Il y a 65 millions d'années, un événement très important et catastrophique a modifié le cours de la vie sur terre. Et même si l'on sait que les animaux terrestres dont je vais parler sont la lie de la vie sur terre -- les petits bouts de terre qui se baladent -- ils sont importants pour nous parce qu'ils sont à notre échelle, de quelques millimètres à plusieurs mètres. Ces animaux ont disparu, et une forme de vie séparée, les mammifères, s'est diffusée pour prendre leur place. On connaît tout ça, de manière extrêmement détaillée. Voici un noyau des environs des Bermudes. On sait que les tsunamis, les tremblements de terre, et les choses que l'on a vécues dans toute l'histoire de l'Humanité ne sont en définitive rien en comparaison du désastre que ça a représenté pour la Terre.
Avant même de savoir que cet impact avait eu lieu, avant même que l'ensemble des scientifiques ne se mettent d'accord sur la théorie de l'évolution, des scientifiques et des spécialistes d'histoire naturelle de tous niveaux avaient en fait divisé l'histoire de la vie sur Terre en ces deux périodes: le Mésozoïque, l'ère intermédiaire, et le Cénozoïque, l'ère récente. Il s'avère que cela correspond vraiment très bien à l'histoire géologique. On a donc la période Mésozoïque, une ère de fragmentation, et la période Cénozoïque, une ère de reconnexion -- l'Amérique du Sud à l'Amérique du Nord, l'Inde à l'Asie. Mon travail est vraiment d'essayer de comprendre les caractéristiques de cette radiation au Mésozoïque par rapport à la radiation du Cénozoïque pour voir quels mystères nous pouvons élucider grâce aux dinosaures et aux autres animaux quant à la vie sur des continents à la dérive et ce qu'elle peut véritablement nous apprendre sur l'évolution.
Dans ce travail se pose immédiatement la question, "Pourquoi ne sont-ils pas allés dans l'eau?" Par exemple, les mammifères l'ont bien fait. En voilà un exemple. Vous pouvez vous promener et en voir bien d'autres. Dans les 5 à 10 millions d'années après l'impact de la météorite toute une variété d'animaux sont allés dans l'eau. Pourquoi n'ont-ils pas fait ça? Pourquoi ne se sont-ils pas accrochés dans des arbres de bonne taille, et pourquoi n'ont-ils pas creusé de terriers? Pourquoi n'ont-ils pas fait toutes ces choses, et s'ils ne l'ont pas fait, quels genres d'animaux occupaient ces espaces? Et s'il n'y en avait pas, qu'est-ce que cela nous apprend sur la façon dont fonctionne l'évolution sur terre? Des questions vraiment passionnantes. Je pense que c'est lié à la taille. En fait, je pense que c'est la raison principale -- votre taille au moment où vous héritez d'une niche écologique vacante à la suite d'une catastrophe naturelle quelconque.
En observant l'évolution des dinosaures, en l'étudiant, après l'avoir sortie de terre pendant des années, j'ai fini par observer la radiation des mammifères, on dirait que tout est en marche rapide, comme la technologie, que l'on avance à la vitesse supérieure. L'évolution des dinosaures progressait à un rythme de sénateur, nettement plus lentement, de quelque manière qu'on veut la mesurer. Vous voulez la mesurer par la diversité? Vous voulez la mesurer par le temps qu'il lui a fallu pour atteindre la taille maximale? Certes, ils ont une taille plus importante, mais nombre d'entre eux sont plus petits, nous nous intéressons au temps que ça leur a pris pour aboutir à cela. 50 millions d'années pour atteindre cette taille maximale. C'est 10 fois plus long que ce qu'il a fallu aux mammifères pour atteindre la taille maximale et envahir tous ces habitats.
Il y a donc des enseignements à tirer, et il y a des enseignements à tirer de l'exception, que nous connaissons très bien aujourd'hui grâce à nos découvertes, et à celles de nombreux autres universitaires à travers le monde. On a déjà passé cette diapositive. C'est le célèbre oiseau du Jurassique, l'Archéoptéryx. On sait maintenant que cette transition est la seule fois où les dinosaures sont passés en dessous de cette taille -- nous allons voir dans une minute où ils ont commencé -- c'est la seule fois où ils ont rapidement investi tous les habitats que j'ai mentionné être sans dinosaures. Ils sont devenus marins. On les connaît désormais aujourd'hui grâce aux calottes glaciaires. Il y avait des oiseaux fouisseurs. Ils habitaient dans les arbres quelle que soit leur taille, et, bien sûr, ils habitaient sur terre.
Nous avons été les premiers à véritablement nommer ce qui a ensuite explosé dans les pages de Science et de Nature. Nous avons appelé cet oiseau Sinornis. Il est un peu plus évolué que l'Archéoptéryx, et si on fouille différentes couches, on trouve des choses qui sont moins évoluées que l'Archéoptéryx, et tous les degrés entre les deux, de sorte que si vous trouvez quelque chose aujourd'hui, on coupe les cheveux en quatre -- ou plutôt les plumes -- pour déterminer s'il s'agit en fait d'un non-avien ou d'un avien. C'est en fait la plus importante transition que l'on connaisse sur terre, d'un habitat à un autre, sans exception, et il nous faut comprendre comment un animal osseux, relativement lourd, d'un ou deux kilogrammes, a pu réaliser une telle transition. C'est vraiment notre plus grande -- l'une de nos plus grandes -- séquence évolutionnaire.
Bon, mon travail a débuté au commencement. Je me suis dit que si je devais comprendre l'évolution des dinosaures, il me faudrait retourner voir ces sites où des fragments avaient été ramassés, retourner en un lieu et une époque où les premiers dinosaures ont existé. Je vais faire appel à cette courte vidéo pour vous donner une idée, en gros, de ce à quoi nous sommes confrontés. En général, on nous pose beaucoup de questions : "Alors, comment faites-vous pour trouver des fossiles dans ce type d'environnements?" Si on pouvait lancer cette première vidéo. C'est une sorte de promenade en hélicoptère au-dessus de ces sites primitifs, qui se trouvent dans le nord-est de l'Argentine. On survole une falaise, et au sommet de cette falaise, les dinosaures avaient pris le pouvoir, en gros. Au pied de la falaise, on en trouve vraiment très très peu. C'est là qu'on trouve l'origine des dinosaures : au pied de la falaise.
On va dans un endroit comme celui-là, on prend une carte géologique, une carte topographique, et la meilleure équipe, la plus inspirée, que vous puissiez amener sur zone. Le reste c'est votre boulot. Vous devez trouver des fossiles. Vous devez creuser un trou en général sensiblement plus grand que ça pour les extraire; vous devez escalader ces falaises et trouver, concrètement, tout ce qui a existé -- pas seulement les dinosaures, mais l'histoire complète. Si vous avez de la chance, et que vous creusez dans un endroit pareil, vous mettez la main sur un lit de cendres à creuser, et c'est ce qu'on a fait. Âgé de 228 millions d'années, on a découvert ce qui est véritablement le dinosaure le plus primitif : c'est le dinosaure originel. Une chose d'un mètre de long, un crâne magnifique, un prédateur, carnivore, bipède. Tous les autres dinosaures que vous connaissez, ou que vos enfants connaissent, du moins, ont 4 pattes. Voilà un aperçu du crâne, c'est absolument fantastique, il fait une quinzaine de centimètres de long. Il ressemble à celui d'un oiseau parce que c'en est un. Il est similaire à celui d'un oiseau et creux. Un prédateur. Peut-être 25 livres, ou 10 kilogrammes. C'est là que les dinosaures ont commencé. C'est là que la radiation a débuté. C'est 10 fois plus vaste que la radiation des mammifères, qui était une radiation à quatre pattes. Nous ressemblons énormément aux dinosaures, dans notre approche particulière, bipède, de la vie.
Maintenant, si vous voulez comprendre ce qui s'est passé après, quand les continents se sont séparés, et que les dinosaures se sont retrouvés -- lourdauds comme ils sont -- se sont retrouvés à la dérive. Il manque quelques pièces au puzzle. La plupart de ces pièces manquantes sont les continents du sud parce que ce sont ces continents qui sont les moins explorés. Si vous voulez apporter des éléments et essayer d'avoir un schéma mondial, il faut vous forcer à aller jusqu'aux quatre coins de la Terre -- en Afrique, en Inde, en Antarctique, en Australie -- et commencer à rassembler certaines de ces pièces. Je suis allé sur certains de ces continents, mais l'Afrique était, pour reprendre les mots de Steven Pinker, une table rase, en grande partie. Mais une table avec un immense tableau noir au milieu, avec nombre de petites zones de roches de dinosaures si vous arrivez à survivre à l'expédition.
Il n'y a pas de routes au Sahara. C'est un endroit gigantesque. Pour pouvoir extraire les 80 tonnes de dinosaures qu'il y a au Sahara et les emporter, il faut vraiment rassembler une équipe d'expédition capable de supporter les conditions. Certaines sont politiques. Beaucoup sont physiques. Quelques-unes -- les plus importantes -- sont psychologiques. Il faut vraiment être capable de résister à ces conditions -- il faut conduire dans le désert, dans bien des cas vous verrez des paysages -- vous pouvez le voir d'après ce qu'on a découvert -- que personne d'autre n'a jamais vu. Quel genre d'équipe y amène-t-on? Eh bien, elles sont constituées de gens qui considèrent la science comme de l'aventure avec un but. En général ce sont des étudiants qui n'ont jamais vu un désert. Certains sont plus expérimentés.
Votre boulot en tant que chef -- c'est clairement un sport d'équipe -- votre boulot en tant que chef est d'essayer de leur apporter l'inspiration pour qu'ils travaillent plus dur qu'ils ne l'ont jamais fait dans leur vie dans des conditions dont ils n'ont pas idée. 50° C, c'est normal. La température au sol à 65°C -- classique. Donc vous ne pouvez pas laisser vos outils classiques en métal dehors parce que souvent vous vous brûlez au premier degré si vous les attrapez. Vous vous trouvez aussi dans un milieu culturel extraordinaire. Vous côtoyez vraiment le dernier grand peuple nomade du monde. Ce sont les nomades Touaregs, et ils vivent leur vie pratiquement comme ils le font depuis des siècles. Votre travail est d'extraire des choses comme celle-ci, au premier plan, et de les faire rentrer dans les livres d'Histoire. Pour faire ça, il faut concrètement les transporter sur des milliers de kilomètres, hors du désert.
On parle de l'Éthiopie, mais parlons du Niger -- ou "Naïger", en anglais -- au nord du Nigeria -- c'est là que cette photo a été prise. En gros on parle d'un pays où, lorsqu'on a commencé à y travailler, les conteneurs ne circulaient pas. Il fallait transporter les os vous-mêmes jusqu'à la côte africaine, et les charger sur un bateau, si vous vouliez les faire sortir du cœur du Sahara. C'est un voyage de 3000 kilomètres. Donc des fouilles immenses, beaucoup de travail; à partir d'un troupeau incomplet de dinosaures que vous avez vus enterrés ici -- 20 tonnes de matériau -- nous avons reconstitué Jobaria, un dinosaure sauropode comme on n'en a jamais vu sur d'autres continents. Il est vraiment en léger décalage, d'un point de vue temporel. Il ne ressemble à rien de ce qu'on trouverait si on creusait des sites contemporains en Amérique du Nord. Voilà l'animal qui lui posait des problèmes.
Et ainsi de suite, vous voyez -- toute une ménagerie. Quand vous ramassez quelque chose comme ça -- et certains parmi vous ont eu la chance de le toucher -- c'est un morceau d'histoire. Vous touchez quelque chose qui a 110 millions d'années. Voilà une griffe de pouce. Elle est là, quelques instants après sa découverte. C'est un point de vue incroyable sur la vie, et ça a vraiment commencé quand nous avons commencé à comprendre la profondeur du temps. On n'en a conscience que depuis moins d'un siècle, et durant cette période, cette quatrième dimension, quand la datation radioactive est apparue, il y a moins d'un siècle, et qu'on a pu véritablement dire quel âge avaient certains de ces objets, est probablement la transformation la plus profonde, parce qu'elle modifie radicalement notre manière de nous observer et d'observer le monde. Quand vous ramassez un morceau d'histoire comme ça, je crois que ça peut transformer des enfants qui peuvent être intéressés par la science.
Voilà l'animal d'où provient la griffe de pouce: Suchamimus. En voilà d'autres. On a trouvé ça au Maroc, un animal immense. On a établi un prototype par tomodensitométrie du cerveau de cet animal. Il s'avère posséder un cerveau antérieur faisant un quinzième de la taille de celui d'un humain. Ça a fait la couverture de Science, parce qu'ils pensaient que les humains étaient plus intelligents que ces animaux, mais on peut constater d'après certaines personnes dans notre gouvernement qu'en dépit d'un volume cérébral beaucoup plus important certains comportements restent les mêmes. Bref, des raptors plus petits. Tous les trucs de Jurassic Park que vous connaissez -- tous ces petits animaux -- ils proviennent tous des continents du nord. Voici le premier squelette d'un continent du sud, et devinez quoi? Vous commencez à vous y attendre. Il n'a pas de grande griffe sur sa patte arrière. Il ne ressemble pas à un vélociraptor. C'est vraiment une radiation entièrement distincte. Ce qu'on essaye de réunir ici est donc une histoire. Elle inclut des reptiles volants comme ce ptérosaure que nous avons reconstruit en Afrique.
Des crocodiles, bien sûr, en voilà un méchant que nous n'avons pas encore nommé. Des trucs géants -- je veux dire, voilà une mâchoire inférieure qui repose là, en plein désert, de cet immense crocodile. Le nom technique du crocodile est Sarcosuchus. Voilà un crocodile Orinoco adulte entre ses mâchoires. On devait essayer de reconstituer tout ça. On a dû en fait observer des crocodiles récents pour comprendre comment les crocodiles grandissent. Je pourrais avoir la deuxième petite vidéo? Bon, ce domaine est juste -- et bien sûr, la science en général -- est juste -- l'aventure. On devait trouver et mesurer les plus grands crocodiles vivants de nos jours.
Le narrateur: ... aussi long que leur embarcation.
Homme: Regarde-moi ces hachoirs! Ouais, c'est un gros.
Le narrateur: S'ils parviennent à le prendre, ce croco leur fournira des données utiles, aidant Paul dans sa quête pour comprendre Sarcosuchus.
Homme: OK, passe-m'en plus. Homme 2: OK.
Le narrateur: Il revient à Paul de couvrir ses yeux.
Homme: Attention! Non, non, non, non. Tu vas devoir te mettre sur les pattes arrière.
Homme: Je tiens les pattes arrière.
Homme 2: Tu tiens les pattes arrière? Non, tu tiens les pattes avant, mon pote. Je les ai. Je tiens les pattes arrière. Que quelqu'un prenne les pattes avant.
Paul Sereno: Mettons-lui le mètre ruban. Mets-le là. Ouah. 65. Ouah. Ça fait un gros crâne.
Le narrateur: Gros, mais moins de la moitié de la taille du crâne de supercroco.
Homme: Énorme. PS: On a un croco de... 4 mètres de long.
Homme: Je savais qu'il était gros.
PS: Ne descendez pas. Ne descendez pas, mais ne vous inquiétez pas pour moi!
Le narrateur: Paul a ses données, ils décident donc de relâcher l'animal dans la rivière.
PS: Ne descendez pas! Ne descendez pas!
Le narrateur: Paul n'a jamais vu un fossile faire ça.
PS: Ok, quand je dis trois, on dégage. Un, deux, trois! Ouah!
Donc -- il y avait -- (Applaudissements) Eh bien, les -- les archives fossiles sont vraiment extraordinaires parce qu'elles vous forcent à envisager les animaux vivants différemment. Nous avons prouvé grâce à ces mesures que les crocodiles grandissent de manière isométrique. Cela dépendait de la forme de leur crâne, cela dit, donc il nous fallait vraiment prendre ces mesures pour être sûr que nous l'avions reconstitué et que nous pouvions prouver au monde scientifique que Supercroco est en fait un crocodile de 12 mètres de long, probablement un mâle. Bref, on découvre aussi d'autres choses. Je vais mener une expédition au Sahara pour explorer le plus grand site néolithique d'Afrique. On a découvert ça l'année dernière. 200 squelettes, outils, bijoux.
Ça c'est un disque cérémoniel. Un témoignage extraordinaire de la colonisation du Sahara, il y a 5000 ans, se trouve là-bas et attend qu'on y retourne. Absolument passionnant. Après ça le boulot va nous entraîner au Tibet. Bon, d'habitude on voit le Tibet comme une terre d'altitude. C'est en fait un continent île. C'était un précurseur de l'Inde, un messager du Gondwana -- un paradis perdu de dinosaures isolé pendant des millions d'années. Personne ne les a trouvés. On sait où ils sont, et on va y aller pour les récupérer l'année prochaine. Ils ne sont qu'aux alentours de 4000 mètres d'altitude, mais si vous y allez pendant la saison chaude, ça va. Bon, j'ai essayé d'assembler une histoire de l'évolution des dinosaures pour qu'on puisse comprendre quelques schémas de base de l'évolution. J'en ai mentionné quelques-uns. Il faut vraiment aller plus loin. Il faut fouiller dans cette masse de données anatomiques que nous avons réunies pour comprendre où se produisent les changements et ce que cela signifie. Naturellement, on ne peut pas prévoir ce qui se passera dans l'évolution, mais on peut apprendre certaines règles du jeu, et c'est ça en fait qu'on essaye de faire.
Si on considère la question biogéographique, la Terre se divise. Ce sont tous des animaux terrestres empotés. Il y a deux ou trois possibilités. Vous vous divisez, et une division de continent correspond à un embranchement dans l'arbre évolutionnaire, ou vous êtes malin, et vous réussissez à vous enfuir de l'un à l'autre et vous effacez cette division, ou vous vivez tranquillement de chaque côté, d'un côté, il y a simplement une extinction, tandis que la vie continue de l'autre, créant une différence. La quatrième possibilité est que vous avez fait l'une ou l'autre de ces trois choses, mais que les paléontologistes ne vous ont jamais découvert. Quand on envisage ces quatre scénarios, on se rend compte que le problème est complexe. Donc, en plus des fouilles, je crois qu'on obtient quelques réponses grâce aux archives des dinosaures. Je crois que ces dinosaures migraient -- on appelle ça la dispersion -- autour de la terre, grâce au moindre pont terrestre. Ils l'ont fait à deux ou trois degrés du pôle, pour maintenir la similarité entre les continents. Mais quand ils se sont divisés, ils l'ont fait pour de bon, et on voit effectivement les continents sculpter des différences entre dinosaures.
Mais il y a une chose encore plus importante, il me semble que c'est l'extinction. On a déprécié ce facteur. Il organise l'histoire de la vie, et nous montre les différences que nous voyons dans le monde des dinosaures vers la fin, juste avant l'impact de la météorite. La meilleure manière de le tester est de créer un modèle. Si on revient en arrière, voilà un arbre évolutionnaire classique en deux dimensions. Je vais vous montrer trois dimensions. Vous voyez l'arbre évolutionnaire, mais j'y ai ajouté là la dimension de la zone. Un arbre évolutionnaire présente normalement les divergences dans le temps. Là on a les divergences dans le temps, mais on a créé la troisième dimension de la zone.
C'est un programme informatique qui a trois boutons. On peut contrôler les choses qui nous intéressent: extinction, échantillonnage, dispersion -- en allant d'une zone à une autre. Finalement on peut contrôler les embranchements pour reproduire ce à quoi ressemblaient les continents d'après nous, et le faire tourner un millier de fois, pour pouvoir évaluer les paramètres, pour répondre à la question de savoir si on est sur la bonne voie ou pas, ou du moins pour connaître les limites du problème.Voilà donc, rapidement, pour le côté scientifique.
Aujourd'hui je vais passer le temps qu'il me reste à parler de mon autre projet à Chicago, qui est lié au fait que je n'ai jamais -- en fait, en parlant à pas mal de TEDsters, il y en a quelques-uns parmi vous -- je ne suis pas sûr que j'obtiendrais une réponse honnête, si je vous demandais une réponse à main levée, mais un certain nombre d'entre vous ici ont commencé leur carrière scientifique, technique ou artistique en tant que ratés, d'après les standards de la société, en échec scolaire. Je fais partie de ces gens. J'ai été recalé par mon école -- mon école m'a recalé. Qui veut jeter la pierre? Plusieurs professeurs m'ont quasiment tué. Je me suis retrouvé dans l'art. J'étais en échec complet à l'école, pas vraiment en route vers le bac. J'ai continué -- voilà ma première peinture sur toile. J'ai lu un dictionnaire. Je suis allé à l'université. Je suis devenu un artiste. OK, et j'ai commencé à dessiner. C'est devenu abstrait. J'ai créé un portfolio, et je suis allé à New York. Parfois je voyais des os là où il y avait un corps. Il se passait quelque chose en arrière-plan. Je me suis installé dans un studio à New York. J'ai fait une visite au Muséum d'Histoire Naturelle, et je ne m'en suis jamais remis.
Mais en fait c'est la même discipline -- ce sont des disciplines sœurs. Vraiment, qu'est-ce donc si ce n'est la visualisation de ce qu'on ne peut voir, quand il s'agit de découvrir un os de dinosaure à partir d'un petit morceau dans la nature, ou de voir la distorsion que l'on essaye de voir comme une distorsion évolutionnaire d'un animal à un autre? C'est une image vraiment extraordinaire. Je vous montre des visages humains parce que c'est votre domaine. Il nous faut des années pour comprendre comment faire ça avec les dinosaures. Ce sont vraiment des disciplines sœurs. Mais ce qu'on essaye de créer à Chicago c'est un moyen d'aller chercher, de rassembler, ces étudiants qui sont le moins représentés dans nos sphères scientifiques et technologiques. Nous savons tous, il y a été fait allusion à plusieurs reprises, que nous échouons dans notre capacité à produire suffisamment de scientifiques, d'ingénieurs et de techniciens.
Ça fait longtemps qu'on le sait. On a passé la phase Spoutnik, et maintenant, alors qu'on voit l'augmentation du rythme de nos activités, cela devient de plus en plus frappant. D'où vont venir tous ces gens? Une question d'ordre plus général pour notre société est: que va-t-il se passer pour tous les autres qui sont abandonnés en route? Que fait-on de tous les enfants comme moi qui étaient à l'école -- des enfants comme certains d'entre vous -- qui sont allés à l'école, qui n'ont pas eu et n'auront jamais l'opportunité de participer à la science et à la technologie?
Voilà les questions que je pose. On parle de l'Éthiopie, et c'est très important. Le Niger est tout aussi important, et j'essaye désespérément de faire quelque chose au Niger. Ils ont des problèmes avec le sida. J'ai demandé -- le ministère américain des affaires étrangères a demandé récemment au gouvernement, Que voulez-vous faire? Ils leur ont donné deux problèmes. Les dinosaures étaient l'un d'eux. Donnez-nous un musée pour les dinosaures, cela fera venir des touristes, ce qui est la deuxième industrie du pays. J'espère de tout cœur que le gouvernement américain, moi, ou TED, ou n'importe qui nous aidera à faire ça, parce que ce serait quelque chose d'incroyable pour leur pays. Mais quand on regarde notre propre pays, quand on regarde nos propres villes, les villes d'où la plupart d'entre vous venez -- la ville d'où je viens, c'est sûr -- il y a des quantités de gamins comme ceux-là. La question est -- on a commencé à y répondre il y a des siècles -- comment impliquer ces gamins dans le processus scientifique?
On a créé à Chicago une organisation -- une organisation à but non lucratif -- appelée Projet Exploration. Voilà deux enfants du Projet Exploration. On les a rencontrés pendant leurs premiers pas au lycée. Ils étaient -- en échec par rapport aux étudiants pauvres, et ils sont maintenant -- l'un à l'Université de Chicago, l'autre à celle de l'Illinois. On a des étudiants à Harvard. On a commencé il y a 6 ans. On a établi un suivi statistique des résultats. Parce que en tant qu'universitaire, quand vous essayez de trouver des études longitudinales, des suivis statistiques comme celui-ci, il y en a en fait très peu, voire aucun. On a obtenu des résultats incroyables avec 100% de diplômés, 90% sont allés à l'université, pour beaucoup les premiers de leur famille, 90% de ceux-là ont choisi une carrière scientifique. Ce sont des résultats impressionnants, en faisant la synthèse, on se dit, bon, on n'avait pas vraiment théorisé tout ça au départ, mais quand on fait la synthèse, il y a des mouvements théoriques dans l'enseignement des sciences.
C'est passé par la science en tant qu'enquête, ce qui était un gros progrès, et Dewey, à Chicago -- on apprend en faisant. Puis à -- on apprend en s'imaginant soi-même en scientifique, ensuite, on apprend à s'imaginer soi-même scientifique. L'étape suivante est d'apprendre la capacité à devenir un scientifique. Ces étapes sont indispensables. Si vous avez -- C'est facile d'intéresser les enfants aux sciences. C'est difficile de les amener à ce qu'ils s'imaginent en scientifiques, ce qui implique de se trouver en face de gens, comme ce qu'on fait ici à cette conférence, et de présenter quelque chose en tant que savant, et ensuite de se voir dans le rôle du scientifique et de se donner les outils pour atteindre ce but.
C'est donc ça que l'on va faire. On prévoit un foyer permanent à Chicago. On a des tas d'idées, mais je peux vous garantir une chose -- et j'en ai parlé à quelques personnes ici à TED -- ça ne ressemblera à rien de ce que vous avez déjà vu. Ce sera en partie une école, en partie un musée, en partie un conservatoire, en partie un zoo, et une partie de la réponse à notre problème : comment intéresser les enfants aux sciences? Merci beaucoup.
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Des paysages étranges, une chaleur torride et (parfois) des crocodiles enragés attendent les scientifiques qui cherchent des indices sur le génie de l'évolution. Le paléontologue Paul Sereno raconte ses rencontres surprenantes avec la préhistoire -- et évoque une nouvelle manière d'aider les étudiants à se joindre à l'aventure.
Surely not the only science career based on a museum tour epiphany, Paul Sereno's is almost certainly the most triumphant. He's dug up dinosaurs on five continents -- and discovered the world's largest crocodile, the (extinct) 40-foot Sarchosuchus. Full bio »
Translated into French by Matthieu Coville
Reviewed by eric vautier
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15:51 Posted: Sep 2007
Views 226,221 | Comments 43
15:36 Posted: Jul 2008
Views 204,215 | Comments 50
17:14 Posted: Jun 2008
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