En tant qu'architecte on conçoit pour le présent, en ayant conscience du passé, pour un avenir qui est essentiellement inconnu. L'Agenda Vert est probablement l'agenda le plus important et le problème le plus important du moment. Et j'aimerais partager une certaine expérience. Celle de ces 40 dernières années -- nous fêtons notre 40e anniversaire cette année -- et j'aimerais explorer et évoquer certaines observations sur la nature du développement durable. Jusqu'où peut-on anticiper, ce qui s'ensuit, quelles sont les menaces, quelles sont les possibilités, les défis, les opportunités ? Je pense que -- j'ai dit dans le passé, il y a très très longtemps, avant même que soit inventé le concept d'un agenda vert, qu'il ne s'agissait pas de mode -- mais de survie.
Mais ce que je n'ai jamais dit, et ce sur quoi je vais insister, c'est que vraiment, le vert c'est cool. Je veux dire, tous les projets qui ont été d'une façon ou d'une autre inspirés par cet agenda relèvent d'un mode de vie de fête, qui d'une certaine manière fête les lieux et les espaces qui déterminent la qualité de vie. En fait, je fais rarement de citations, je vais donc essayer de trouver un bout de papier, si je peux, avec la pensée que quelqu'un a avancée à la fin de l'année dernière sur la raison de cet individu, en tant qu'observateur important, analyste, écrivain, un gars qui s'appelle Thomas Friedman, qui écrivait pour le Herald Tribune en 2006. Il a dit, "Je pense que la chose la plus importante qui soit arrivée en 2006 a été la généralisation de la vie et de la pensée écolo. Nous avons atteint un point de bascule cette année où vivre, agir, concevoir, investir et fabriquer écolo sont désormais compris par une masse critique de citoyens, d'entrepreneurs, d'élus comme étant la chose la plus patriotique, capitaliste, géopolitique et compétitive qu'ils puissent faire. D'où ma devise: le vert est le nouveau Bleu-Blanc-Rouge."
Et je me demande, dans un sens, rétrospectivement, "Quand cette prise de conscience de la planète et de sa fragilité est-elle apparue pour la première fois?" Et je pense que c'était le 20 juillet 1969, quand pour la première fois, l'homme a pu regarder la planète Terre. Et dans un sens, c'est Buckminster Fuller qui a inventé cette phrase. Et avant l'effondrement du système communiste, j'ai eu le privilège de rencontrer beaucoup de cosmonautes à Space City et dans d'autres endroits de Russie. Et c'est intéressant quand j'y repense, car ils étaient les premiers vrais écologistes. Ils étaient pleins d'une passion pionnière, ils s'enflammaient pour les problèmes de la mer Aral. Et à cette époque c'était -- dans un sens, un certain nombre de choses se produisaient. Buckminster Fuller était une sorte de gourou écolo -- là encore, un mot qui n'avait pas été inventé. C'était un scientifique du design, si vous voulez, un poète, mais il a prédit toutes les choses qui se passent maintenant. Et -- c'est une autre histoire, c'est une autre conversation. On peut revenir sur ses écrits, c'est vraiment extraordinaire. C'est à cette époque, avec une conscience enflammée par les prophéties de Bucky, ces inquiétudes en tant que citoyen, en tant que citoyens de la planète, que ma pensée a été influencée, ainsi que ce que nous faisions à l'époque.
Et c'est un nombre de projets. J'ai sélectionné celui-ci parce que c'était en 1973 et que c'était un projet directeur pour une des îles Canaries. Et ceci a probablement coïncidé avec le moment où le livre "ressource de la planète Terre" est sorti, et où il y avait le mouvement hippie. Et il y a certaines de ces qualités dans ce dessin qui cherche à résumer les recommandations. Et tous les composants sont là, qui sont à présent courants dans notre discours, dans notre vocabulaire quelque 30 ans plus tard. L'énergie éolienne, le recyclage, la biomasse, les cellules photovoltaïques -- et en parallèle à l'époque, il y avait un club de design très sélect. Des gens qui avaient vraiment le design à l'esprit étaient inspirés par l'oeuvre de Dieter Rams, et les objets qu'il créait pour l'entreprise qui s'appelait Braun. Ça remonte au milieu des années 50, 60. Et malgré les prophéties de Bucky selon lesquelles tout serait miniaturisé et que la technologie créerait un style incroyable -- l'accès au confort, aux commodités -- il était très très difficile d'imaginer que tout ce que nous voyons sur cette image, serait emballé avec beaucoup de style. Et que ça, et plus encore, serait dans la paume de nos mains.
Et je pense que la révolution numérique arrive maintenant au point où alors que le monde virtuel, qui rassemble tant de gens ici, se connecte finalement avec le monde physique, tout cela est devenu plus humain, si bien que le monde numérique a toute la convivialité, l'immédiateté, l'orientation du monde analogique. Probablement résumé en un sens par les choses stylées ou alternatives disponibles ici, que l'on nous a généreusement offertes au déjeuner, le Maxin, qui est un développement plus poussé, et une fois encore inspirée par un sentiment sensuel incroyable. Un très très bel objet. Donc quelque chose qui dans les années 50 et 60 était très sélect est devenu aujourd'hui, et c'est intéressant, totalement courant. Et la référence à l'iPod comme à une icône, et dans un sens qui évoque la performance. Il est très intéressant qu'au début de l'année 2007, le Financial Times ait commenté le fait que les entreprises de Detroit jalousaient l'effet halo qu'avait gagné Toyota avec la voiture hybride Prius, un véhicule à énergie raisonnée, qui rivalise avec l'iPod comme produit icône.
Et je pense qu'il est très tentant dans un sens de nous laisser séduire, et en tant qu'architectes, ou que toute personne impliquée dans le processus de design, à penser que la réponse à nos problèmes se trouve dans les bâtiments. Les bâtiments sont importants, mais ils ne sont qu'une composante de quelque chose de bien plus grand. En d'autres termes, si je cherchais à faire la démonstration, si vous pouviez atteindre l'impossible, l'équivalent du mouvement perpétuel, vous pourriez concevoir une maison sans émissions carbone, par exemple. Ce serait la réponse. Malheureusement, ce n'est pas la réponse. C'est seulement le début du problème. On ne peut pas séparer les bâtiments de l'infrastructure des villes et de la mobilité du transit. Par exemple, si selon l'expression inspirée par Bucky, nous prenons de la distance et nous regardons la planète Terre, et nous prenons une société industrialisée typique, alors l'énergie consommée serait divisée entre les bâtiments, 44 %, le transport 34 %, et l'industrie Mais là encore, on ne voit qu'une partie du tableau. Si vous prenez les bâtiments et les transports associés, en d'autres termes, le transport des gens, qui est de 26 %, alors 70 % de la consommation d'énergie est influencée par la façon dont nos villes et l'infrastructure fonctionnent ensemble.
Donc les problèmes de durabilité ne peuvent être séparés de la nature des villes, dont les bâtiments font partie. Par exemple, si vous prenez, et vous faites une comparaison entre un genre de ville récente, ce que j'appelle, de manière simpliste, une ville d'Amérique du Nord -- et Détroit n'est pas un mauvais exemple, c'est une ville qui dépend beaucoup de la voiture. La ville s'étend en cercles concentriques, consommant de plus en plus d'espaces verts, de routes, et d'énergie à transporter les gens entre le centre-ville -- ce centre-ville, qui, encore une fois, se vide de ses habitants pour devenir commercial, et encore une fois meurt. Si vous comparez Detroit avec une ville du nord de l'Europe, et Munich n'est pas un mauvais exemple, car elle dépend beaucoup plus de la marche et du vélo, alors une ville qui n'est que deux fois plus dense, n'utilise que 1/10 de l'énergie. En d'autres termes, vous prenez ces deux exemples comparables et le bond énergétique est énorme.
Donc en gros, si vous voulez généraliser, on peut démontrer que quand la densité augmente ici en bas, l'énergie consommée est radicalement réduite. Bien sûr, on ne peut pas séparer ça des problèmes tels que la diversité sociale, le transport de masse la capacité à marcher à pied sur des distances acceptables, la qualité des espaces publics. Mais là encore, on peut voir Detroit, en jaune en haut, une consommation extraordinaire, en bas Copenhague. Et Copenhague, bien que ce soit une ville dense, n'est dense comparée avec les villes réellement dense. Et en l'an 2000, il s'est produit une chose vraiment intéressante. Pour la première fois, des mégapoles, 5 millions d'habitants ou plus, sont apparues dans le monde en développement. Et maintenant, sur 46 villes, 33 de ces mégapoles se trouvent dans le monde en développement. On doit donc se demander -- l'impact environnemental par exemple, de la Chine ou de l'Inde. Si on prend la Chine, et on prend seulement Pékin, on peut voir le système de circulation, et la pollution associée avec cette consommation énergétique au fur et à mesure que les voitures remplacent les bicyclettes. En d'autres termes, si vous mettez sur les routes, comme ça se passe en ce moment, 1000 nouvelles voitures par jour -- statistiquement c'est le plus gros marché émergent du monde. Et le demi milliard de bicyclettes dont se servent 1 milliard 300 millions de gens se réduit.
Et cette urbanisation est extraordinaire, elle se fait à une allure accélérée. Donc, si nous pensons à la transition dans notre société au mouvement de la terre vers les villes, qui a pris 200 ans, alors le même processus est en train de se produire en 20 ans. En d'autres termes, il s'accélère selon un facteur 10. Et ce qui est vraiment intéressant, sur une période de 60 et quelques années, nous voyons l'espérance de vie doubler sur cette période où l'urbanisation a triplé. Si je m'éloigne de ce plan d'ensemble, et je regarde l'implication sur une période de temps similaire en termes de technologie -- qui en tant qu'outil est un outil pour les concepteurs, et je cite notre propre expérience en tant qu'entreprise, et j'illustre cela par une petite sélection de projets -- alors comment mesure-t-on ce changement de technologie ? Comment cela affecte-t-il la conception de bâtiments ? Et en particulier, comment cela peut-il conduire à la création de bâtiments qui consomment moins d'énergie, génèrent moins de pollution et soient plus socialement responsables?
Cette histoire, en termes de bâtiments, a commencé à la fin des années 60, au début des années 70. L'exemple que je prends c'est le siège d'une entreprise appelée Willis and Faber, dans une petite bourgade du nord-est de l'Angleterre, dont les habitants viennent travailler à Londres. Et là, la première chose qu'on voit c'est ce bâtiment, le toit ressemble à une couverture moelleuse, un jardin isolant, ce qui fête aussi l'espace public. En d'autres termes, pour cette communauté ils ont un jardin dans le ciel. Donc l'idéal humaniste est très fort dans toute cette oeuvre, résumé peut-être par un de mes premiers croquis ici, où vous pouvez voir la verdure, vous pouvez voir la lumière du soleil, vous êtes en harmonie avec la nature. Et la nature fait partie du générateur, du pilote ce bâtiment. Et de façon symbolique, les couleurs de l'intérieur sont le vert et le jaune. Il possède des installations comme des piscines, il a des horaires variables, il a un coeur social, un espace, vous êtes en contact avec la nature. Ça, c'était en 1973.
En 2001 ce bâtiment a reçu une récompense. Et la récompense est une reconnaissance pour un bâtiment qui avait été utilisé sur une aussi longue période de temps. Et des gens qui l'avaient créé sont revenus : les chefs de projet, les directeurs des compagnies d'alors. Et ils disaient, vous savez, les architectes, Norman parlait toujours de concevoir pour l'avenir, et vous savez, ça ne semblait pas nous coûter plus. Alors nous lui avons fait plaisir. L'image en haut, si vous la regardez en détail, ce qu'elle dit c'est qu'on peut câbler ce bâtiment. Ce bâtiment était câblé pour le changement. Alors en 1975, c'est une image de machines à écrire. Et quand la photo a été prise, c'étaient des traitements de texte. Et ce qu'on disait à cette occasion c'était que nos concurrents devaient construire de nouveaux bâtiments pour les nouvelles technologies. Nous avons eu de la chance parce que dans un sens notre bâtiment était à l'épreuve du futur. il anticipait le changement, même si ces changements étaient inconnus. A l'époque du design qui a conduit à ce bâtiment, j'ai fait un croquis que nous avons récemment sorti des archives. Et je disais, j'écrivais, "Mais nous n'avons pas le temps, et nous n'avons vraiment pas l'expertise immédiate au niveau technique."
En d'autres termes, nous n'avions pas la technologie pour faire ce qui aurait été vraiment intéressant sur ce bâtiment. Et ça aurait été de créer un genre de bulle tridimensionnelle -- une couverture vraiment intéressante qui aurait ventilé naturellement, qui aurait respiré et qui aurait radicalement réduit la charge énergétique. En dépit du fait que le bâtiment, en tant que bâtiment écologique, est tout à fait un bâtiment innovant. Et si je fais une avance rapide dans le temps, ce qui est intéressant c'est que la technologie est désormais disponible et on la célèbre. La bibliothèque de l'université libre, qui s'est ouverte l'année dernière, en est un exemple. Et là encore, la transition d'un des milliers de croquis et d'infographie à la réalité. Et une combinaison de systèmes ici, le béton brut de ces étagères à livres, et la façon de laquelle il est couvert par cette peau, qui permet au bâtiment d'être ventilé, de consommer radicalement moins d'énergie, et où cela fonctionne vraiment avec les forces de la nature.
Et ce qui est intéressant c'est que c'est incroyablement populaire auprès des gens qui l'utilisent. Là encore, en revenant sur le style de vie et dans un sens, l'agenda écologique ne fait qu'un avec l'esprit. Ce n'est donc pas un genre de sacrifice, plutôt l'inverse. Je pense que c'est génial. C'est une célébration. Et vous pouvez mesurer l'exploit en termes de consommation d'énergie de ce bâtiment par rapport à une bibliothèque classique. Si je vous montre un autre aspect de cette technologie alors dans un contexte totalement différent -- cet immeuble résidentiel dans les Alpes en Suisse. Construit en préfabriqué avec un matériau des plus traditionnels mais ce matériau -- grâce à la technologie, à l'informatique, à la possibilité de préfabriqués, produit des composants à haute performance à partir de bois -- tout à fait d'avant-garde. Et juste pour vous donner un aperçu de cette technologie, la capacité de calculer des points dans le ciel et de transmettre, de transférer ces informations maintenant directement à l'usine.
Donc si vous traversez la frontière -- juste de l'autre côté de la frontière, une petite usine en Allemagne, où vous pouvez voir le type avec son écran d'ordinateur, et ces points dans l'espace sont communiqués. Et à gauche se trouvent les machines de découpe qui ensuite dans l'usine permettent la fabrication de ces pièces individuelles Et a quelques très peu de millimètres près permettent de les assembler sur site. Et puis ensuite, c'est intéressant, permettent à ce bâtiment d'être habillé par la plus vieille des technologies, des tuiles d'ardoises taillées à la main. Un quart de million de tuiles appliquées à la main pour faire le fini définitif. Et là encore, la façon dont cela fonctionne en tant que bâtiment, pour ceux d'entre nous qui ont la possibilité de profiter des espaces pour y habiter et y rendre visite. Si j'ai fait le bond dans ces nouvelles technologies, alors comment avons-nous -- qu'est-ce qui s'est passé avant ça? Je veux dire -- comment était la vie avant le téléphone portable, les choses que vous tenez pour acquises?
Et bien, évidemment on construisait quand même. Je veux dire, voici un aperçu de l'intérieur de notre banque à Hong Kong en 1979, qui a ouvert en 1985, avec la capacité de réfléchir la lumière du soleil profondément au coeur de cet espace ici. Et en l'absence d'ordinateurs, vous faites une maquette physique. Donc par exemple, nous mettions des maquettes sous un ciel artificiel. Pour les tunnels à vent, nous les mettions littéralement dans un tunnel à vent et soufflions de l'air avec tous les kilomètres de câbles etc. Et le tournant a probablement été dans notre cas quand nous avons eu le premier ordinateur. Et et c'était à l'époque où nous cherchions à redessiner, réinventer l'aéroport. Voici le terminal quatre à Heathrow, un terminal typique. Grand, un toit lourd, qui arrête la lumière du soleil, beaucoup de machinerie, des gros tuyaux, des machineries qui bourdonnent.
Et Stansted, l'alternative écologique, qui utilise la lumière naturelle, est un endroit convivial -- vous savez où vous êtes, vous êtes en rapport avec l'extérieur. Et pour une grande partie de son cycle, pas besoin de lumière électrique -- la lumière électrique qui à son tour créé plus de chaleur, ce qui crée plus de charges de refroidissement etc. Et à ce moment particulier c'était l'un des quelques ordinateurs solitaires. Et t c'est une petite image de l'arbre de Stansted. C'était il n'y a pas si longtemps en 1990. C'est notre bureau. Et si vous regardez de très près, vous verrez que les gens dessinaient avec des crayons, et qu'il poussait de grandes règles et des triangles. C'était il n'y a pas si longtemps, 17 ans, et nous voilà aujourd'hui. Je veux dire, c'est une transformation majeure.
Si on revient en arrière, il y avait une dame qui s'appelait Valérie Larkin, et en 1987, elle avait toutes nos informations sur une disquette. Maintenant, chaque semaine, nous avons l'équivalent de 84 millions de disquettes, qui enregistrent nos archives concernant nos projets passés, actuels et futurs Ça s'élèverait dans le ciel sur 21 km. C'est la vue que vous auriez si vous regardiez depuis là-haut. Mais en attendant, comme vous le savez, de merveilleux protagonistes comme Al Gore remarquent la montée inexorable de la température dans ce contexte. C'est intéressant de voir ces bâtiments qui sont en parfaite adéquation avec ce lieu
Notre projet Reichstag, qui j'en suis sûr est tout à fait à l'ordre du jour, en tant qu'espace public où nous avons cherché, dans un sens, dans une sorte de plaidoyer, à réinterpréter la relation entre la société et les politiciens, l'espace public, et peut-être son ordre du jour secret, un manifeste de l'énergie -- quelque chose qui serait absolument sans combustibles telles que nous les connaissons. Donc ce serait totalement renouvelable. Et là encore, le croquis humaniste, la transposition dans l'espace public. Mais ceci fait totalement parti de l'écologie. Mais ici, nous n'avons pas le faire en vrai. Bien sûr on aurait pu utiliser un tunnel avant mais la capacité maintenant de l'ordinateur d'explorer, de planifier, de voir comment ça marcherait en termes de force de la nature. La ventilation naturelle, pour être en mesure de modéliser le vide sanitaire en dessous et de considérer la biomasse. Une combinaison de biomasse, d'aquifères, d'huile végétale à brûler -- un procédé qui, de façon intéressante, a été développé en Allemagne de l'Est, à l'époque où elle dépendait du bloc soviétique.
Donc vraiment, retransposer cette technologies et développer quelque chose qui était si propre, c'était quasiment sans pollution. Vous pouvez le mesurer à nouveau. Vous pouvez comparer comment ce bâtiment, en termes de ces émissions en tonnes de dioxyde de carbone par an -- à l'époque où nous avons pris le projet, plus de 7000 tonnes. Qu'est-ce que ça aurait donné avec du gaz naturel? Et finalement avec l'huile végétale, 450 tonnes. Je veux dire, une réduction de 94 % -- quasiment propre. Nous pouvons voir les mêmes procédés à l'oeuvre dans la Banque du Commerce -- elle dépend de la ventilation naturelle, la façon dont on peut modéliser ces jardins, la façon dont ils l'entourent en spirale. Mais là encore, il s'agit de style de vie, de qualité -- quelque chose qui serait plus appréciable comme lieu de travail. Et encore une fois, nous pouvons mesurer la réduction de la consommation d'énergie.
Il y a une évolution ici entre les projets, et Swiss Re développe cela un peu plus loin. Le projet dans la city à Londres. Et cette séquence montre la construction de cette maquette. Mais ce qu'elle montre d'abord, et je pense que c'est intéressant, c'est qu'ici vous voyez un cercle, vous voyez l'espace public autour. Quelles autres manières y a-t-il de mettre la même quantité d'espace sur le site? Si, par exemple, vous cherchez à faire un bâtiment qui arrive au bord du trottoir, c'est la même quantité d'espace. Et finalement, vous profilez ceci, vous y taillez des sillons. Les sillons deviennent comme des poumons verts qui donnent des vues, qui donnent de la lumière, de la ventilation, qui rendent le bâtiment plus frais. Et vous le couvrez de quelque chose qui est aussi essentiel à son apparence qui est un maillage de structures triangulaires -- là encore, dans une longue connexion qui évoque certains des travaux de Buckminster Fuller, et la façon dont la triangulation peut accroître la performance et également donner à ce bâtiment son impression d'identité.
Et ici, si on regarde le détail de la façon dont le bâtiment s'ouvre et respire sur ses atriums, la façon avec laquelle à l'aide d'un ordinateur, nous pouvons modéliser les forces, nous pouvons voir la haute pression, la basse pression, la façon dont le bâtiment se comporte comme une aile d'avion. Donc il a aussi la capacité, tout le temps, quelle que soit la direction du vent, d'être en mesure de rafraîchir le bâtiment et de le rendre efficient. Et contrairement aux bâtiments conventionnels, le haut du bâtiment est une célébration. C'est un point de vue pour les gens, pas pour la machinerie. Et la base du bâtiment est une fois encore un espace public. Si on le compare avec un bâtiment classique que se passe-t-il si nous cherchons à employer de telles stratégies de conception en termes de réflexion à très grande échelle? Et je vais vous donner deux images d'un projet de recherche d'entreprise.
Il est bien connu que la mer Morte est en train de mourir. Le niveau baisse, un peu comme la mer d'Aral. Et la mer Morte est évidemment bien plus basse que les océans et les mers qui l'entourent. Il y a donc eu un projet pour sauver la mer Morte en créant un pipeline, un tuyau, parfois au-dessus de la surface, parfois enterré, qui redresserait cette situation et apporterait de l'eau depuis le Golfe d'Aqaba jusqu'à la mer Morte. Et nous avons transposé ça, en utilisant beaucoup de la réflexion accumulée sur 40 années, en disant et si au lieu de n'être qu'un tuyau, c'était une bouée de sauvetage? Et si c'était l'équivalent, selon l'endroit où vous vous trouvez, du Grand Canal, en termes de touristes, de logements, de dessalement, d'agriculture? En d'autres termes, l'eau est le sang de la vie.
Et si vous revenez à l'image précédente, et que vous regardez cette zone de volatilité et d'hostilité, le fait qu'une conception unificatrice en tant que geste humanitaire puisse rassembler tous les belligérants dans une même cause, avec quelque chose qui serait authentiquement écologique et productif au sens le plus large. Une infrastructures à une si grande échelle est également inséparable de la communication. Et que cette communication soit le monde virtuel où le monde physique, elle est absolument centrale à la société. Et comment faire pour la rendre plus lisible dans ce monde grandissant, en particulier dans certains des endroits dont je parle -- la Chine par exemple, qui dans les 10 prochaines années construira 400 nouveaux aéroports. Et quelle forme prennent-ils? Comment les rendre plus conviviaux à cette échelle?
Je fais référence à Hong Kong comme à une sorte d'expérience analogique à l'ère du numérique parce qu'on a toujours un point de référence. Donc qu'est-ce qui se passe quand nous prenons cela et que nous l'étendons plus loin dans la société chinoise ? Et ce qui est intéressant c'est que cela produit d'une certaine façon peut-être le méga bâtiment ultime. C'est physiquement le plus grand projet sur la planète en ce moment. 250 -- pardon, 50 000 personnes qui travaillent 24 heures sur 24, sept jours sur 7. De 17% plus grand que tous les terminaux d'Heathrow pris ensemble, en comptant le terminal 5 en cours de construction. Et le défi ici est de construire un bâtiment qui sera écologique, compact malgré sa taille où il s'agit de l'expérience humaine du voyage, où il s'agit de convivialité, de revenir au point de départ, où il s'agit vraiment du mode de vie. Et peut-être ceci, à la fin, en guise d'espaces de célébration
Comme Hubert le disait au déjeuner, pendant que nous étions en conversation, nous avons parlé de ça, nous avons parlé des villes. HUBert disait, à fort juste titre, " Ce sont les nouvelles cathédrales." Et d'une certaine façon, un des aspects de cette conversation est venu du réveillon du jour de l'an, quand je parlais de l'agenda olympique en Chine en termes de ses ambitions et aspirations écologiques. Et je pensais à haute voix que -- ça m'a traversé l'esprit ce soir de réveillon. un genre de tournant symbolique alors que nous passions de 2006 à 2007, que peut-être, vous savez, le futur était la nation la plus innovante et la plus puissante. Comme quelqu'un comme Kennedy pouvait dire d'une façon inspirante, "Nous avons mis un homme sur la lune."
Vous savez, qui va dire que nous avons résolu ce problème de la dépendance aux combustibles fossiles, qui étaient pris en otage par des régimes voyous etc. Et c'est un programme concerté. Ça n'est pas qu'un seul truc, vous savez, c'est renouvelable. Et j'ai formulé la pensée que peut-être alors que l'année se terminait, je pensais que l'inspiration était plus susceptible de venir de ces autres pays, plus grands, là-bas -- les Chines, les Indes, les tigres de l'Asie du Sud-Est. Merci beaucoup
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L'architecte Norman Foster discute de son propre travail pour montrer comment les ordinateurs peuvent aider les architectes à concevoir des bâtiments qui soient verts, beaux, et "essentiellement sans pollution." Depuis la conférence DLD 2007, à Munich, www.dld-conference.com
Sir Norman Foster, winner of the 1999 Pritzker Prize, is perhaps the leading urban stylist of our age. His elegant, efficient buildings grace cities around the globe. Full bio »
Translated into French by Elisabeth Buffard
Reviewed by Florent Kervazo
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20:05 Posted: Apr 2007
Views 730,411 | Comments 102
19:58 Posted: Jul 2006
Views 360,516 | Comments 41
19:24 Posted: Oct 2008
Views 266,703 | Comments 52
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