Il fut un temps dans ma vie où tout semblait parfait. Où que j'aille, je me sentais chez moi. Il me semblait que je connaissais depuis toujours les gens que je rencontrais. Je veux vous dire comment j'en suis arrivé là et ce que j'ai appris depuis que j'en suis parti.
Voici où cela a commencé. Cela a soulevé une question existentielle : si je vis cette expérience de connexion totale et de pleine conscience, pourquoi ne suis-je pas visible sur la photo, et quel est cet endroit, à quel moment ? C'est à Los Angeles, en Californie, où je vis. C'est une photo de la police. C'est ma voiture. Nous sommes à moins de 2 km de l'un des plus grands hôpitaux de Los Angeles, appelé Cedars-Sinai. Ce qui se passe, c'est qu'une voiture pleine d'infirmiers, qui avaient quitté l'hôpital après leur travail et rentraient chez eux est tombée sur l'épave, et ils ont averti la police qu'il n'y avait pas de survivants à l'intérieur de la voiture, que le conducteur était mort, que j'étais mort. La police attend que les pompiers arrivent pour découper le véhicule afin d'extraire le corps du conducteur. En faisant cela, derrière le pare-brise, ils me trouvent -- mon crâne et ma clavicule sont écrasés, ainsi que toutes mes côtes, sauf deux, mon bassin et mes deux bras. Tout est cassé, mais il y a encore un pouls. Ils me conduisent à cet hôpital proche, Cedars-Sinai, où je reçois cette nuit-là, à cause de mon hémorragie interne, 45 unités de sang -- c'est-à-dire le remplacement complet de tout mon sang -- avant de parvenir à endiguer le saignement. Je suis mis sous assistance totale, et je fais un AVC massif, mon cerveau plonge dans le coma.
Les comas sont évalués sur une échelle de 15 à 3. 15 est un coma léger. 3 est le plus profond. Vous voyez qu'il n'y a qu'une seule façon d'atteindre le niveau 3. En gros, c'est lorsqu'on n'observe plus aucun signe de vie. J'ai passé plus d'un mois dans un coma de niveau 3 sur l'échelle de Glasgow, et c'est dans ce profond niveau de coma, à la lisière entre la vie et la mort, que je fais l'expérience de la connexion totale et de la pleine conscience de l'espace intérieur.
Pour ma famille qui regarde de l'extérieur, ce qu'ils cherchent à comprendre est une autre sorte de question existentielle : jusqu'où sera-t-il possible de combler le vide entre l'esprit virtuel comateux qu'ils observent et un esprit réel, que je définis simplement comme le fonctionnement du cerveau qui reste à l'intérieur de ma tête ? Pour mettre cette question dans une perspective plus large, je veux que vous imaginiez être un extraterrestre immortel qui observe la Terre depuis l'Espace, et votre émission favorite sur le satellite intergalactique est la chaîne de la Terre, et votre programme favori est le spectacle humain. Et ce pourquoi je pense que cela vous intéresserait tant est que la conscience est tellement intéressante, et si imprévisible, et si fragile.
Voilà comment nous avons commencé. Nous avons tous commencé dans la vallée de l'Awash, en Éthiopie. L'émission a commencé avec d'immenses effets spéciaux, parce qu'il y avait des changements climatiques catastrophiques -- ce qui paraît intéressant comparé à aujourd'hui. À cause de l'inclinaison de la Terre sur son axe, et de ces changements climatiques catastrophiques, nous avons dû chercher comment trouver de la meilleure nourriture, et nous avons dû apprendre -- voici Lucy ; c'est comme ça que nous avons commencé -- nous avons dû apprendre à fendre des os d'animaux, utiliser des outils pour cela, pour se nourrir de la moelle, pour accroître davantage nos cerveaux. Nous avons fait évolué notre conscience en réponse à cette menace universelle.
Vous continuez à regarder alors que la conscience a évolué au point qu'ici en Inde, à Madhya Pradesh, se trouve l'une des deux plus vielles pierres sculptées retrouvées. C'est une pierre à cupules qui a demandé 40 à 50 000 coups de pierre, et c'est l'une des premières formes d'expression d'art connues sur la planète. La raison pour laquelle elle nous relie à la conscience aujourd'hui est que, lorsque nous sommes enfants, la toute première forme que nous dessinons est un cercle. La chose que l'on fait ensuite, c'est que l'on met un point au centre du cercle. Nous créons un œil -- et l’œil évolue à travers toute notre histoire. Il y a le dieu égyptien Horus, qui symbolise la prospérité, la sagesse, et la santé. Et jusqu'à aujourd'hui, où nous avons le billet d'un dollar des États-Unis, sur lequel figure l’œil de la Providence.
En regardant ce spectacle depuis l'Espace, vous pensez que nous comprenons que la ressource la plus précieuse sur la planète bleue est notre conscience. Parce que c'est la première chose que l'on dessine ; nous nous entourons de ses représentations ; c'est probablement l'image la plus répandue sur la planète. Mais ce n'est pas le cas. Nous prenons notre conscience pour acquise. Quand j'étais producteur à Los Angeles, je n'y pensais pas une seconde. Avant que je n'en sois dépouillé, je n'y pensais jamais. Ce que j'ai appris depuis cet accident, et pendant ma convalescence, c'est que la conscience est en danger sur cette planète comme elle ne l'a jamais été auparavant. Ce ne sont que quelques exemples.
La raison pour laquelle je suis si honoré d'être ici pour vous parler aujourd'hui en Inde est que l'Inde détient le triste record d'être la capitale du monde du traumatisme crânien. C'est une triste statistique. Il n'y a pas de fossé plus radical et soudain entre l'esprit virtuel et l'esprit réel que celui créé par un traumatisme crânien grave. Ils peuvent entraîner jusqu'à dix ans de rééducation, ce qui veut dire que l'Inde, à moins d'un changement, accumule un besoin de rééducation sur des millénaires. Ce que vous trouvez aux États-Unis, c'est un traumatisme toutes les 20 secondes -- 1,5 millions par an -- un AVC toutes les 40 secondes, une personne succombe de la maladie d'Alzheimer toutes les 70 secondes. Tout cela représente des écarts entre l'esprit virtuel et l'esprit réel.
Voilà d'autres catégories, si vous regardez toute la planète. L'Organisation Mondiale pour la Santé nous dit que la dépression est la première maladie sur Terre en termes d'années vécues avec ce handicap. Nous découvrons que la deuxième source d'incapacité est la dépression dans la tranche d'âge de 15 à 44 ans. Nos enfants deviennent déprimés à un rythme alarmant. Pendant ma convalescence, j'ai découvert que la troisième cause principale de décès chez les adolescents est le suicide. Si vous regardez certaines de ces autres données, les commotions : la moitié des adolescents admis aux urgences le sont pour des commotions cérébrales. Si je parle de la migraine, 40% de la population souffrent de maux de tête épisodiques. 15% souffrent de migraines qui anéantissent les gens pendant des journées entières.
Tout ceci entraîne -- l'addiction aux ordinateurs. parlons-en : ce que l'on fait le plus souvent, c'est utiliser des appareils numériques. L'adolescent moyen envoie 3 300 sms par mois. Il s'agit d'une société que se replie dans la dépression et la dissociation alors que nous faisons potentiellement face au prochain grand changement climatique catastrophique. Ce que vous vous demanderiez en regardant le spectacle humain, c'est : allons-nous affronter et aborder le changement climatique catastrophique qui vient vers nous en développant notre conscience, ou allons-nous continuer à nous replier ?
Cela pourrait vous amener à regarder un épisode un jour du centre médical de Cedars-Sinai et à envisager la différence entre l'esprit virtuel et l'esprit réel. C'est un électroencéphalogramme qui suit 156 chaînes d'information. Ce n'est pas mon électroencéphalogramme de Cedars ; c'est le vôtre de cette nuit et de la nuit dernière. C'est ce que nos esprits font toutes les nuits pour assimiler la journée et se préparer à faire le lien entre l'esprit virtuel quand nous dormons et l'esprit réel quand nous nous réveillons le matin suivant. J'étais comme ça à mon retour de l'hôpital après près de quatre mois. La forme en fer à cheval que vous pouvez voir sur mon crâne, c'est là qu'ils ont opéré à l'intérieur de mon cerveau pour faire les interventions nécessaires pour me sauver la vie. Mais si vous regardez dans l’œil de la conscience, cet œil unique œil que vous pouvez voir, je regarde en bas, mais laissez-moi vous dire ce que je ressentais à ce moment-là. Je ne me sentais pas vide ; je ressentais tout en même temps. Je me sentais vide et entier, chaud et froid, euphorique et déprimé. Parce que le cerveau est le premier ordinateur quantique pleinement opérationnel au monde, il peut occuper plusieurs états au même moment. Comme tous les régulateurs internes de mon cerveau étaient endommagés, je ressentais tout en même temps.
Mais pivotons et regardons moi de face. Avançons jusqu'au moment dans le temps où j'ai été congédié par le système de santé. Regardez ces yeux. Je ne suis pas capable de fixer ces yeux. Je ne suis pas capable de suivre une ligne de texte d'un livre. Mais le système m'a laissé de côté parce que, comme ma famille commençait à le découvrir, il n'y a pas de concept à long terme dans le système des soins de santé. Les dégâts neurologiques, 10 ans de rééducation, demandent une vision à long terme.
Regardons au-delà de mes yeux. C'est une image par tomographie d'émission monophotonique, qui utilise les rayonnements gammas, pour cartographier les fonctions tridimensionnelles du cerveau. Il faut un laboratoire pour la voir en trois dimensions, mais je pense qu'en deux dimensions vous pouvez voir la belle symétrie et les couleurs d'un esprit normal en marche. Voici mon cerveau. C'est la conséquence de la destruction de plus d'un tiers de mon cerveau droit lors de l'AVC. Ma famille, alors que nous allions de l'avant et que nous découvrions que le système de santé nous avait mis de côté, devait essayer de trouver des solutions et des réponses. Au cours de ce processus, qui a pris de longues années, un des médecins a dit que mon rétablissement, mon degré de progrès, depuis l'important traumatisme crânien que j'avais subi, était miraculeux. C'était alors que j'ai commencé à écrire un livre, parce que je ne pensais pas que c'était miraculeux. Je pensais qu'il y avait des éléments miraculeux, mais je ne pensais pas qu'il était juste qu'une personne doive se démener et chercher des réponses quand il s'agit d'une pandémie au sein de notre société.
De cette expérience de ma convalescence, je veux partager quatre aspects -- je les appelle les quatre C de la conscience, qui m'ont aidé à développer mon esprit virtuel pour qu'il revienne vers l'esprit réel avec lequel je travaille tous les jours. Le premier C est l'entraînement cognitif. Contrairement au pare-brise fracassé de ma voiture, la plasticité du cerveau signifie qu'il y avait toujours une possibilité avec un traitement d'entraîner le cerveau pour que vous puissiez retrouver et augmenter votre niveau de sensibilité et de conscience. La plasticité signifie qu'il y avait toujours de l'espoir pour notre raison -- de l'espoir pour notre capacité à reconstruire cette fonction. En effet, l'esprit peut se redéfinir lui-même, ce qui a été démontré par deux spécialistes, appelés Hagen et Silva, dans les années 1970. La vision générale est que jusqu'à 30% des enfants à l'école ont des faiblesses d'apprentissage qui ne se corrigent pas toutes seules, mais avec le traitement approprié, elles peuvent être dépistées, détectées, et corrigées, pour éviter l'échec scolaire. Mais j'ai découvert qu'il est presque impossible de trouver quiconque qui fournisse ce traitement ou ces soins.
Voici ce que mon neuropsychologue m'a fourni quand j'ai trouvé quelqu'un qui pouvait s'en charger. Je ne suis pas médecin, donc je ne parlerai pas des divers subtests. Parlons plutôt du Q.I. général Le Q.I. général est le procédé mental -- à quelle vitesse vous pouvez acquérir des informations, les garder et les retrouver -- c'est essentiel pour réussir dans la vie aujourd'hui. Vous pouvez voir ici qu'il y a trois colonnes. Invérifiable -- c'est lorsque je suis dans le coma. Puis je me hisse jusqu'à atteindre le score de 79, ce qui est juste en-dessous de la moyenne. Dans le système des soins de santé, si vous êtes dans la moyenne, vous êtes fini. C'est le moment où on m'a fait sortir du système. Qu'est-ce que le Q.I. moyen signifie vraiment ? Il signifiait que si on me donnait deux heures et demi pour faire un test que n'importe qui ici ferait en 50 minutes, j'aurais probablement un F. C'est un niveau très bas pour être expulsé du système de soins. Puis j'ai subi l'entraînement cognitif. Laissez-moi vous montrer ce qui s'est passé dans la colonne de droite quand j'ai suivi mon entraînement cognitif pendant certain un temps. Ça n'est pas censé se produire. Le Q.I. est censé se stabiliser et se consolider à l'âge de huit ans.
Le Journal of the National Medical Association a fait une relecture clinique complète de mon mémoire, ce qui est très inhabituel. Je ne suis pas médecin. Je n'ai pas aucune formation médicale d'aucune sorte. Mais ils sentaient que les preuves -- qu'il y avait des informations importantes et précieuses dans le livre, et ils l'ont commenté lorsqu'ils l'ont soumis à l'examen collégial. Mais ils ont posé une question. Ils ont dit : « Est-ce reproductible ? » C'était une question honnête parce que mon mémoire ne traitait que des solutions que j'avais trouvées pour moi.
La réponse est oui, et pour la première fois, j'ai le plaisir de pouvoir partager deux exemples. Voilà les résultats de quelqu'un en entraînement cognitif à l'âge de 7 et de 11 ans. Voilà une autre personne, au lycée et à l'université. Cette personne est particulièrement intéressante. Je passerai les détails des subtests, mais elle avait des problèmes neurologiques. Mais on pouvait déceler chez cette personne un trouble d'apprentissage. En s'adaptant, ils sont allés à l'université, et ont eu une vie remplie d'opportunités.
Second aspect : j'avais toujours des migraines aiguës. Deux éléments qui m'ont aidé pour ça : d'abord, 90% des douleurs à la tête et au cou sont dues à un déséquilibre musculosquelettique. Le système crânio-mandibulaire y a un rôle crucial. Lorsque j'ai passé cela en revue et que j'ai trouvé des solutions -- voici la corrélation entre l'articulation temporo-mandibulaire et la dent. Jusqu'à 30% de la population souffre de dysfonctionnement ou de maladie de la mâchoire qui affecte tout le corps. J'ai eu la chance de trouver un dentiste qui appliquait l'univers entier de la technologie que vous allez voir pour établir que s'il repositionnait ma mâchoire, les maux de têtes étaient assez bien résolus, mais ensuite mes dents n'étaient pas bien placées. Il a alors maintenu ma mâchoire dans la bonne position tout en alignant correctement mes dents par l'orthodontie. Mes dents tenaient donc ma mâchoire dans la bonne position. Cela affecta tout le reste de mon corps.
Si cela paraît être une chose très étrange à dire, et une déclaration audacieuse, (Comment la mâchoire peut-elle affecter tout le corps ?) permettez-moi de vous faire simplement remarquer que si je vous demande demain de mettre un grain de sable entre vos dents et de partir faire une belle et longue promenade, jusqu'où tiendrez-vous avant d'avoir à enlever ce grain de sable ? Ce minuscule écart d'alignement. Gardez en tête qu'il n'y a aucun nerf dans les dents. C'est pourquoi je sens la même chose avant et après ; il est difficile de faire la différence. Mais essayez de mettre quelques grains de sable entre vos dents et voyez la différence. J'avais toujours des migraines.
L'autre problème résolu était que, si 90% des douleurs à la tête et au cou étaient causées par un déséquilibre, les 10% restants, largement, si on écarte les anévrismes, les cancers du cerveau, et les problèmes hormonaux, viennent de la circulation. Imaginez le sang qui s'écoule à travers votre corps, comme on me l'a dit au centre médical de UCLA, comme un système fermé. Il y a un gros tuyau par lequel le sang passe. Autour de ce tuyau se trouvent les nerfs qui puisent l'apport en nutriments dans le sang. C'est essentiellement ça. Si vous appuyez sur un tuyau d'arrosage dans un système fermé, il enfle à un autre endroit. Si cet autre endroit qui gonfle se trouve à l'intérieur du plus gros nerf de votre corps, votre cerveau, vous avez une migraine vasculaire. C'est un degré de douleur connu seulement des autres personnes souffrant de migraines vasculaires. En utilisant cette technologie -- voici la cartographie en trois dimensions. C'est une IRM/ARM/VRM, un IRM volumétrique. En utilisant cette technologie, les spécialistes du Centre médical de UCLA ont pu identifier l'endroit où se trouvait la compression dans le tuyau d'arrosage. Un chirurgien vasculaire a enlevé une bonne partie de la première côte des deux côtés de mon corps. Dans les mois et les années qui ont suivi, j'ai senti le flux neurologique de la vie revenir.
La communication, le C suivant. C'est crucial. La conscience, c'est la communication. Ici, par une très grande chance, une des clientes de mon père avait un mari qui travaillait à la Fondation Alfred Mann pour la recherche scientifique. Alfred Mann est un brillant physicien et un innovateur qui est fasciné par le fait de combler les lacunes dans la conscience, que ce soit pour rétablir l'ouïe chez un sourd, la vision chez un aveugle, ou le mouvement chez un paralysé. Aujourd'hui, je vais vous donner un exemple de mouvement chez un paralysé. J'ai apporté avec moi, depuis la Californie du Sud, l'appareil FM. Le voici, il tient dans la main, Il pèse moins d'un gramme. Deux appareils implantés dans le corps pèseraient moins qu'une pièce de dix centimes. Cinq de ces appareils pèseraient toujours moins qu'une roupie indienne.
Où cela va-t-il dans le corps ? Il a été testé pour résister à la corrosion dans le corps pendant 80 ans. Donc on le place et il reste là. Voici les sites d'implantation. Le concept sur lequel ils travaillent, avec des prototypes qui fonctionnent, est de les placer sur tous les points moteurs du corps où ils sont nécessaires. L'unité principale se loge dans le cerveau. Un microsimulateur fonctionnel dans le cortex du cerveau, le cortex moteur, enverra des signaux en temps réel aux points moteurs dans les muscles appropriés, pour que la personne soit capable de bouger ses bras, en temps réel, si elle en a perdu le contrôle. D'autres microsimulateurs fonctionnels implantés au bout des doigts, lors du contact avec une surface, enverront un message au cortex sensoriel du cerveau, pour que la personne ressente la sensation du toucher. Est-ce de la science-fiction ? Non. Parce que je porte la première application de cette technologie. Je n'ai pas la capacité de contrôler mon pied gauche. Un appareil radio contrôle chacun de mes pas. Un capteur lève mon pied pour moi à chaque fois que je marche.
Pour terminer, je veux partager la raison personnelle pour laquelle cela signifiait tant pour moi et pour laquelle cela changeait la direction de ma vie. Dans mon coma, l'une des présences que j'ai perçues était quelqu'un que je ressentais comme un protecteur. Quand je suis sorti du coma, j'ai reconnu ma famille, mais je ne me rappelais pas de mon propre passé. Peu à peu, je me suis rappelé que le protecteur était ma femme. Et j'ai murmuré la bonne nouvelle à travers ma mâchoire cassée, fermée par une suture, à mon infirmière de nuit. Le matin suivant, ma mère est venue m'expliquer que je n'avais pas toujours été dans ce lit, dans cette pièce, que j'avais travaillé pour le cinéma et la télévision et que j'avais subi un accident et que, oui, j'étais marié, mais Marcy avait été tuée instantanément lors du crash. Pendant que j'étais dans le coma, elle avait été enterrée dans sa ville natale de Phoenix. Dans les années sombres qui ont suivi, je devais trouver ce qui me restait si tout ce qui rendait le quotidien spécial était parti. Et en découvrant ces menaces qui pèsent sur la conscience et comment elles encerclent le monde et enveloppent les vies de plus en plus de gens tous les jours, j'ai découvert ce qui subsistait vraiment. Je crois que l'on peut surmonter ces menaces faites à notre conscience, que le spectacle de l'homme peut rester à l'antenne pour les millénaires à venir. Je crois que nous pouvons tous nous élever et briller.
Lakshmi Pratury : Restez un moment.
Vous savez, quand j'ai entendu Simon -- s'il vous plaît, asseyez-vous, je veux juste lui parler une seconde -- quand j'ai lu son livre, je suis allé à Los Angeles pour le rencontrer. J'étais assise dans ce restaurant, à attendre qu'il arrive, pensant qu'il aurait vraisemblablement quelques difficultés... Je ne sais pas à quoi je pensais. Et il se promenait à côté. Je ne m'attendais pas à ce que la personne que j'allais rencontrer soit cet homme. Puis nous nous sommes rencontrés et nous avons parlé, et je me dis qu'il ne ressemble pas à quelqu'un qui s'est construit à partir de rien. Puis j'étais fascinée par le rôle que la technologie avait joué dans votre rétablissement. Nous avons son livre dehors à la librairie. La chose qui m'a fascinée est le soin du détail avec lequel il a écrit sur tous les hôpitaux dans lesquels il est allé, sur tous les traitements qu'il a reçus, sur toutes les mésaventures qu'il a rencontrées, et sur la façon sont il est tombé par hasard sur des innovations. Je pense que ce petit détail est passé très rapidement pour les gens. Dites-nous un peu ce que vous portez sur votre jambe.
Simon Lewis : Je savais en me chronométrant que je n'aurais pas le temps d'en parler. Eh bien, voilà. c'est l'unité de contrôle. Elle enregistre chacun des pas que je fais depuis cinq ou six maintenant. Si je fais ça, le micro ne l'entendra probablement pas. Ce petit bip suivi par deux bips. C'est allumé. Quand j'appuie encore une fois, il bippera trois fois, ça veut dire qu'il est activé et prêt à fonctionner. C'est mon ami. Je veux dire, je le recharge toutes les nuits. Et ça marche. Ça fonctionne. Ce que j'aimerais ajouter parce que je n'avais pas le temps...
Qu'est-ce que ça fait ? En fait, je vais vous montrer par ici. Ici, si la caméra peut le voir, c'est une petite antenne. Sous mon talon, il y a un capteur qui détecte lorsque mon pied quitte le sol -- lors de la montée du talon. Ce truc clignote tout le temps. Je vais le sortir pour que vous puissiez le voir. Mais ça clignote tout le temps. Ça envoie des signaux en temps réel. Si vous marchez plus vite, si je marche plus vite, il détecte l'intervalle de temps entre chaque montée de talon. Et il accélère la quantité et le niveau de stimulation L'autre chose sur laquelle ils travaillent -- je n'avais pas le temps d'en parler -- est la reconstitution d'une audition fonctionnelle pour des milliers de personnes sourdes.
Je pourrais vous raconter l'histoire : la technologie allait être abandonnée, mais Alfred Mann a rencontré le médecin qui allait prendre sa retraite, le Dr Schindler. Il allait prendre sa retraite -- toute la technologie allait être perdue, car pas un seul équipementier médical ne s'en emparerait parce que c'était un petit problème. Mais il y a des millions de personnes sourdes dans le monde, et l'implant cochléaire a rendu l'audition à des milliers de personnes sourdes maintenant. Il fonctionne. Ils travaillent aussi sur les rétines artificielles pour les aveugles. C'est la génération qu'on implante. Parce que ce que je n'ai pas dit dans mon intervention est que ceci est en fait exosquelettique. Je devrais clarifier ce point. La première génération est exosquelettique, c'est enveloppé autour de la jambe, autour du membre affecté. Je dois vous dire, il y a une centaine de personnes fascinantes qui travaillent dans ce bâtiment -- des ingénieurs, des scientifiques, et d'autres membres de l'équipe -- tout le temps.
Alfred Mann a mis en place sa fondation pour faire avancer cette recherche parce qu'il a vu qu'il n'y avait aucun moyen pour qu'une entreprise se risque là-dedans. La cible est trop petite. Vous penseriez qu'il y a plein de personnes paralysées dans le monde, mais la cible est trop petite, et la quantité de recherches, le temps que cela prend, les autorisations de la FDA, le temps d'amortissement est trop long pour que les entreprises de capital risque s'y intéressent. Il a donc vu un besoin et il est intervenu. C'est un homme vraiment remarquable. Il a fait beaucoup de science d'avant-garde.
LP : Quand vous avez l'occasion, passez donc un peu de temps avec Simon. Merci. Merci.
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Après un accident de voiture catastrophique qui l'a laissé dans le coma, Simon Lewis a trouvé des moyens pour se rétablir physiquement et mentalement, au-delà de toutes les espérances. Lors de la Conférence INK, il raconte comment cette histoire remarquable l'a amené à s'intéresser à toutes les menaces pesant sur la conscience, et comment les surmonter.
Simon Lewis is the author of "Rise and Shine," a memoir about his remarkable recovery from a car accident and coma, and his new aproach to our own consciousness. Full bio »
Translated into French by Hugo Wagner
Reviewed by Elisabeth Buffard
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21:48 Posted: Apr 2007
Views 1,294,823 | Comments 337
23:07 Posted: Apr 2009
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18:44 Posted: Mar 2008
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