Si je m'intéresse particulièrement aux repas de cantine scolaire, c'est parce que c'est une question de justice sociale. Je suis directrice des Services de Nutrition pour le secteur scolaire unifié de Berkeley. Je gère 90 employés et 17 établissements, 9 600 enfants. Je prépare 7 100 repas par jour et je fais cela depuis deux ans, en essayant de changer la façon dont nous nourrissons les enfants en Amérique. Et c'est ce dont je veux vous parler un peu aujourd'hui. Ce sont quelques-uns de mes enfants et un bar à salades. J'ai mis des bars à salades dans toutes nos écoles quand je suis arrivée là. Tout le monde a dit que c'était impossible -- que les petits ne peuvent pas se servir à un bar à salade, que les grands cracheraient dedans - il ne s'est rien passé de tout ça.
Lorsque j'ai repris ce poste j'ai essayé de bien comprendre, ce que serait mon projet : comment change-t-on vraiment la relation des enfants à la nourriture ? Et je vais vous dire pourquoi nous devons la changer, mais nous devons absolument la changer. Et ce que j'ai fini par comprendre, c'est que nous devons apprendre aux enfants la relation symbiotique entre une planète saine, une alimentation saine et des enfants en bonne santé. Et que si nous ne le faisons pas, l'antithèse, bien que nous ayons entendu le contraire, est que nous allons vraiment disparaître, parce que nous sommes en train de tuer nos enfants avec l'alimentation que nous leurs donnons. C'est comme ça que je vois les choses.
Nous voyons les enfants malades devenir de plus en plus malades. Et c'est le résultat, en gros de notre système alimentaire et de la façon dont le gouvernement marchandise la nourriture, la façon dont le gouvernement supervise ce que nous mangeons, la façon dont le Ministère de l'agriculture met de la nourriture dans les assiettes des enfants qui est malsaine, et permet des aliments malsains dans les écoles. Et tacitement, nous envoyons tous nos enfants, ou petits-enfants, ou nièces, ou neveux, à l'école et nous leur disons d'apprendre, vous le savez, d'apprendre ce qu'il y a dans ces écoles. Et quand vous nourrissez ces enfants avec de la mauvaise nourriture, c'est ce que qu'ils apprennent. Voilà donc vraiment de quoi il s'agit.
Si nous en sommes arrivés là, c'est à cause de la grande agro-industrie. Nous vivons maintenant dans un pays où la plupart d'entre nous ne décidons pas, en gros, ce que nous mangeons. Nous voyons de grandes entreprises, Monsanto et DuPont -- qui nous ont apporté l'Agent Orange et les moquettes anti-taches -- ils contrôlent 90% de la production commerciale de semences dans notre pays. Voilà 10 entreprises -- qui contrôlent une grande partie de ce qui se trouve dans nos épiceries, une grande partie de ce que les gens mangent - et c'est vraiment, vraiment un problème.
Alors, quand j'ai commencé à réfléchir à ces questions et à comment j'allais changer ce que les enfants mangeaient, j'ai vraiment commencé à me concentrer sur ce que nous leur enseignerions. Et la toute première chose c'était les produits alimentaires régionaux - essayer de manger des aliments provenant de notre région. Et de toute évidence, avec ce qui se passe avec les combustibles fossiles, ou quand - comme les combustibles fossiles s'amenuisent, que le pétrole atteint des records, le pétrole -- vous le savez, nous devons vraiment nous mettre à réfléchir pour savoir si oui ou non nous devrions, ou nous pourrions, déplacer de la nourriture sur 2500 kilomètres avant de la consommer. Nous avons donc parlé de cela aux enfants, et nous avons vraiment commencé à nourrir les enfants avec des produits locaux.
Et puis, nous parlons de la nourriture biologique. Maintenant, la plupart des secteurs scolaires ne peuvent pas se permettre la nourriture bio, mais nous, en tant que nation, devons commencer à penser à consommer, faire pousser et donner à manger à nos enfants de la nourriture qui n'est pas saturée de produits chimiques. Nous ne pouvons pas continuer à nourrir nos enfants avec des pesticides et des herbicides et des antibiotiques et des hormones. Nous ne pouvons pas continuer à faire ça. Vous savez, ça ne fonctionne pas. Et les résultats de tout ça, c'est que nos enfants tombent malade.
Un de mes chevaux de bataille en ce moment, ce sont les antibiotiques. 70 % de tous les antibiotiques consommés en Amérique sont consommés dans l'élevage. Nous donnons des antibiotiques à manger à nos enfants dans du boeuf et d'autres protéines animales tous les jours. 70% -- c'est incroyable. Et le résultat c'est que nous avons des maladies. Nous avons des choses comme le E. coli que l'on ne peut pas soigner, dont nous ne pouvons pas soigner nos enfants quand ils tombent malades. Et, vous savez, les antibiotiques ont certainement été sur-prescrits, mais c'est un problème dans l'approvisionement alimentaire. Une des anecdotes que je préfère, c'est que l'agriculture américaine utilise 5 millions de tonnes de pesticides chaque année. Cela signifie que chacun d'entre nous et nos enfants consommons donc l'équivalent d'un sac de 2,3 kilos -- ces sacs que vous avez à la maison - si j'en avais un ici et que je l'ouvre en le déchirant, le tas qui tomberait sur le sol serait ce que nous consommons et donnons à manger à nos enfants chaque année à cause de ce qui entre dans notre alimentation, à cause de la façon dont nous consommons les légumes en Amérique.
Le Ministère de l'agriculture permet que ces antibiotiques, ces hormones et ces pesticides soient dans nos aliments, et le Ministère de l'agriculture a payé pour faire paraître cette publicité dans le magazine Time. Bon, on pourrait parler de Rachel Carson et du DDT, mais nous savons que ce n'était pas bon pour vous et moi. Et c'est ce que le Minitère de l'agriculture permet dans nos aliments. Et cela doit changer, vous savez. Le Ministère de l'agriculture ne peut pas être considéré comme l'alpha et l'omega de ce que nous donnons à manger à nos enfants et de ce qui est permis. Nous ne pouvons pas croire qu'ils ont notre intérêt à coeur. L'antithèse de tout ça est l'alimentation durable. C'est ce que j'essaye vraiment de faire comprendre aux gens. J'essaye vraiment de l'enseigner aux enfants - je pense que c'est le plus important. Il s'agit de consommer les aliments d'une manière qui fasse que nous ayons encore une planète où les enfants grandiront en bonne santé, et qui cherche vraiment à atténuer toutes les influences négatives que nous observons. Ce n'est vraiment qu'une idée nouvelle. Je veux dire, les gens parlent de développement durable, mais nous devons comprendre ce qu'est la durabilité.
En moins de 200 ans, vous le savez, en seulement quelques générations, nous sommes passés de 200 -- de 100%, 95% d'agriculteurs à moins de 2% d'agriculteurs. Nous vivons maintenant dans un pays qui a plus de prisonniers que d'agriculteurs -- 2,1 millions de détenus, 1,9 millions d'agriculteurs. Et nous dépensons 35 000 dollars en moyenne par an pour un détenu en prison et les secteurs scolaires dépensent 500 dollars par an pour nourrir un enfant. Ce n'est pas étonnant, vous savez, que nous ayons des criminels.
Et ce qui se passe, c'est que nous sommes de plus en plus malades -- nous sommes de plus en plus malades et nos enfants tombent malade. C'est ce que nous leur donnons à manger. Nous sommes ce que nous avalons. Nous sommes vraiment ce que nous mangeons. Et si nous continuons dans cette cette voie, si nous continuons à donner aux enfants une mauvaise alimentation, si nous continuons à ne pas leur apprendre ce qu'est une bonne nourriture, qu'est-ce qui va se passer ? Vous savez, ce qui va se passer ? Que va-t-il arriver à l'ensemble de notre système médical ? Ce qui va se passer c'est que nous allons avoir des enfants qui ont une vie moins longue que la nôtre. Le CDC - le Centre de Contrôle des Maladies -- a dit, que parmi les enfants nés en l'an 2000 -- ceux qui ont sept et huit ans aujourd'hui -- un caucasien sur trois, un afro-américain et hispanique sur deux, vont avoir du diabète au cours de leur vie. Et si cela ne suffisait pas, ils ont également dit, que la plupart en seraient atteints avant de quitter le lycée. Cela signifie que 40 ou 45% de tous les enfants d'âge scolaire pourrait être insulino-dépendants dans moins de 10 ans -- dans moins de 10 ans.
Qu'est-ce qui va se passer ? Eh bien, le CDC a ajouté que les enfants nés en l'an 2000 pourraient être la première génération dans l'histoire de notre pays à mourir plus jeunes que leurs parents. Et c'est à cause de ce que nous leur donnons à manger. Parce les enfants de huit ans ne décident pas, et si c'est le cas, vous devriez suivre une thérapie. Vous savez, nous sommes responsables de ce que les enfants mangent. Mais oups, peut-être qu'ils sont responsables de ce que les enfants mangent. Les grandes entreprises dépensent 20 milliards de dollars par an pour commercialiser des aliments non-nutritifs pour les enfants. 20 milliards de dollars par an. 10 000 publicités que la plupart des enfants voient. Ils dépensent 500 dollars contre un dollar - 500 dollars pour la commercialisation d'aliments que les enfants ne devraient pas manger - contre un dollar consacré à la commercialisation d'aliments sains et nourrissants. Avec pour résultat que les enfants pensent qu'ils vont mourir s'ils n'ont pas de nuggets de poulet.
Vous savez, que tout le monde pense qu'ils devraient manger plus et de plus en plus. C'est la taille des portions recommandées par le Ministère de l'agriculture, cette toute petite chose. Et celui là qui est plus gros que ma tête est ce que McDonald's et Burger King et les grandes entreprises pensent que nous devrions manger. Et pourquoi peuvent-ils servir autant ? Pourquoi pouvons-nous avoir des maxi-sodas à 29 cents et des doubles burgers à 99 cents ? C'est à cause de la façon dont le gouvernement marchandise la nourriture, et le maïs bon marché et le soja bon marché qu'on ajoute dans notre alimentation qui rendent ces aliments non-nutritifs vraiment, vraiment bon marché. C'est pourquoi je dis que c'est une question de justice sociale.
Maintenant, j'ai dit que je fais ça à Berkeley, et on pourrait croire, "Oh, Berkeley. Bien entendu, vous pouvez le faire à Berkeley." Eh bien, voilà la nourriture j'ai trouvé il y a 24 mois. Ce n'est même pas la nourriture. Il s'agit de la chose que nous donnons à manger à nos enfants - Extremo Burritos, des saucisses en beignets de maïs, des chaussons-pizza, des sandwichs grillés au fromage. Tout arrivait sous plastique, dans des cartons. Les seuls ustensiles de cuisine que mon personnel avait c'était des cutters. Le seul équipement de travail dans ma cuisine c'était un broyeur de boîtes de conserves, parce que si ça n'arrivait pas dans une boîte de conserve, c'était congelé dans une boîte. Le Ministère de l'agriculture permet ça. Le Ministère permet toutes ces choses. Au cas où vous ne vous rendriez pas compte, ça ressemble à ça, des viennoiseries avec glaçage rose et un genre de petit cake Nuggets de poulet, des beignets de pomme de terre frits, du lait au chocolat à haute teneur en fructose, cocktail de fruits en boîte - un repas pris en charge.
C'est ce que le gouvernement dit que l'on peut donner à manger à nos enfants. Ce n'est pas acceptable. Vous savez quoi ? Ce n'est pas acceptable. Et nous, nous tous, devons comprendre que c'est de nous qu'il s'agit -- que c'est ici que nous pouvons changer les choses. Maintenant, je ne sais pas si l'un d'entre vous a inventé les nuggets de poulet, mais je suis sûr que vous êtes riche, si c'est le cas. Mais qui a décidé que le poulet devait ressembler à un coeur, une girafe, une étoile ? Eh bien, Tyson l'a fait, parce qu'il n'y a pas de poulet dans le poulet. Et qu'ils ont eu l'idée qu'on pouvait vendre ce truc aux enfants. Vous savez, pourquoi ne peut-on peut pas enseigner aux enfants que le poulet ressemble à du poulet ? Mais c'es ce que l'on sert dans la plupart des écoles. En fait, c'est peut-être ce que beaucoup de parents servent -- par opposition à cela -- c'est ce que nous essayons de servir.
Il faut vraiment que nous changions l'ensemble de ce modèle avec les enfants et la nourriture. Nous devons vraiment enseigner aux enfants que le poulet n'est pas une girafe. Vous savez, que les légumes ont en fait des couleurs vives - qu'ils ont du goût, que les carottes poussent dans le sol, que les fraises poussent dans le sol. L'arbre à fraise et le buisson à carrottes n'existent pas. Vous savez, nous devons changer la façon dont nous enseignons ces choses-là aux enfants. Il y a beaucoup de choses que nous pouvons faire. De nombreuses écoles ont des partenariats avec des exploitations agricoles. De nombreuses écoles s'approvisionnent en produits frais, en fait.
Maintenant, à Berkeley, nous sommes passés totalement aux aliments frais. Nous n'avons pas de sirop de maïs à haute teneur en fructose, pas d'acides gras polyinsaturés, pas d'aliments industriels. Nous cuisinons à partir de zéro tous les jours. Nous avons 25% de notre -- (Applaudissements) merci -- 25% de notre approvisionnement est bio et local. Nous cuisinons. Voilà mes mains. Je me lève à 4 heures du matin tous les jours pour aller faire cuire les aliments pour les enfants, parce que c'est notre métier. Nous ne pouvons pas continuer à servir aux enfants de la merde industrielle, pleine de produits chimiques, et espérer qu'ils deviennent des citoyens en bonne santé. Vous n'obtiendrez pas de la prochaine génération ou de la génération suivante qu'elle soit capable de penser comme ça si les enfants ne sont pas correctement nourris. Si ils mangent des produits chimiques tout le temps, ils ne seront pas capables de penser. Ils ne seront pas intelligents. Vous savez quoi ? Ils seront seulement malades.
Maintenant, une des choses qui - ce qui s'est passé quand je suis entrée à Berkeley c'est que je me suis rendue compte que ça, vous voyez, ça a pas mal étonné les gens -- c'était très, très différent - et j'avais besoin de convaincre. J'ai eu l'idée de ces calendriers que j'ai envoyé à tous les parents. Et ces calendriers ont réellement commencé à établir mon programme. Maintenant, je suis responsable de tous les cours de cuisine et de tous les cours de jardinage dans notre secteur scolaire. Voilà un menu type -- c'est ce que nous servons cette semaine dans les écoles. Et vous voyez ces recettes sur le coté ? Ce sont les recettes que les enfants apprennent dans mon cours de cuisine. Ils font des dégustations de ces ingrédients dans les classes de jardinage. Ils les font peut-être aussi pousser. Et nous les leur servons dans les cafétérias. Si nous voulons changer la relation des enfants à la nourriture, c'est avec des aliments délicieux et nutritifs dans les cafétérias. Avec des experiences pratiques - vous voyez les cours de cuisine et de jardinage -- et des programmes scolaires pour tout lier ensemble.
Maintenant, vous avez sans doute saisi que ne suis pas fan du Ministère de l'agriculture, et je n'ai aucune idée de quoi faire de leur pyramide -- cette pyramide renversée avec un arc-en-ciel au-dessus, je ne sais pas. Vous savez, à fond jusqu'au bout de l'arc-en-ciel, Je ne sais pas ce que vous en faites. Donc, j'ai inventé mes propres moyens. C'est disponible sur mon site web en anglais et en espagnol, et c'est un moyen visuel pour parler aux enfants de la nourriture. Le hamburger en vraiment très petit, les légumes en vraiment très gros. Nous devons commencer à changer cela. Nous devons faire comprendre aux enfants que leurs choix alimentaires font une grande différence. Nous avons des cours de cuisine - nous avons des salles de classe de cuisine dans les écoles, et la raison pour laquelle c'est si important, c'est que nous avons maintenant produit une génération, peut-être deux, d'enfants, chez qui un repas sur 4 est consommé dans un fast-food, un repas sur 4 est consommé dans une voiture et un repas du soir sur quatre est consommé devant la télévision ou l'ordinateur. Qu'est-ce que les enfants apprennent ? Où est le temps en famille ? Où est la socialisation ? Où est le débat ? Où est l'apprentissage de la discussion ? Vous voyez, nous devons changer.
Je travaille beaucoup avec les enfants. Ce sont des enfants avec qui je travaille à Harlem. EATWISE - Jeunes Conscients et Eclairés qui Inspirent une Alimentation Intelligente Nous devons apprendre aux enfants que le coca et les tartelettes à la confiture ne constituent pas un petit-déjeuner. Nous devons enseigner aux enfants que s'ils suivent un régime alimentaire de sucre raffiné, ils ont des hauts et des bas, comme si ils suivaient un régime de crack. Et nous devons tout relier dans un même projet. Nous faisons du compost dans toutes nos écoles. Nous recyclons dans toutes nos écoles. Vous savez, les choses que l'on fait peut-être à la maison et qu'on pense tellement importantes, que nous devons enseigner aux enfants à l'école. Cela doit faire tellement partie d'eux qu'ils le comprennent vraiment. Parce que vous savez, beaucoup d'entre nous sommes quasiment en fin de carrière, et nous devons donner à ces enfants -- ces jeunes enfants, la prochaine génération -- les outils pour qu'ils se sauvent eux-mêmes et qu'ils sauvent la planète.
Une des choses que je fais beaucoup ce sont les partenariats public-privé. Je travaille avec des entreprises privées qui sont prêtes à faire de la recherche et du développement avec moi, qui sont prêtes à faire de la distribution, pour moi, qui sont vraiment prêtes à travailler pour aller dans les écoles. Les écoles sont sous-financées. La plupart des écoles en Amérique dépensent moins de 7500 dollars par an pour enseigner à un enfant. Cela revient à moins de cinq dollars de l'heure. La plupart d'entre vous dépensez 10, 15 dollars de l'heure pour des babysitters quand vous avez des enfants. Donc, nous dépensons moins de 5 dollars de l'heure pour le système éducatif. Et si nous voulons changer cela, et changer la façon dont nous nous nourrissons les enfants, nous devons repenser cela. Donc, des partenariats publics et privés, des groupes de défense, en collaboration avec des fondations. Dans notre secteur scolaire, nous pouvons financer cela parce que notre secteur scolaire alloue 0,03% du fonds général aux services de nutrition. Et je pense que si tous les secteurs scolaires allouaient entre un demi et un pour cent, nous pourrions commencer à mettre en place ce programme.
Nous avons vraiment besoin de changer ça. Il faudra plus d'argent. Bien sûr, ce n'est pas seulement la nourriture - il faut aussi que les enfants fassent de l'exercice. Et une des choses simple que nous pouvons faire c'est de mettre une récréation avant le déjeuner. C'est une idée un peu simplette. Vous savez, si vous avez des enfants qui viennent déjeuner et tout ce qu'ils vont faire quand ils sortent du repas c'est d'aller en récréation, vous les voyez tout bonnement jeter leur repas pour pouvoir aller courir dehors. Et puis, à une heure de l'après-midi, ils sont totalement vidés. Ce sont vos enfants et petits-enfants qui sont tout capricieux lorsque vous venez les chercher parce qu'ils n'ont pas déjeuné. Alors, si la seule chose qu'ils aient à faire après le repas de midi est d'aller en classe, croyez-moi, ils vont rester là et manger leur déjeuner.
Nous devons -- il faut que nous éduquions. Nous devons éduquer les enfants. Nous devons éduquer le personnel. J'avais 90 employés. Deux d'entre eux étaient censés être cuisiniers - aucun des deux ne savait cuisiner. Et, vous savez, je ne suis pas beaucoup plus avancée maintenant. Mais nous devons vraiment éduquer. Nous devons amener les établissements scolaires à commencer à réfléchir aux manières d'enseigner aux gens comment recommencer à cuisiner, parce que, bien sûr, ils ne le font pas -- parce que nous avons eu cette nourriture industrielle dans les écoles et les institutions depuis si longtemps. Nous avons besoin de déjeuners de 40 minutes -- la plupart des écoles ont des déjeuners de 20 minutes -- et de déjeuners qui ont lieu au bon moment. Une grande étude vient d'être faite, et il y a tant d'écoles qui commencent le déjeuner à 9 et 10 heures du matin -- ce n'est pas l'heure du déjeuner.
Vous savez, c'est fou, c'est fou ce que nous faisons. Et n'oubliez pas, au moins tacitement, c'est ça que nous enseignons aux enfants comme modèle de ce qu'ils devraient faire. Je pense que si nous voulons remédier à cela, une des choses que nous devons faire c'est changer la supervision du Programme National des déjeuners scolaires. Plutôt que de laisser le programme National des déjeuners scolaires sous la responsabilité du ministère de l'agriculture, je pense qu'il devrait dépendre du CDC. Si nous commencions à penser à la nourriture et à l'alimentation que nous donnons à nos enfants en termes d'initiative de santé, et que nous commencions à penser à l'alimentation en termes de santé, alors je pense que nous n'aurions pas de saucisses en beignets de maïs comme déjeuner.
Bon, cours de finances appliquées pour débutants, et ça -- en quelque sorte, je mets ça dans un seul paquet appelé finances car je pense que c'est quelque chose que nous devons tous comprendre. Le programme national des déjeuners scolaires dépense 8 milliards de dollars pour nourrir 30 millions d'enfants par an. Il faut probablement doubler ce chiffre. Les gens disent : "Oh mon Dieu, où allons-nous trouver 8 milliards de dollars ?" Dans ce pays, nous dépensons 110 milliards de dollars par an en fast food. Nous dépensons 100 milliards de dollars par an en compléments de régime. Nous dépensons 50 milliards de dollars de légumes, et c'est pour ça que nous avons besoin de compléments de régime. Nous dépensons 200 milliards de dollars par an pour les maladies liées aux régimes aujourd'hui. avec 9% de nos enfants qui souffrent de diabète de type 2. 200 milliards.
Alors vous savez quoi, quand on parle de la nécessité de 8 milliards de plus, ce n'est pas beaucoup. Ces 8 milliards reviennent à 2 dollars et 49 cents -- c'est ce que le gouvernement alloue par déjeuner. La plupart des écoles en dépensent les 2/3 en salaires et frais généraux. Cela signifie que nous dépensons moins d'un dollar par jour pour la nourriture des enfants à l'école -- 80 à 90 cents dans la plupart des écoles. A Los Angeles, c'est 56 cents. Donc nous dépensons moins d'un dollar, n'est-ce pas, pour le déjeuner. Maintenant, je ne sais pas vous, mais je vais chez Starbucks et chez Pete's et dans des endroits comme ça, et un Venti Latte à San Francisco coûte 5 dollars un café gourmet, un seul, c'est plus -- que ce que nous dépensons pour nourrir nos enfants pendant une semaine entière dans nos écoles.
Vous savez quoi ? Nous devrions avoir honte. Nous, en tant que pays, devrions avoir honte de ça -- le pays le plus riche. Dans notre pays, ce sont les enfants qui en ont le plus besoin, à qui on donne cette nourriture vraiment, vraiment dégoutante. Ce sont les enfants dont les parents, les grand-parents, les oncles et tantes ne peuvent même pas payer les déjeuners scolaires qui reçoivent cette nourriture. Et ce sont ces mêmes enfants qui vont devenir malades. Ce sont ces mêmes enfants dont on devrait prendre soin.
Nous pouvons tous faire changer les choses -- car chacun d'entre nous, que nous ayons des enfants ou non, que nous nous soucions des enfants, que nous ayons des nièces ou des neveux, ou n'importe car nous pouvons faire changer les choses. Que vous vous asseyez pour manger un repas avec vos enfants, que vous ameniez vos enfants ou petits-enfants ou nièces et neveux faire des courses sur un marché de producteurs -- rien qu'en faisant des dégustations avec eux. Asseyez-vous et impliquez-vous. Et à plus grande échelle, nous sommes dans ce qui semble être une campagne présidentielle de 19 mois, et toutes ces choses que nous demandons tous ces élus potentiels, et si on leur demandait de s'occuper de la santé de nos enfants ? Merci. Merci.
You can share this video by copying this HTML to your clipboard and pasting into your blog or web page. This video will play with subtitles.
You either have JavaScript turned off or have an old version of the Adobe Flash Player. To view this rating widget you
need to get the latest Flash player.
If your browser allows only "trusted sites" to execute Javascript, you should add the "googleapis.com" domain to your whitelist to allow our Flash detection to work properly.
Got an idea, question, or debate inspired by this talk? Start a TED Conversation.
Dans son allocution à la conférence EG 2007, "la cuisinière renégate" Ann Cooper parle de la future révolution dans la façon dont les enfants mangent à l'école -- de la nourriture de saison, durable, locale et même éducative.
Ann Cooper cares -- a lot -- what kids eat for lunch. As the head of nutrition for Berkeley, California, schools, she serves organic, regionally sourced and sustainable meals to lots of lucky children. Full bio »
Translated into French by Elisabeth Buffard
Reviewed by Marine Putman
Comments? Please email the translators above.
20:08 Posted: May 2008
Views 1,426,895 | Comments 368
17:25 Posted: Feb 2008
Views 623,102 | Comments 143
20:24 Posted: Nov 2008
Views 524,425 | Comments 172
Just follow the guidelines outlined under our Creative Commons license.
This comment will be attributed to . Not ? Sign Out.