J'avais 15 ans quand j'ai commencé à m'intéresser à l'énergie solaire. Ma famille avait déménagé depuis Fort Lee, New Jersey, jusqu'en Californie, et nous sommes passés de la neige aux hautes températures et aux files d'attente à la pompe à essence. Le carburant était rationné en 1973. La crise énergétique était à son paroxysme
J'ai commencé à lire "Popular science magazine", et j'étais vraiment enthousiasmé par le potentiel de l'énergie solaire en tant que solution potentielle à cette crise. Je venais de découvrir la trigonométrie au lycée, j'avais appris ce qu'est une parabole et comment elle peut concentrer les rayons de lumière en un seul point. J'étais vraiment enthousiasmé. Et j'étais convaincu qu'il y avait du potentiel pour construire un truc qui pourrait concentrer la lumière.
Du coup, j'ai créé cette boîte appelée "Solar Devices". Et c'était une entreprise dans laquelle je construisais des paraboles je travaillais dans l'atelier métallurgie, et je me souviens quand je rentrais dans cet atelier et que je fabriquais des paraboles et des moteurs Stirling. Je construisais ces machines de Stirling sur un tour, et tous les bikers -- les motards --, se ramenaient et me disaient, "Tu construis une chicha pas vrai ?" et je leur disais, "Non non, c'est un moteur Stirling. Je vous assure." Mais ils n'ont jamais voulu me croire.
J'ai vendu les plans de ce moteur et de la parabole sur la dernière page du Popular Science magazine, à 4 dollars pièce. Et j'ai gagné assez d'argent pour ma première année a Caltech. C'était vraiment très excitant pour moi d'intégrer Caltech.
Pendant ma première année là-bas, j'ai continué à faire des affaires. Mais à partir de la seconde année à Caltech, ils ont commencé à nous donner des notes. La première année c'était un système réussite/échec, mais la seconde était notée. Du coup, je n'ai pas pu continuer m'occuper de ma boite, et je me suis engagé sur une autre voie pendant 25 ans. Mon rêve était de convertir l'énergie solaire à très bas coût, mais finalement je me suis détourné de ce rêve pendant longtemps. D'abord les études à Caltech.
Ensuite, après avoir été diplômé de Caltech, le premier PC d'IBM est sorti, et je suis devenu accro au PC d'IBM en 1981. Ensuite, en 1983, Lotus 1-2-3 est sorti, et j'étais totalement bluffé par Lotus 1-2-3. J'ai commencé à gérer mon business avec 1-2-3, j'ai commencé à écrire des add-ins pour 1-2-3, j'ai aussi créé un langage d'interface pour 1-2-3. J'ai lancé une entreprise de logiciels éducatifs après avoir rejoint Lotus Et ensuite j'ai fondé Idealab, pour avoir une structure dans laquelle je pourrais monter plusieurs entreprise les unes après les autres.
Ensuite, bien plus tard - en 2000, très récemment, la nouvelle crise énergétique en Californie - ou ce qui avait été présenté comme une grande crise énergétique - se profilait. Et je me demandais par quel moyen on pourrait fabriquer quelque chose qui tirerait profit de la situation et qui permettrait de fournir aux gens une énergie d'appoint, au cas où la crise viendrait vraiment. et j'ai commencé à chercher comment on pourrait produire des système de batteries de secours qui pourraient fournir de l'électricité aux gens pendant 5 heures, 10 heures, voire une journée entière, ou l'équivalent de trois jours de réserve d'énergie.
Je suis ravi que vous l'ayez entendu plus tôt aujourd'hui, car les batteries sont -- ont une densité d'énergie beaucoup plus faible que celle du pétrole. Donc on peut stocker beaucoup plus d'énergie avec du pétrole qu'avec des batteries. Vous auriez à remplir tout votre garage, à l'endroit où vous garez votre voiture juste pour pouvoir fournir quatre heures d'électricité de secours. Et j'ai fini par conclure, après avoir étudié toutes les autres technologies envisageables pour stocker de l'énergie - les volants d'inerties, ou d'autres types de batteries - que c'était vraiment pas pratique de stocker l'énergie.
Mais alors, pourquoi ne pas en produire ? On pourrait peut-être produire de l'énergie. Je me suis demandé : peut-être que le solaire est devenu attractif. Ça faisait 25 ans que je ne m'y étais pas intéressé, alors faisons le point sur l'évolution des panneaux solaires. Le prix était passé de 10 dollars le Watt à 4 ou 5 dollars le Watt, et il s'était stabilisé. Et il fallait vraiment qu'il baisse plus que ça pour atteindre un bon rendement énergétique.
J'ai étudié toutes les nouveautés des panneaux solaires, et j'essayais de trouver une voie dans laquelle on pourrait innover de façon à produire des panneaux solaires à des coûts bien plus bas. Il y a beaucoup de voies qui sont explorées pour y arriver, mais fondamentalement, le procédé nécessite un énorme apport d'énergie. Certains prétendent même qu'il faut plus d'énergie pour fabriquer un panneau solaire qu'il n'en produira pendant toute sa vie. On peut toujours espérer, si l'on réduit la quantité d'énergie nécessaire pour fabriquer une cellule photovoltaïque, que cela deviendra plus pratique. Mais dans l'immédiat, pour faire des cellules photovoltaïques, vous devez prendre de la silice et la mettre dans un four à 900°C pendant 17 heures. Il y a beaucoup de gens qui essayent de trouver des solutions pour réduire ça, mais moi je ne pouvais pas contribuer à grand chose dans ce domaine. J'ai donc essayé de trouver d'autres moyens de produire de l'électricité solaire à bas coût.
Et j'ai eu cette idée : pourquoi on ne collecterait pas la lumière du soleil avec de grands miroirs? un peu comme ce à quoi je pensais il y a bien longtemps, quand j'étais au lycée. Mais peut-être qu'avec la technologie de maintenant, on pourrait faire un grand collecteur de lumière, moins cher, qui concentrerait la lumière sur un petit convertisseur, et du coup ce convertisseur n'aurait pas à être si cher, car il serait bien plus petit que des panneaux solaires, qui doivent couvrir toute la surface sur laquelle vous voulez récupérer l'énergie solaire. Ça paraissait envisageable maintenant, parce qu'un tas de nouvelles technologies étaient apparues depuis que j'avais arrêté de m'y intéresser, 25 ans plus tôt.
En premier lieu, il y avait beaucoup de nouvelles techniques de fabrication, sans parler des moteurs miniatures, très bon marché, moteurs sans balais, servomoteurs, moteurs pas à pas, qui sont utilisés dans les imprimantes, les scanners et les autres appareils dans le style. Ça c'est une innovation majeure. Il y a aussi les microprocesseurs bon marché, et aussi une découverte très importante : les algorithmes génétiques.
Je ne vais pas m'étendre sur les algorithmes génétiques. C'est sont de puissants outils pour résoudre des problèmes difficiles à traiter, en utilisant la sélection naturelle. Vous prenez un problème auquel vous ne pouvez pas apporter une réponse purement mathématique, vous construisez un système évolutif pour effectuer des essais multiples à tâtons, vous ajoutez du sexe - c'est à dire que vous prenez la moitié d'une solution et la moitié d'une autre pour faire de nouvelles mutations - et vous utilisez la sélection naturelle pour éliminer les solutions les moins bonnes. En général, avec un algorithme génétique sur un ordinateur actuel, avec un processeur à trois gigahertz, vous pouvez résoudre un bon paquet de problèmes que l'on disait jusque là insolubles, et cela quelques minutes à peine. On a essayé de mettre en place une façon d'utiliser ces algorithmes génétiques pour créer un nouveau type de concentrateur. Et je vais vous montrer ce qu'on a obtenu.
D'habitude, un concentrateur ressemble à ça. Ces formes ce sont des paraboles. Elles prennent tous les rayons lumineux qui arrivent parallèlement les uns aux autres, et les concentrent un seul point. Elles doivent suivre le soleil, parce qu'elle doivent pointer directement vers lui. En général, elles tolèrent un écart d'un degré avec leur position idéale. cela signifie que dès qu'elles sont désaxées de plus d'un degré, aucun des rayons lumineux n'atteindra la cible. On a donc essayé de trouver un moyen pour fabriquer un collecteur de lumière qui n'ait plus à suivre le soleil, un collecteur qui rassemblerait les rayons lumineux sur bien plus d'un degré, sans pièces mobiles. On a donc créé un algorithme génétique pour trouver une solution, on a fait un modèle XL d'un réflecteur multi-surface, et une chose fantastique a évolué, évolué au sens propre, sur plus d'un milliard de cycles, un milliard de tentatives différentes, avec une fonction d'ajustement qui définissait comment collecter le plus de lumière, avec les plus grands angles, sur une journée complète.
Et voici la forme après évolution. C'est un collecteur non-suiveur, avec ses six cornes qui ressemblent à des tuyaux de tuba, et chacune d'entre elles collecte la lumière de la manière suivante : si la lumière arrive précisément ici, elle sera réfléchie directement vers le centre, le point chaud, mais si le soleil est hors-axe et vient du côté, on aura deux points d'impacts, et donc deux réflexions. Donc pour la lumière directe, on a besoin d'une seule réflexion, mais pour la lumière hors-axe, peut-être deux, et si la lumière est vraiment désaxée, on aura peut être besoin de trois réflexions. L'efficacité diminue avec le nombre de réflexions, car on perd à peu près 10 % à chaque réflexion. Mais ça nous permet de collecter la lumière sur un angle de plus ou moins 25 degrés. Donc, pendant environ deux heures et demie dans une journée, on peut collecter l'énergie solaire avec un système statique.
Mais les cellules photovoltaïques collectent la lumière pendant quatre heures et demie. En une journée, un panneau solaire... parce que le soleil se déplace dans le ciel, la performance du panneau solaire a la forme d'une fonction sinus et donc diminue pour la lumière très desaxée. Ils collectent le rayonnement du soleil pendant quatre heures et demie en moyenne. Donc, même ça, même si ça a un bon rendement sans partie mobile - et qu'on pouvait atteindre de hautes températures - ce n'était pas assez. On devait battre les panneaux solaires. Donc on s'est penché sur une autre idée.
On a cherché comment on pourrait diviser une parabole en pétales qui suivraient le soleil indépendemment. Donc, ce que vous voyez là, c'est 12 pétales différents, chacun peut être contrôlé par un microprocesseur individuel qui ne coûte pas plus d'un dollar. On peut acheter un microprocesseur de deux mégahertz pour un dollar, de nos jours. Et vous pouvez trouver des moteurs pas à pas qui sont quasi inusables, parce qu'ils sont sans balais, pour seulement un dollar. On peut donc contrôler ces 12 pétales pour moins de 50 dollars, et ce que ça va nous permettre de faire, c'est, au lieu de bouger la cible, de bouger seulement les pétales. Le système tout entier devient beaucoup plus large que haut, et permet aussi de collecter la lumière pendant six heures et demie à sept heures par jour.
Mais une fois qu'on a concentré les rayons lumineux, qu'est-ce qu'on va mettre au centre pour convertir cette lumière en électricité ? Nous avons essayé d'étudier tous les différents moteurs thermiques utilisés par le passé pour convertir de la lumière en électricité, ou de la chaleur en électricité. Et un des des meilleurs de tous les temps, la machine à vapeur de James Watt, créée en 1788, était une avancée considérable. En fait James Watt n'a pas inventé la machine à vapeur, il l'a juste améliorée. Mais les amélioration qu'il a apportées sont phénoménales. Il a ajouté des guides linéaires pour le mouvement des pistons, il a ajouté un condenseur pour refroidir la vapeur en dehors du cylindre, il a créé le moteur double-action, ce qui a doublé sa puissance. C'était des innovations majeures. Je veux dire, toutes ces améliorations... ça justifie pleinement que notre unité pour la puissance aujourd'hui, le watt, porte son nom. Donc on a étudié ce moteur, et il avait du potentiel. Les moteurs à vapeur sont dangereux, et ils ont eu un impact énorme sur notre monde, comme vous savez - la révolution industrielle, les bateaux, les locomotives... Mais ils sont plus efficaces lorsqu'ils sont gros, ce qui les rend peu adaptés à une production d'énergie décentralisée. Et ils fonctionnent aussi à très haute pression, ce qui les rend dangereux.
Un autre type de moteur est le moteur à air chaud. Et le moteur à air chaud, lui non plus, n'a pas été inventé par Robert Stirling, mais Robert Stirling s'y est intéressé en 1816 et l'a radicalement amélioré. Ce moteur... il est très intéressant, il ne fonctionne qu'à l'air, sans vapeur, et on en a développé des centaines de variantes au fil des ans, qui utilisent le principe du moteur de Stirling.
Mais après le moteur Stirling, Otto est entré en scène, et là encore, il n'a pas inventé le moteur à combustion interne, il l'a juste amélioré. Il l'a révélé à Paris en 1867, et c'était une avancée majeure parce qu'il a considérablement augmenté la densité de puissance du moteur. Vous pouviez désormais avoir bien plus de puissance dans un volume bien plus faible et cela permettait d'utiliser ce moteur dans des applications mobiles. Et, une fois que vous avez la mobilité, vous faites beaucoup de moteurs pour équiper beaucoup d'éléments, a contrario des navires à vapeur ou des grandes usines qui n'ont pas besoin d'autant d'éléments, donc c'est ce moteur qui a bénéficié de la production en série, et tous les autres moteurs n'en ont pas bénéficié. Et, comme on l'a produit en série, les coûts ont été réduits, on l'a amélioré pendant un siècle, les émissions ont été réduites, le rendement accru. Des centaines de millions de moteurs à combustion interne ont été fabriqués, à comparer aux milliers de moteurs Stirling fabriqués. Et c'est encore bien plus que le nombre de petites machines à vapeur qui ne sont plus utilisées seules les grosses sont encore utilisées pour les gros chantiers. Donc après avoir étudié ces trois moteurs, et 47 autres, nous avons conclu que le moteur Stirling était celui qu'il fallait utiliser.
Je vais vous expliquer brièvement notre approche, et aussi comment ce moteur fonctionne. Nous avons essayé de concevoir le moteur Stirling de façon originale, parce qu'il était pratique - le poids n'entrant pas en compte dans le cas qui nous intéresse. Le moteur a combustion interne s'est développé parce que le poids était un facteur important puisqu'on était mobile. Mais si vous voulez produire de l'énergie solaire en un endroit donné, le poids importe peu. Notre autre découverte a été que l'efficacité n'est pas si importante si votre source d'énergie est gratuite. Habituellement, l'efficacité est capitale car le coût du carburant pour votre moteur, au cours de sa vie, dépasse le coût initial du moteur. Mais si votre source d'énergie est gratuite, alors la seule chose qui compte c'est le coût initial du moteur. Donc vous ne voulez pas optimiser son efficacité, vous voulez optimiser la puissance délivrée par dollar. Donc, en utilisant cela, ce nouveau critère, nous avons pensé que nous pouvions ré-étudier le moteur Stirling, à l'aide de quelques algorithmes génétiques.
Typiquement, Robert Stirling n'avait pas eu Gordon Moore avant lui pour lui accorder la puissance d'un processeur de trois gigahertz. Donc nous avons utilisé le même algorithme génétique que nous avions utilisé pour faire le concentrateur, qui ne nous avait pas satisfait, et nous l'avons appliqué au moteur Stirling, pour rendre sa forme et ses dimensions optimales en vue d'obtenir le plus de puissance par dollar, sans souci du poids, sans souci de la taille, pour convertir le plus d'énergie solaire possible, parce que le soleil est gratuit.
Et c'est donc le procédé que nous avons utilisé... laissez-moi vous montrer comment ce moteur fonctionne. Le moteur thermique, ou moteur à air chaud, le plus simple de tous les temps, serait celui-ci : prenez une boîte, un boîtier en acier, avec un piston. Placez une flamme en-dessous, le piston monte. Retirez la flamme et versez de l'eau, ou laissez refroidir, et le piston redescend. Voilà un moteur thermique. C'est grosso modo le moteur thermique le plus simple que vous puissiez trouver. Le problème c'est que son efficacité est d'un centième de pour cent, parce que vous chauffez tout le métal du récipient et vous refroidissez tout le métal, à chaque fois. Et vous ne récupérez que la puissance venant de l'air que vous avez chauffé, tout en perdant l'énergie qui sert à chauffer et à refroidir le métal. Alors quelqu'un a eu cette très bonne idée, de ... au lieu de chauffer tout le cylindre, puis refroidir tout le cylindre, pourquoi ne pas placer un intermédiaire à l'intérieur : une petite pièce qui fait la navette de bas en haut. Vous faites bouger ça vers le haut ou le bas au prix d'un peu d'énergie mais désormais vous déplacez uniquement l'air vers la partie basse, chaude, et vers la partie haute, froide, vers le chaud en bas et vers le froid en haut. Donc, désormais vous n'alternez plus entre chauffage et refroidissement du métal, vous alternez juste entre chauffage et refroidissement de l'air. Ce qui vous permet d'augmenter l'efficacité depuis centième de pour cent jusqu'à deux pour cent.
Puis Robert Stirling est arrivé avec cette idée géniale, à savoir, qu'en fait je ne chauffe plus le métal maintenant, avec ce type de moteur, mais je chauffe encore tout le volume d'air. Je chauffe puis refroidit tout le volume d'air, à chaque fois. Mais si je plaçais une "éponge thermique" au milieu, là où l'air doit passer pour aller vers le chaud ou le froid ? Il a donc fabriqué des réseaux de fils, du verre craquelé, et toutes sortes de matériaux pour en faire des éponges thermiques. Donc quand l'air monte de la partie chaude vers la partie froide il donne un peu de sa chaleur à l'éponge. Et quand l'air redescend après avoir été refroidi il récupère cette chaleur. Donc vous réutilisez votre énergie cinq ou six fois ce qui fait monter l'efficacité entre 30 et 40 pour cent. C'est peu connu, mais c'est une invention brillante, un trait de génie de Robert Stirling Cela permet au moteur à air chaud de devenir un système pratique - contrairement à ce que j'avais pensé lorsque j'avais fait la version simple au lycée - et même un système qui a du potentiel, une fois que l'efficacité est meilleure, si vous pouvez le concevoir de façon à ce qu'il ne coûte pas cher.
On s'est donc engagés dans une démarche de réduction maximale du coût. Nous avons construit un super modèle mathématique représentant le moteur Stirling. Nous y avons appliqué l'algorithme génétique. Nous en avons tiré les résultats pour le moteur optimal. Nous avons construit des moteurs - 100 moteurs différents au cours des deux dernières années. Nous avons pris des mesures, ajusté les modèles en fonction, et cela nous a mené au prototype actuel. Ça nous a mené à un moteur très compact, et peu cher, et qui ressemble à ceci. Laissez-moi vous montrer en vrai ce que ça donne. Voilà donc le moteur. C'est juste un petit cylindre, ici, qui contient le générateur ; le câblage ; et voici la calotte chaude - le cylindre chaud sur le dessus - ici ça chauffe, ici c'est froid, et de l'électricité en sort. Ça marche aussi dans l'autre sens. Si vous alimentez en électricité, cette partie chauffera et celle-ci refroidira, vous avez de la réfrigération. C'est donc un cycle complètement réversible, un cycle très efficace, et assez simple à fabriquer.
Donc maintenant il faut assembler les deux idées. Vous avez le moteur, et maintenant qu'est-ce qui se passe si vous combinez les pétales avec le moteur au centre. Les pétales suivent le soleil et le moteur reçoit la lumière concentrée, et transforme cette chaleur en électricité. Voici à quoi ressemblait le premier prototype de ce système avec les pétales et le moteur au centre. Le voilà en action, au soleil, et maintenant je veux vous montrer à quoi ça ressemble en vrai. (Applaudissements) Merci.
Donc voici un appareil avec 12 pétales. Ces pétales coûtent chacun environ un dollar - léger, en plastique moulé par injection, recouvert d'aluminium. Le mécanisme qui contrôle chaque pétale est là en-dessous, avec chacun un microprocesseur. On a des thermocouples sur le moteurs - de petits capteurs qui détectent la chaleur quand les rayons solaires les frappent. Chaque pétale se positionne individuellement pour y conserver la température maximale. Quand le soleil apparaît le matin, les pétales cherchent le soleil, et le trouvent en cherchant la température maximale. Environ une minute et demie, deux minutes, après que les rayons ont commencé à frapper la calotte chaude, le moteur est assez chaud pour démarrer et ensuite le moteur produit de l'électricité pendant à peu près six heures et demie par jour - de six heures et demie à sept heures, au fur et à mesure de la course solaire.
Un point important dont nous pouvons tirer avantage est le fait que ces microprocesseurs bon marché et chacun de ces pétales sont autonomes, et chaque pétale arrive à trouver le soleil sans intervention de l'utilisateur. Donc pas besoin de dire à quelle latitude et longitude l'on se trouve, pas besoin d'entrer l'inclinaison de votre toit, pas besoin de préciser l'orientation. Ce n'est pas nécessaire. Le principe est qu'ils cherchent le point le plus chaud, et qu'ils le cherchent à nouveau une demie heure plus tard, et à nouveau le lendemain, ils le cherchent à nouveau un mois plus tard. Fondamentalement, ça détermine où vous êtes sur Terre en observant la course du soleil donc vous n'avez pas à vous occupez de cela.
Voilà la façon dont cet appareil fonctionne : quand le soleil apparaît le moteur démarre et vous récupérez du courant par ici. On a du AC et DC, on récupère du 12 volts DC qui peut être utilisé pour certaines applications. On a un onduleur aussi, qui vous sort du 117 volts AC, et vous récupérez aussi de l'eau chaude. L'eau chaude est en option. Vous n'êtes pas obligés d'utiliser l'eau chaude, elle refroidira toute seule. Mais vous pouvez l'utiliser pour chauffer de l'eau, ce qui augmente encore l'efficacité puisque une partie de la chaleur que d'ordinaire vous perdez deviendra de l'énergie utile, que ce soit pour une piscine ou de l'eau chaude.
Je vais vous montrer un petit film pour vous montrer à quoi ça ressemble en action. C'est le premier test que nous avons effectué en extérieur, vous pouvez voir chaque pétale chercher individuellement. Ils le font par étape, très grossière au début, et beaucoup plus précise ensuite. Une fois que la température mesurée par le thermocouple indique qu'ils ont trouvé le soleil, ils ralentissent et passent à la recherche précise, ensuite tous les pétales se mettent en position, et le moteur démarre.
Donc, nous avons travaillé sur ce projet les deux dernières années. Nous sommes enthousiasmés par les progrès, même s'il nous reste encore du chemin à faire, comme je vais vous l'expliquer. Voici ce à quoi nous aimerions aboutir, pour des installations résidentielles, vous auriez probablement plus d'un appareil sur votre toit. Vous pouvez les placer sur votre toit, dans votre jardin, ou ailleurs. Vous n'êtes pas obligés d'avoir suffisamment d'unités pour alimenter entièrement votre maison, vous économisez de l'argent avec chaque appareil que vous rajoutez. Donc vous êtes toujours raccordé au réseau, dans ce type d'application, en tant que source secondaire - pour la nuit bien sûr, ainsi que pour les jours nuageux où vous ne pouvez pas l'utiliser.
Mais vous réduisez votre consommation, particulièrement aux périodes de forte demande - typiquement lorsque vous avez activé l'air conditionné, ou autre chose de ce genre - cet appareil produit le plus d'électricité aux périodes de forte demande, donc en cela c'est très complémentaire du réseau. Voilà ce que nous envisageons au niveau résidentiel.
Nous pensons aussi qu'il y a un gros potentiel pour les fermes énergétiques, en particulier dans les contrées reculées qui reçoivent beaucoup de soleil. Cette combinaison des deux facteurs est une aubaine. Il s'avère qu'il y a beaucoup de zones dans le monde où l'intensité du rayonnement solaire est très fort, mais surtout à des endroits ou il est assez économique de placer ces engins et aussi en beaucoup d'endroits où le vent est très fort.
Prenons un exemple : voici la carte des États-Unis. À peu près partout où ce n''est ni vert ni bleu est un endroit vraiment idéal, mais même les zones vertes et bleues sont bonnes, elles sont juste moins bonnes que les zones rouges, oranges et jaunes. Mais le point chaud autour de Las Vegas et la Valée de la Mort, et sa région, est très, très bon.
Et tout cela ne change que la durée du retour sur investissement, ça ne signifie pas que vous ne pouvez pas utiliser l'énergie solaire, car vous pouvez l'utiliser n'importe où sur Terre. Ça modifie juste le délai avant que cela soit rentable, comparé à l'électricité du réseau. Mais si vous n'êtes pas connecté au réseau, alors la question de la rentabilité devient tout autre. C'est juste combien de watts vous obtenez par dollar, et comment vous pouvez profiter de l'utilisation de cette énergie pour modifier certains aspects de votre vie.
Voici la carte des États-Unis. Voici la carte du monde entier. Et une fois encore, vous pouvez voir une large bande au milieu qui correspond à peu près à la zone où l'on trouve une large partie de la population, L'énergie solaire possède un très fort potentiel. Et bien sûr, regardez l'Afrique. C'est tout bonnement incroyable à quel point le solaire pourrait être efficace là bas, et je suis vraiment enthousiaste à l'idée de pouvoir trouver de nouvelles voies pour y remédier.
Donc, pour conclure, je dirai que mon parcours personnel m'a montré que l'on peut revoir les anciennes idées sous un jour nouveau, et que parfois les idées mises de côté par le passé peuvent s'avérer meilleures maintenant, en prenant en compte les nouvelles technologies, ou en changeant de critères d'évaluation. Nous croyons vraiment nous approcher d'un système pratique et abordable. Notre but à court terme est d'être moitié moins cher que les panneaux solaires, et notre but à long terme est d'être rentable en moins de cinq ans. Et avec une rentabilité en moins de cinq ans, tout à coup cela devient vraiment économique.
Il n'est donc plus question uniquement d'avoir une attitude responsable sur le plan énergétique pour vouloir vous équiper. C'est juste du bon sens économique. Pour l'instant, le retour sur investissement du solaire oscille entre 30 et 50 ans. Si on le ramène en-dessous de cinq ans, alors ça devient un automatisme, parce que l'intérêt d'en acheter un - quelqu'un d'autre le financera pour vous et vous pouvez juste gagner de l'argent, quasiment dès l'installation. Voilà le but à forte portée que nous nous efforçons vraiment d'atteindre, dans l'entreprise.
Deux autres chose que j'ai apprises et qui m'ont vraiment surpris - la première est que nous sommes très peu attentifs à notre comportement énergétique. Quand j'ai marché de l'ascenseur jusqu'ici, et même simplement en regardant la scène en ce moment, il y a probablement 20 lampes de 500 watts allumées en ce moment même. Donc on a 10 000 watts de lumière déversés sur la scène, un cheval-vapeur fait 756 watts, à pleine puissance. Donc, grosso modo, on a 15 chevaux qui courent à pleine vitesse pour éclairer la scène. Sans parler des 200 chevaux qui sont probablement en train de courir en ce moment pour que l'on ait la climatisation. Et c'est tout bonnement incroyable : vous entrez dans un ascenseur et il y a des lumières allumées dans l'ascenseur.
Bien sûr maintenant, je suis vraiment attentif à la maison lorsque nous laissons des lumières laissées allumées par erreur. Mais, partout autour de nous, nous consommons toujours plus d'énergie, parce ça ne coûte rien. Et elle est bon marché parce que nous avons été exposés à l'énergie qui est concentrée dans le soleil. Fondamentalement, le pétrole est de l'énergie solaire concentrée. Il a été exposé pendant des milliards d'années à beaucoup d'énergie ce qui fait qu'il en contient autant aujourd'hui. Et selon moi, nous n'avons pas un droit inné à l'utiliser à la vitesse à laquelle nous le faisons. Et il serait bon de trouver un moyen de rendre notre usage de l'énergie plus responsable, en nous efforçant de consommer et de produire de l'énergie à la même vitesse, et j'espère vraiment que nous y arriverons.
Merci beaucoup, vous êtes un public formidable. (Applaudissements)
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Bill Gross, fondateur d'Idealab, nous parle de sa vie d'inventeur, qui commença avec une entreprise qu'il créa pendant ses études au lycée, et qui vendait des solutions solaires. Découvrez grâce à lui un système de panneaux solaires révolutionnaire -- ainsi que certaines questions qui n'ont pas trouvé de réponses pour le moment.
Bill Gross founded Idealab, an incubator of new inventions, ideas and businesses. Full bio »
Translated into French by Yohann Descroizette
Reviewed by Sébastien Chapel
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05:25 Posted: Mar 2009
Views 393,927 | Comments 105
19:44 Posted: Dec 2007
Views 470,992 | Comments 142
20:07 Posted: Apr 2007
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