Il y a deux ans, quand j'assistais à la conférence TED de Long Beach, j'ai rencontré Harriet. En fait, nous nous étions rencontrés en ligne avant - mais pas comme vous croyez. En fait, on nous a présentés parce que nous connaissions tous les deux Linda Avey, un des membres fondateurs de la première société de génomique personnelle en ligne. Et, parce que nous partagions nos informations génétiques avec Linda, elle pouvait voir que Harriet et moi partagions un type très rare d'ADN mitochondrial, le haplotype K1a1b1a, ce qui signifiait que nous étions des cousins éloignés. En fait, nous avons le même rapport généalogique avec Ozzie, l'homme des glaces. Alors Ozzie, Harriet et moi, puisque c'est dans l'air du temps, nous avons bien sûr créé notre propre groupe Facebook. Vous pouvez tous nous rejoindre. Et quand j'ai rencontré Harriet en personne, l'année suivante à TED, elle avait commandé en ligne nos propres T-shirts "Happy Haplotype". (Rires)
Pourquoi est-ce que je vous raconte cette histoire, et qu'est-ce que ça a à voir avec l'avenir de la santé? Eh bien la façon dont j'ai rencontré Harriet illustre parfaitement comment le fait de tirer profit des technologies transdisciplinaires, en croissance exponentielle affecte l'avenir de notre santé et notre bien-être - de l'analyse génétique à faible coût à la capacité de faire de la bio-informatique puissante à la connexion à Internet et aux réseaux sociaux. Ce dont je voudrais vous parler aujourd'hui est de comprendre ces technologies exponentielles. Nous pensons souvent linéairement. Mais réfléchissez à ceci : si vous avez un nénuphar et qu'il se divise chaque jour - -2, 4 ,8 ,16...- en 15 jours, vous en avez 32 000. Combien pensez-vous que cela fasse, en un mois ? On arrive à un milliard Donc, si nous commençons à penser de façon exponentielle, nous voyons comment cela commence à affecter l'ensemble des technologies qui nous entourent.
Nous pouvons vraiment commencer - je parle en tant que médecin et innovateur - à tirer parti de beaucoup de ces technologies aujourd'hui pour influer sur l'avenir de notre propre santé et nos soins de santé, et pour répondre à bon nombre des problèmes majeurs des services de santé, depuis les coûts vraiment exponentiels jusqu'au vieillissement de la population, la façon dont nous n'utilisons pas très bien les informations aujourd'hui, la fragmentation des soins et souvent le parcours très difficile pour adopter l'innovation. Et l'une des principales choses que nous pouvons faire, nous en avons un peu parlé ici aujourd'hui est de déplacer la courbe vers la gauche. Nous dépensons la plupart de notre argent sur les derniers 20% de la vie. Et si nous pouvions dépenser et inciter les positions dans le système de santé et en nous-mêmes à déplacer la courbe vers la gauche et améliorer notre santé, misant sur la technologie ainsi? Maintenant, l'exemple de technologie exponentielle que je préfère, nous l'avons tous dans la poche. Et, si on y pense, ça a fait des progrès incroyables. Je veux parler ici de l'iPhone 4. Imaginez ce que l'iPhone 8 sera capable de faire.
Maintenant, je suis bien placé pour en avoir une bonne idée. J'ai fait partie du projet pour la partie médicale d'une nouvelle institution appelée Singularity University basée dans la Silicon Valley. Et nous réunissons chaque été une centaine d'étudiants très brillants, venus du monde entier. Nous nous intéressons à ces technologies exponentielles utilisées en médecine, biotechnologie, intelligence artificielle, robotique, nanotechnologies, recherche spatiale, et examinons comment nous pouvons créer une formation transversale et les exploiter pour avancer vers des objectifs majeurs non atteints. Nous avons aussi des formations de 7 jours pour les cadres. En fait, dans quelques mois il y aura un cursus "Future Med", pour aider à la formation transversale et à tirer parti des technologies, dans le domaine de la médecine.
J'ai mentionné le téléphone. Ces téléphones mobiles ont plus de 20 000 applications mobiles différentes disponibles, il y en a même une qu est sortie au Royaume-Uni où vous pouvez faire pipi sur une petite puce connecté à votre iPhone et vérifier vous-même si vous avez une MST. Je ne sais pas si je vais l'essayer, mais elle est disponible. Il y a toutes sortes d'autres applications, qui fusionnent votre téléphone et des diagnostics, par exemple pour mesurer votre taux de glycémie sur votre iPhone et, éventuellement, l'envoyer à votre médecin afin que lui, comme vous, puissiez mieux comprendre votre glycémie si vous êtes diabétique. Voyons maintenant comment ces technologies exponentielles pénètrent les systèmes de santé. Commençons avec l'accélération. Eh bien, c'est pas un secret que les ordinateurs, à travers la loi de Moore, sont de plus en plus rapides.
Ils nous permettent de faire des choses plus puissantes. Ils approchent vraiment, et dans de nombreux cas dépassent, la capacité de l'esprit humain. Mais là où je pense qu'on peut le mieux appliquer la vitesse de calcul c'est dans l'imagerie. La capacité de regarder l'intérieur du corps en temps réel avec une très haute résolution devient vraiment incroyable. Et nous superposons des technologies multiples - les scanners TEP, TDM et le diagnostic moléculaire - pour trouver et chercher des choses à différents niveaux. Ici vous allez voir la plus haute résolution d'IRM faite aujourd'hui, reconstruite de Marc Hodosh, le conservateur du TEDMED. Et maintenant nous pouvons voir à l'intérieur du cerveau avec une résolution et une capacité comme jamais auparavant, et essentiellement apprendre à réparer, et peut-être même à reconstruire ou déconstruire le cerveau pour mieux comprendre la pathologie, la maladie, et la thérapie. Nous pouvons regarder à l'intérieur du cerveau avec l'IRMf en temps réel. Et si nous comprenons ce genre de processus et connections, nous allons comprendre les effets des médicaments ou de la méditation et mieux personnaliser et rendre efficace, par exemple, les drogues psychoactives.
Les scanners pour faire ça deviennent petits, moins coûteux et plus portables. Et l'explosion des données disponibles qu'on en tire est vraiment près de devenir un problème. Le scan d'aujourd'hui représente environ 800 livres, ou 20 gigaoctets. Dans deux ans ce sera un téraoctet, ou 800 000 livres. Comment pouvez-vous tirer parti de ces informations? Soyons personnels. Je ne demanderai pas qui ici a passé une coloscopie, mais si vous avez plus de 50 ans, il est temps de faire votre coloscopie de dépistage. Ça vous dirait d'éviter le bout pointu de la baguette? Eh bien maintenant, il s'agit essentiellement d'une coloscopie virtuelle. Comparez ces deux images, et si vous êtes radiologue, vous pouvez en gros voler à travers le colon de votre patient et, grâce à l'intelligence artificielle, éventuellement identifier, comme vous le voyez ici, une lésion. Oh, nous pourrions l'avoir manquée, mais en utilisant l'IA en plus de la radiologie, nous pouvons trouver des lésions qui n'ont pas été vues auparavant. Et peut-être que cela va inciter des gens à passer des coloscopies qui ne l'auraient pas fait, autrement.
Et ceci est un exemple de ce changement de paradigme. Nous nous dirigeons vers cette intégration des technologies de l'information, de la biomédecine, sans fil et, je dirais, mobiles désormais - cette ère de la médecine numérique. Ainsi, même mon stéthoscope est maintenant numérique. Et bien sûr, il y a une application pour ça. Nous sommes avançons, évidemment, vers l'ère du tricordeur. Donc l'échographie portable surpasse et supplante en gros le stéthoscope. Leur prix atteint maintenant, alors qu'ils coûtaient 100 000 € ou 200 000 dollars, pour 5000 $, je peux avoir la puissance d'un dispositif très puissant de diagnostic dans ma main. Et en fusionnant avec l'avènement des dossiers médicaux électroniques, aux États-Unis, nous sommes encore à moins de 20% d'électronique. Ici, aux Pays-Bas, je pense que c'est plutôt 80%.
Mais maintenant que nous passons à la fusion de données médicales, en la rendant accessible électroniquement, nous pouvons externaliser ouvertement cette l'information. Et maintenant, en tant que médecin, je peux accéder aux données de mes patients où que je sois au moyen de mon appareil mobile. Et maintenant, bien sûr, nous sommes dans l'ère de l'IPAD, même l'iPad 2. Et le mois dernier la première application certifiée par le Ministère de la Santé a été approuvée pour permettre aux radiologues de faire de vraies lectures sur ces sortes d'appareils. Alors certes, les médecins d'aujourd'hui, moi y compris, sont totalement dépendants de ces appareils. Et comme vous l'avez vu il y a tout juste un mois, Watson d'IBM a battu les deux champions du jeu TV Jeopardy.. Donc je veux que vous imaginiez dans deux ou trois ans quand nous aurons commencé à appliquer ces informations sur le cloud lorsque nous aurons vraiment le médecin AI et tiré profit de la connectivité pour prendre des décisions et des faire diagnostics à un niveau comme jamais auparavant. Déjà aujourd'hui, vous n'avez pas besoin d'aller chez votre médecin dans de nombreux cas. Dans seulement environ 20 % des visites réelles, vous avez à toucher le patient. Nous sommes maintenant dans l'ère de visites virtuelles - depuis la visite de type Skype que vous pouvez faire avec la compagnie American Well à Cisco qui a développé un système de présence de santé très complexe.
La capacité d'interagir avec votre fournisseur de système de santé est différente. Et nos appareils aujourd'hui l'augmentent encore. Ici, mon amie Jessica ami m'a envoyé une photo de sa lacération à la tête afin que je puisse lui éviter d'aller aux urgences - je peux faire des diagnostics de cette façon. Ou si nous pouvions tirer parti de la technologie des jeux d'aujourd'hui, comme le Kinect de Microsoft, et les adapter pour permettre le diagnostic, par exemple, dans le cas d'un diagnostic d'une attaque, en utilisant la simple détection de mouvements, en utilisant des dispositifs à cent dollars. Nous pouvons en fait maintenant visiter nos patients avec des robots - c'est le RP7, si je suis hématologue, visiter une autre clinique, visiter un hôpital. On les améliore par toute une série d'outils qui se trouvent en fait dans la maison. Alors imaginez que nous ayons déjà des pèse-personnes connectés sans fil. Vous pouvez monter sur la balance. Vous pouvez tweetter votre poids à vos amis, et ils peuvent vous aider à garder la ligne.
Nous avons des tensiomètres sans fil. On met ensemble une gamme entière de ces technologies. Et plutôt que de porter ces appareils encombrants, nous pouvons mettre un simple patch. Ceci a été développé par des collègues à Stanford, ça s'appelle iRhythm - il supplante complètement la technologie antérieure et coûte bien moins cher et est bien plus efficace. Maintenant, nous sommes aussi dans l'ère, aujourd'hui, de la quantification de soi. Les consommateurs peuvent désormais acheter périphériques pour une centaine de dollars comme ce petit FitBit. Je peux mesurer mes pas, ma dépense calorique. Je peux en avoir un aperçu tous les jours. Je peux le partager avec mes amis, avec mon médecin. Il y a les montres qui vont mesurer votre rythme cardiaque, les moniteurs de sommeil Zeo, toute une série d'outils qui peuvent vous permettre de tirer parti et d'avoir un aperçu de votre propre santé.
Et en commençant à intégrer ces informations, nous saurons mieux quoi en faire et comment avoir un meilleur aperçu de nos propres pathologies, santé et bien-être. Il y a même aujourd'hui des miroirs qui peuvent prendre votre pouls. Et je parierais qu'à l'avenir nous aurons des dispositifs portables dans nos vêtements, qui nous surveilleront 24 / 24 et 7 / 7. Et tout comme nous avons le système OnStar dans les voitures, votre lumière rouge pourra s'allumer - mais il ne dira pas «contrôle du moteur» . Ce sera le voyant «contrôle du corps» et allez le faire réviser. D'ici quelques années, vous irez peut-être vous regarder dans le miroir et il fera votre diagnostic. (Rires) Pour ceux d'entre vous qui ont des gamins à la maison, ça vous dirait d'avoir des couches sans fil qui prendraient en charge votre ... trop d'informations, je pense, plus que vous ne pourriez en avoir besoin. Mais ce sera dispobible.
Nous avons beaucoup entendu parler aujourd'hui de nouvelles technologies et de connexion. Et je pense que certaines de ces technologies vont nous permettre d'être mieux connectés avec nos patients, et de prendre plus de temps et de réellement accomplir les éléments humains importants de la médecine, grâce à l'assistance de ces technologies. Nous avons parlé d'améliorer le patient, dans une certaine mesure. Que diriez-vous d'améliorer le médecin? Nous sommes maintenant dans l'ère où le chirurgien a ces capacités supplémentaires qui lui permettent d'aller à l'intérieur du corps et faire des choses avec la chirurgie robotique, qui est ici aujourd'hui, à un niveau qui n'était pas vraiment possible il y a seulement cinq ans. Maintenant, on l'améliore avec d'autres couches de technologie comme la réalité augmentée. Ainsi, le chirurgien peut voir à l'intérieur du patient, à travers l'objectif, où la tumeur se trouve, où les vaisseaux sanguins se trouvent. On peut y intégrer l'aide à la décision. Un chirurgien à New York peut être aider un chirurgien à Amsterdam, par exemple. Et nous entrons dans une ère de chirurgie vraiment sans cicatrice appelée NOTES, où l'endoscope robotisé peut sortir de l'estomac et retirer la vésicule biliaire sans laisser de cicatrice et de manière robotisée. Et c'est ce qu'on appelle NOTES, c'est pour bientôt, essentiellement la chirurgie sans cicatrice par chirurgie robotisée.
Maintenant que diriez-vous contrôler d'autres éléments? Pour ceux qui ont un handicap, les paraplégiques, voici l'ère de l'interface cerveau-ordinateur, ou ICM (Interface Cerveau Machine), où on met des puces sur le cortex moteur de patients complètement tétraplégiques et ils peuvent contrôler un curseur ou un fauteuil roulant ou même un bras robotisé. Et ces appareils deviennent plus petits et entrent dans un nombre grandissant de ces patients. Toujours en essais cliniques, mais imaginez quand on peut s'y connecter, par exemple, à l'étonnant membre bionique, comme le bras DEKA construit par Dean Kamen et ses collègues, qui a 17 degrés de mouvement et de liberté et peut permettre à la personne qui a perdu un membre d'avoir des niveaux beaucoup plus élevés de dextérité ou de contrôle qu'elle n'a eu par le passé.
En fait nous sommes vraiment entrés dans l'ère de la robotique portable. Si vous n'avez pas perdu un membre (vous avez eu une attaque, par exemple) vous pouvez porter ces membres augmentés. Ou si vous êtes paraplégique, comme j'ai rendu visite aux gens de chez Berkley Bionic, qui ont développé eLEGS. J'ai filmé cette vidéo la semaine dernière. Voici un patient paraplégique qui marche en attachant ces exosquelettes sur lui avec des sangles. Autrement, il est complètement cloué dans un fauteuil roulant. Et maintenant, voici le début de l'ère de la robotique portable. Et je pense qu'en tirant parti de ces technologies, nous allons changer la définition du handicap pour dans certains cas définir une super-capacité, ou une super-capacitation. Voici Aimee Mullins, qui a perdu ses membres inférieurs quand elle était enfant, et Hugh Herr, qui est professeur au MIT qui a perdu ses jambes dans un accident d'escalade. Et maintenant, tous les deux peuvent grimper mieux, aller plus vite, nager différemment avec leurs prothèses que nous, personnes normales.
Maintenant que diriez-vous d'autres exponentielles? De toute évidence, la tendance à l'obésité croît exponentiellement dans la mauvaise direction , avec de surcroît des coûts énormes. Mais la tendance de la médecine est en réalité de la réduire exponentiellement. Alors voici quelques exemples: nous sommes maintenant dans l'ère de "Fantastic Voyage", le iPill. Vous pouvez avaler ce dispositif totalement intégré. Il peut prendre des photos de votre système digestif, aider à diagnostiquer et à traiter en circulant dans votre système digestif. Nous allons vers des micro-robots encore plus petits qui finiront par se déplacer de façon autonome dans votre système et pourront faire des choses que les chirurgiens ne peuvent pas faire d'une façon beaucoup moins invasive. Parfois, ils pourront s'auto-assembler dans votre système digestif et être augmentés dans cette réalité.
En cardiologie, les stimulateurs cardiaques deviennent beaucoup plus facile à placer, vous n'avez donc pas besoin de former un cardiologue chirurgien à les poser.. Et là encore ils vont être télémétrés sans fil pour vos appareils mobiles, pour que vous puissiez vous balader et être surveillé à distance. Ils sont de plus en plus petits. Voici un prototype de Medtronic qui est plus petit qu'un centime. Des rétines artificielles, la capacité à mettre ces dispositifs à l'arrière du globe oculaire et permettre aux aveugles de voir. Encore une fois, ce sont les premiers essais, mais nous allons vers l'avenir. Ces choses-là vont changer la donne. Ou pour ceux d'entre nous qui sont voyants, que diriez-vous d'avoir des lentilles de contact de vie assistée? BlueTooth, WiFi - qui diffusent des images à vos yeux. Et si vous avez du mal à maintenir votre régime alimentaire, une imagerie supplémentaire pourrait vous aider à vous rappeler combien de calories vous allez consommer.
Que diriez-vous de permettre au pathologiste d'utiliser son téléphone portable pour voir à un niveau microscopique et pour renvoyer les données dans le Cloud et faire un meilleur diagnostic? En fait, toute l'ère de la médecine de laboratoire est en train de changer complètement. Nous pouvons maintenant nous servir de la microfluidique, comme avec cette puce créée par Steve Quake à Stanford. La microfluidique peut remplacer tout un laboratoire de techniciens. Mettez-la sur une puce, ça permettra de faire des milliers de tests dans les centres de soins, partout dans le monde. Et ceci va réellement faire profiter les populations rurales et les moins bien desservies de la technologie et permettre de faire pour quelques centimes des tests qui avant coûtaient des milliers de dollars directement dans les centres de soins. Si nous avançons plus loin dans cette voie, nous entrons dans l'ère de la nanomédecine, la capacité de fabriquer des dispositifs extrêmement petits au point où nous pouvons concevoir des globules rouges ou des microrobots qui surveilleront notre système sanguin ou notre système immunitaire, ou qui pourraient même évacuer les caillots de nos artères.
Maintenant que diriez-vous que ce soit exponentiellement moins cher? On ne pense généralement pas à ça dans l'ère de la médecine, mais avant, les disques durs coûtaient 3400 $ pour 10 Mo - exponentiellement moins cher. En génomique maintenant, le génome coûtait environ un milliard de dollars il y a environ 10 ans quand le premier est sorti. Nous sommes désormais près d'un génome à mille dollars. L'an prochain ou dans deux ans, nous verrons probablement un génome à cent dollars. Qu'allons-nous faire avec des génomes à cent dollars? Et bientôt nous allons avoir des millions de ces tests disponibles. Et c'est là que ça devient intéressant, quand on commence externaliser ces informations de façon ouverte. Et nous entrons dans l'ère de la vraie médecine personnalisée - le bon médicament pour la bonne personne au bon moment - au lieu de ce que nous faisons aujourd'hui, le même médicament pour tout le monde - en quelque sorte des médicaments vedette, des médicaments qui ne fonctionnent pas pour vous, l'individu. Et beaucoup, beaucoup d'entreprises différentes travaillent sur l'exploitation de ces approches.
Et je vais aussi vous montrer un exemple simple, encore tiré de 23andMe. Mes données indiquent que j'ai un risque moyen de développer une dégénérescence maculaire, une sorte de cécité. Mais si je prends ces mêmes données, et je les transfére à deCODEme, je peux regarder mon risque de diabète de type 2 par exemple. J'ai presque deux fois plus de risque de diabète de type 2. Je pourrais avoir besoin de faire attention à la quantité de dessert au déjeuner par exemple. Ça pourrait changer mon comportement. En s'appuyant sur ma connaissance de ma pharmacogénomique - comment mes gènes modulent, ce que mes médicaments font et quelles doses il me faut, tout cela va devenir de plus en plus important, et une fois dans les mains de l'individu et du patient, permettra un meilleur choix et un meilleur dosage des médicaments.
Encore une fois, ce n'est pas seulement les gènes, ce sont des multiples détails - nos habitudes, notre environnement. À quand remonte la dernière fois que votre médecin vous a demandé où vous avez vécu? La géomedicine: l'endroit où vous avez vécu, ce à quoi vous avez été exposé, peut considérablement affecter votre santé. Nous pouvons saisir ces informations. Alors la génomique, la protéomique, l'environnement, toutes ces données qui nous arrivent en continu, à chacun de nous, pauvres médecins, comment les gérons-nous? Eh bien, nous sommes maintenant entrés dans l'ère de la médecine des systèmes, ou la biologie des systèmes, où nous pouvons commencer à intégrer toutes ces informations. Et en observant les modèles, par exemple, dans notre sang de 10 000 biomarqueurs en un seul test, nous pouvons commencer à regarder ces petits modèles et détecter la maladie à un stade beaucoup plus précoce. Lee Hood, le père de ce domaine, a appelé cela la médecine P4. Nous allons devenir prédictifs ; nous allons savoir ce que vous êtes susceptible d'avoir. Nous pouvons être préventifs ; cette prévention peut être personnalisée ; et plus important encore, elle va devenir de plus en plus participative. Grâce à des sites web comme Patients Like Me ou en gérant vos données sur Microsoft HealthVault ou Google Health, le fait de tirer parti de tout ça ensemble de façon participative va devenir de plus en plus important.
Alors je terminerai par l'exponentiellement meilleur. Nous aimerions avoir des thérapies meilleures et plus efficaces. Aujourd'hui, nous traitons l'hypertension artérielle essentiellement avec des pilules. Et si nous avait un nouveau dispositif qui élimine les vaisseaux nerveux qui aident à la régulation de la pression artérielle pour guérir l'hypertension avec un seul traitement ? Voilà un nouvel appareil qui fait cela. Il devrait être mis sur le marché d'ici un an ou deux. Que diriez-vous de thérapies plus ciblées pour le cancer? Bon, je suis oncologue et je dois dire que la plupart de ce que nous donnons est en fait du poison. Nous avons appris à Stanford et ailleurs que nous pouvons découvrir des cellules souches du cancer, celles qui semblent être vraiment responsables de métastases. Donc si vous pensez au cancer comme à une mauvaise herbe, nous pouvons souvent désherber. Il semble récéder, mais il revient souvent. Nous nous attaquons la mauvaise cible. Les cellules souches du cancer demeurent, et la tumeur peut revenir des mois ou des années plus tard. Nous sommes en train d'apprendre à identifier les cellules souches du cancer et à les identifier comme cibles et viser la guérison à long terme. Et nous entrons dans l'ère de l'oncologie personnalisée, la possibilité d'exploiter toutes ces données ensemble, d'analyser la tumeur et de trouver un véritable cocktail spécifique pour chaque patient.
Maintenant, je vais conclure avec la médecine régénérative. J'ai étudié beaucoup de choses sur les cellules souches - les cellules souches embryonnaires sont particulièrement puissantes. Nous avons aussi des cellules souches adultes dans tout notre corps. Nous les utilisons dans mon domaine de la transplantation de moelle osseuse. Geron, l'année dernière, a commencé le premier essai en utilisant des cellules souches embryonnaires pour traiter la construction de la moelle épinière. Ce sont encore les tout premiers essais, mais en pleine évolution. En fait, nous utilisons les cellules souches adultes dans les essais cliniques depuis environ 15 ans pour aborder un large éventail de sujets, en particulier dans les maladies cardiovasculaires. Si nous prenons nos propres cellules de moelle osseuse et traitons un patient qui fait une crise cardiaque, nous pouvons voir la fonction cardiaque et la survie nettement améliorées en utilisant nos propres cellules de moelle osseuse après une crise cardiaque.
J'ai inventé un appareil appelé le MarrowMiner, une façon beaucoup moins invasive de prélever de la moelle osseuse. Il est maintenant approuvé par le Ministère de la Santé, et nous espérons qu'il sera sur le marché l'an prochain. Vous avez la chance de pouvoir apprécier l'appareil se faufilant à travers le corps des patients et y prélevant de la moelle osseuse, avec une seule ponction sous anesthésie locale, au lieu de le faire avec 200 ponctions.
Mais vers où va réellement la thérapie des cellules souches ? Si vous y réfléchissez, chaque cellule de votre corps a le même ADN que vous aviez lorsque vous étiez un embryon. Nous pouvons maintenant reprogrammer les cellules de votre peau pour qu'elles agissent comme une cellule souche embryonnaire pluripotente et les utiliser potentiellement pour traiter plusieurs organes dans ce même patient - en créant votre propre ligne personnalisée de cellules souches. Et je pense qu'il y aura une nouvelle ère de conservation de vos propres cellules souches que dans le congélateur vous aurez vos propres cellules cardiaques, myocytes et cellules neurales à utiliser dans le futur, si vous en avez besoin. Et nous intégrons maintenant ça avec toute une ère d'ingénierie cellulaire. Et nous intégrons les technologies exponentielles pour l'impression des organes en 3D - en remplaçant l'encre par des cellules et construire et reconstruire un organe en 3D.
C'est ce vers quoi nous allons ; nous n'en sommes qu'au début. Mais je pense que, pour ce qui est de l'intégration des technologies exponentielles, c'est l'exemple. Donc pour finir, si vous réfléchissez à la direction que prend l'évolution technologique et son impact sur la santé et la médecine, nous entrons dans une ère de miniaturisation, de décentralisation et de personnalisation. Et je pense qu'avec tout ça, si nous pouvons commencer à réfléchir à la façon de le comprendre et d'en tirer parti, nous allons responsabiliser le patient, permettre au médecin d'être efficace, améliorer le bien-être et commencer à guérir les bien-portants avant qu'ils soient malades. Parce que je sais en tant que médecin, si quelqu'un vient à moi au premier stade d'une maladie, je suis ravi - nous pouvons souvent les guérir. Mais souvent il est trop tard et c'est un cancer de stade 3 ou 4, par exemple. Ainsi, en s'appuyant sur ces technologies ensemble, je pense que nous allons entrer dans une ère nouvelle que je me plais à appeler la médecine stade zéro. Et en tant que cancérologue, je suis impatient d'être au chômage.
You can share this video by copying this HTML to your clipboard and pasting into your blog or web page. This video will play with subtitles.
You either have JavaScript turned off or have an old version of the Adobe Flash Player. To view this rating widget you
need to get the latest Flash player.
If your browser allows only "trusted sites" to execute Javascript, you should add the "googleapis.com" domain to your whitelist to allow our Flash detection to work properly.
Got an idea, question, or debate inspired by this talk? Start a TED Conversation.
A TEDxMaastricht, Daniel Kraft nous offre un aperçu rapide des innovations médicales des années à venir, rendues possibles par de nouveaux outils, des tests et applications qui fournissent les informations des diagnostiques directement au chevet du patient.
Daniel Kraft is a physician-scientist, inventor and innovator. He chairs the FutureMed program at Singularity University, exploring the impact and potential of rapidly developing technologies as applied to health and medicine. Full bio »
Translated into French by Elisabeth Buffard
Reviewed by Pascal Delamaire
Comments? Please email the translators above.
04:14 Posted: Jul 2009
Views 321,722 | Comments 73
18:55 Posted: Jun 2009
Views 336,504 | Comments 101
Just follow the guidelines outlined under our Creative Commons license.
This comment will be attributed to . Not ? Sign Out.