fission nucléaire. Dans une centrale nucléaire, vous avez une grande casserole d'eau sous haute pression, et vous avez des barres de combustible, et ces barres de combustible sont revêtues de zirconium, ce sont des petites boulettes de combustible au dioxyde d'uranium, et une réaction de fission est contrôlée et maintenue à un niveau approprié, cette réaction réchauffe l'eau, l'eau se transforme en vapeur, la vapeur fait tourner la turbine, et vous produisez de l'électricité. C'est de cette façon que nous avons produit l'électricité pendant 100 ans, l'idée de la turbine à vapeur, et le nucléaire était vraiment une grande innovation comme système de réchauffement de l'eau, mais il s'agit toujours de faire bouillir de l'eau qui se transforme en vapeur et fait tourner la turbine.

1:58 J'ai pensé, est-ce la meilleure façon de le faire ? La fission est-elle morte ou est-il encore possible d'innover ? Et j'ai réalisé que j'avais touché à quelque chose qui je pense à un énorme potentiel pour changer le monde. Et voici ce que je veux dire.

2:18 Voici un petit réacteur modulaire. Il n'est pas aussi grand que le réacteur que vous voyez sur le schéma ici. Il fait entre 50 et 100 mégawatts. Mais c'est une tonne de puissance. Par exemple lors d'une utilisation normale, ça pourrait alimenter 25 000 à 100 000 maisons. La chose vraiment intéressante de ces réacteurs c'est qu'ils sont construits dans une usine. Ce sont donc des réacteurs modulaires qui sont construits essentiellement sur ​​une chaine de montage, et ils sont transportés par camion partout dans le monde, vous les déchargez, et ils produisent de l'électricité. Cette zone-là c'est le réacteur.

2:54 On l'enterre, ce qui est vraiment important. Pour quelqu'un qui a autant travaillé pour la lutte contre le terrorisme, je ne peux louer les avantages de les avoir enfouis sous terre pour la prolifération et les problèmes de sécurité.

3:09 Et à l'intérieur ce réacteur est un sel fondu, si vous êtes fan du thorium, ça vous plaira parce que ces réacteurs sont vraiment bons dans la reproduction et dans le cycle de combustion du thorium, uranium-233.

3:26 Mais le combustible ne m'inquiète pas. Il consomment beaucoup, ils aiment vraiment les carrières d’armes appauvries, c'est à dire de l'uranium hautement enrichi et du plutonium à usage militaire qui a été appauvris. Ils sont faits de sorte qu'ils ne soient pas utilisables comme arme nucléaire, mais ils adorent ce genre de choses. Nous en avons beaucoup qui est inutilisé, parce qu'il représente un gros problème. Pendant la Guerre Froide, nous avons construit cet énorme arsenal d'armes nucléaires, et c'était super, et nous n'en n'avons plus besoin, et qu'allons-nous faire avec tous les déchets ? Qu'allons-nous faire avec toutes les fosses de ces armes nucléaires ? Eh bien, nous les sécurisons, et ce serais bien si nous pouvions les brûler, les faire dévorer, par ce réacteur qui aime ce genre de choses.

4:08 Il s'agit donc d'un réacteur à sel fondu. Il possède un noyau, et il a un échangeur de chaleur à partir du sel chaud, d'un sel radioactif, à un sel froid, qui n'est pas radioactif. Il est toujours chaud mais il n'est pas radioactif. C'est un échangeur de chaleur qui rend cette conception vraiment, vraiment intéressante, et qui a un échangeur de chaleur avec un gaz. Pour en revenir à ce que je disais avant sur ​​la puissance produite -- hormis le photovoltaïque -- par ce point d'ébullition de la vapeur et faisant tourner une turbine, ce n’est en fait pas si efficace, et en fait, dans une centrale nucléaire de ce genre, il n'est efficace qu'à environ 30 à 35 pour cent. C'est la quantité d'énergie thermique qui ressort du réacteur par rapport à la quantité d'énérgie produite. Et la raison pour laquelle les rendements sont si bas est que ces réacteurs fonctionnent à très basse température. Ils fonctionnent entre 200 et 300 degrés Celsius. Et ces réacteurs fonctionnent à 600 à 700 degrés Celsius, ce qui signifie qu’à hautes températures la thermodynamique vous dit que vous allez avoir des rendements plus élevés. Et ce réacteur n’utilise pas d'eau. Il utilisent du gaz, le CO2 et l'hélium qui sont si essentiel, tout cela va dans la turbine, et c'est ce qu'on appelle le cycle de Brayton. C'est le cycle thermodynamique qui produit de l'électricité, ce qui le rend efficace presque à 50 pour cent, entre 45 et 50 pour cent d'efficacité. Et j'en suis vraiment enthousiaste, parce que c'est un noyau très compact. Les réacteurs à sels fondus sont très compacts par nature, mais ce qui est bien, c'est qu'on en obtient beaucoup plus d'électricité pour la quantité d'uranium que vous fissionnez, pour ne pas mentionner le fait que tout ceci brule. Son taux de combustion est beaucoup plus élevé. Donc, pour une quantité donnée de carburant que vous mettez dans le réacteur, il en utilise beaucoup plus.

5:52 Et le problème avec une centrale électrique à énergie nucléaire comme celle-ci est que vous avez ces tiges revêtues de zirconium, et à l'intérieur vous avez des boulettes de combustible de dioxyde d'uranium. Le dioxyde d'uranium est une céramique, et la céramique n'aime pas libérer ce qui est à l'intérieur. Donc, vous avez ce qu'on appelle l'empoisonnement au xénon et certains de ces produits de fission aiment les neutrons. Ils aiment les neutrons qui aident à déclencher cette réaction. Ils les réchauffent, ce qui signifie que, combiné avec le fait que le revêtement ne dure pas très longtemps, vous ne pouvez faire fonctionner qu'un seul de ces réacteurs pour à peu près, disons, 18 mois sans ajouter de carburant. Donc, ces réacteurs fonctionnent pendant 30 ans sans ravitaillement, ce qui est, à mon avis, formidable. parce que ça signifie que c'est un système fermé. Pas de ravitaillement signifie que vous pouvez les sceller et ils n'auront aucun risque de prolifération, et aucune substance nucléaires ou radiologiques ne sortira des noyaux.

6:49 Mais revenons sur la sécurité, parce que tout le monde après Fukushima a dû réévaluer la sécurité du nucléaire, et quand j'ai décidé de concevoir un réacteur nucléaire une des choses était qu'il devait être passivement et intrinsèquement sûr, et je suis vraiment enthousiaste de ce réacteur pour deux raisons. Premièrement, il ne fonctionne pas à une pression élevée. Donc les réacteurs traditionnels comme un réacteur à eau pressurisée ou un réacteur à eau bouillante, marchent à l'eau très, très chaude à des pressions très élevées, ce qui signifie, essentiellement, en cas d'accident, en cas de brèche de ce réservoir sous pression en acier inoxydable, que le liquide de refroidissement quitterait le noyau. Ces réacteurs fonctionnent à pression atmosphérique, il n'y a donc aucune tendance des produits de fission à quitter le réacteur en cas d'accident. De plus, ils fonctionnent à des températures élevées, et le combustible est fondu, donc ils ne peuvent pas fondre, mais le cas où le réacteur sortait des limites de tolérances, ou si le courant de l'extérieure manquait comme dans le cas de Fukushima, il y a un bac de réception. Parce que votre combustible est liquide, et il est combiné avec le liquide de refroidissement, vous pourriez juste vider le noyau dans ce qu'on appelle une situation non-critique, essentiellement un réservoir en dessous du réacteur qui a des neutrons absorbeurs. Ce qui est vraiment important, parce que la réaction s'arrête. Dans ce type de réacteur, vous ne pouvez pas le faire. Comme je disais, le carburant est en céramique dans des barres de combustible en zirconium, et en cas d'accident dans un de ces types de réacteurs, Fukushima et Three Mile Island -- repensant à Three Mile Island, nous ne l'avons pas vraiment vu pendant un moment -- mais ces revêtements en zirconium sur ces barres de combustible, ce qui se passe est que, quand ils voient l'eau à haute pression, la vapeur d'eau, dans un environnement oxydant, ils vont en fait produire de l'hydrogène, et cet hydrogène a cette capacité explosive à libérer des produits de fission. Ainsi dans le noyau du réacteur, puisque il n'est pas sous pression et il ne dispose pas de cette réactivité chimique, les produits de la fission n'ont aucune tendance à quitter ce réacteur. Donc, même en cas d'accident, le réacteur pourrait en rester endommagé, ce qui est dommage pour la compagnie d'électricité, mais nous ne contaminons pas des larges étendues de terre. Je pense donc vraiment que, les 20 prochaines années nous mènerons à la fusion et rendrons la fusion une réalité, ce pourrait être la source d'énergie qui nous fournira l'électricité sans carbone. Electricité sans carbone.

9:14 C'est une technologie formidable parce que non seulement elle lutte contre le changement climatique, mais c'est une innovation. C'est une façon d'amener l'électricité dans les pays en développement, car elle est fabriquée dans une usine et elle n'est pas chère. Vous pouvez les mettre n'importe où dans le monde.

9:29 Et peut-être même ailleurs. Enfant, j'étais obsédé par l'espace. J'étais obsédé par la science nucléaire aussi, à un certain moment, mais avant cela, j'étais obsédé par l'espace, et j'étais vraiment impatient d'être un astronaute et concevoir des fusées, qui est quelque chose qui m'a toujours enthousiasmé. Mais je pense y revenir. Imaginez d'avoir un réacteur compact dans une fusée qui produit 50 à 100 mégawatts. C'est le rêve des créateurs de fusées. C'est le rêve de qui conçoit un habitat sur une autre planète. Non seulement vous avez de 50 à 100 mégawatts pour alimenter tout ce que vous voulez et fournir la propulsion pour vous y rendre, mais il vous reste de l'énergie une fois que vous y arrivez. Les dessinateurs de fusées qui utilisent des panneaux solaires ou les piles à combustible, je veux dire quelques watts ou kilowatts -- ouah, c'est beaucoup de puissance. Nous parlons maintenant de 100 mégawatts. C'est une tonne de puissance. Ça pourrait alimenter une communauté de martiens. ça pourrait alimenter une fusée pour aller là-bas. J'espère donc avoir l'occasion d'explorer ma passion pour les fusées en même temps que j'explore ma passion pour le nucléaire.

10:35 Les gens disent: « Oh, eh bien, tu as lancé cette chose, elle est radioactive, dans l'espace, et qu'en est-il des accidents ? » Mais nous lançons tout le temps des batteries de plutonium. Tout le monde était très enthousiaste de Curiosity, et il avait cette grosse batterie de plutonium à bord du plutonium-238, qui en fait a une activité spécifique plus élevée que le combustible à l'uranium faiblement enrichi de ces réacteurs à sels fondus, ce qui signifie que les effets seraient négligeables, parce que vous la lancez à froid, et vous n'activez réellement ce réacteur que quand il arrive dans l'espace.

11:05 Je suis donc enthousiaste. Je pense que j'ai conçu ce réacteur qui peut être une source d'énergie innovante, qui peut fournir de l'énergie à toutes sortes d'applications scientifiques, et je suis vraiment prêt à le faire. J'ai obtenu mon diplôme en mai et - (Rires) (Applaudissements) -- j'ai fini mes études secondaires en mai, et j'ai décidé que j'allais créer une entreprise pour commercialiser ces technologies que j'ai développé, ces détecteurs révolutionnaires pour la numérisation des cargos et ces systèmes pour produire des isotopes médicaux, mais je veux le faire, et je suis en train de mettre en place lentement une équipe de personnes parmi les plus incroyables avec lesquelles j'ai eu la chance de travailler, et je suis vraiment prêt à en faire une réalité. Et je pense qu'en regardant la technologie, ce sera moins cher ou comparable au prix du gaz naturel, et pas besoin de réapprovisionner pendant 30 ans, ce qui est un avantage pour le monde en développement.

12:02 Et je vais vous dire une chose peut-être plus philosophique pour finir, ce qui est bizarre pour un scientifique. Mais je pense qu'il y a quelque chose de vraiment poétique dans l'utilisation de l'énergie nucléaire pour nous propulser vers les étoiles, parce que les étoiles sont des réacteurs à fusion géants. Ce sont des chaudrons nucléaires géants dans le ciel. L'énergie dont je vous parle aujourd'hui, alors qu'elle a été convertie en énergie chimique dans ma nourriture, à l'origine elle provient d'une réaction nucléaire, il y a donc quelque chose de poétique, à mon avis, dans le perfectionnement de la fission nucléaire et dans son utilisation comme future source d'énergie innovante.

12:37 Merci donc à tous.

12:39 (Applaudissements)