Je vous délivre un message de la part de dizaines de milliers de personnes dans les villages et bidonvilles de l'arrière-pays qui ont résolu des problèmes grâce à leur propre génie, sans aucune aide extérieure. Quand notre ministre de l'Intérieur annonce, il y a quelques semaines, une guerre sur un tiers de l'Inde, il parle de 200 districts ingouvernables, il se trompe. Nous mettons l'accent depuis 21 ans sur le fait que les gens peuvent être économiquement pauvres mais qu'ils ne sont pas pauvres intellectuellement. En d'autres termes, l'intelligence des marginaux n'est pas une intelligence marginale. C'est le message avec lequel nous avons commencé voici 31 ans. Pourquoi est-ce que cela a commencé ?
Laissez-moi vous raconter rapidement le parcours personnel qui m'y a conduit. En 1985 et 1986, j'étais au Bengladesh pour conseiller le gouvernement et le conseil scientifique sur la manière d'aider les scientifiques à travailler sur les champs des gens pauvres et de développer les technologies de la recherche, basées sur le savoir des gens. Je suis rentré en 1986 formidablement revigoré par le savoir et la créativité trouvés dans ce pays dont 60% des gens n'avaient pas de terres mais une extraordinaire créativité. J'ai commencé à regarder mon propre travail. Le travail que j'avais mené durant les 10 années précédentes, presque à chaque fois, intégrait du savoir que des gens avaient partagé.
Maintenant, étant payé en dollars comme consultant et regardant ma déclaration d'impôts, je me demandais s'il y avait une ligne qui montrait quelle partie de mon revenu revenait à ces gens dont le savoir l'avait rendu possible. Etait-ce parce que j'étais brillant que je recevais cette rétribution ? Etait-ce parce que j'écrivais bien ? Etait-ce parce que je m'exprimais bien ? Etait-ce parce que j'analysais très bien les données ? Etait-ce dû à mon statut de professeur que je méritais cette récompense de la société ? J'ai essayé de me convaincre que "non, non, j'ai travaillé pour le changement de politique. Vous savez, la politique publique deviendrait plus sensible aux besoins des pauvres et, donc, je pense que c'est bon." Il m'est apparu que toutes ces années à travailler sur l'exploitation, l'exploitation par des propriétaires terriens, des usuriers, des commerçants, m'ont donné l'intuition que j'étais probablement aussi un exploiteur parce qu'il n'y avait pas de ligne sur ma déclaration de revenus montrant ce revenu accumulé par le brio des gens qui avaient partagé leur savoir et leur confiance en moi. Rien ne leur avait été donné en retour, à tel point que la plupart de mon travail alors était en langue anglaise.
La majorité des gens dont j'avais appris ne connaissait pas l'anglais. Alors, quel genre de contributeur étais-je ? Je parlais de justice sociale et me voilà un professionnel commettant le plus injuste des actes en prenant le savoir des gens, le rendant anonyme, m'enrichissant de ce savoir en le partageant, donnant des conseils, écrivant des articles, les publiant dans les journaux, étant invité dans les conférences, obtenant des missions et ainsi de suite. C'est alors qu'un dilemme a surgi dans mon esprit : si je suis aussi un exploiteur, alors ce n'est pas juste. La vie ne peut pas continuer comme ça. Ça a été un grand moment de peine et un traumatisme parce que je ne pouvais pas vivre avec ça plus longtemps. Alors, j'ai fait des recherches sur les conflits de valeurs et dilemmes éthiques dans les sciences sociales et du management, écrit, lu une centaine d'articles. Je suis arrivé à la conclusion que, si le dilemme n'était pas particulier, la solution devait être particulière, elle.
Et un jour - je ne sais plus quand - en rentrant du travail, j'ai dû voir une abeille ou alors il m'est apparu que, si je pouvais être une abeille, la vie serait merveilleuse. Que fait une abeille ? Elle butine, elle prélève le nectar des fleurs et pollinise une autre fleur. Quand elle prend le nectar, la fleur ne se sent pas flouée. De fait, elle incite les abeilles avec ses couleurs. Les abeilles ne gardent pas tout le miel pour elles-mêmes. Ce sont ces principes qui guident le réseau Honey Bee ("abeille" - NdT). Quand on apprend quelque chose de gens, on doit le partager avec eux dans leur langue. Ils ne doivent pas rester anonymes.
Je dois vous dire qu'en 20 ans je n'ai pas changé 1% dans la façon d'exercer cet art. Je porte toujours en moi une grande tragédie, et j'espère que vous la porterez aussi, c'est que la profession admet la publication du savoir de gens sans le leur attribuer, en le rendant anonyme. L'Académie des Sciences aux Etats-Unis, au Royaume-Uni ou en Inde ne demandent pas que ce que vous apprenez des gens, vous deviez le partager avec eux. On parle d'une société responsable, une société qui est juste et équitable. On ne rend pas la justice sur le marché de la connaissance. L'Inde veut être une société de la connaissance. Comment sera-t-elle une société de la connaissance ? Manifestement, on ne peut pas avoir 2 principes en matière de justice : un pour soi et un pour les autres. Ça doit être le même. On ne peut pas faire de distinction. On ne peut pas avoir ses propres valeurs qui seraient éloignées de celles de son époux. L'équité envers les uns et les autres n'est pas sécable.
Regardez cette photo. Pouvez-vous me dire où elle a été prise et dans quel but ? Je suis professeur, je dois vous questionner ! Quelqu'un ? Membre du public : Rajasthan. Anil Gupta : dans quel but a-t-elle été prise ? (Murmures) Pardon ? Vous avez raison. Nous devons l'applaudir parce qu'il sait à quel point notre gouvernement est indélicat. Regardez. C'est le site du gouvernement indien. Il invite les touristes à voir la honte de notre pays. Je suis désolé de dire ça. C'est une belle image... ou est-ce une image terrible ? Ça dépend de la façon dont vous regardez la vie des gens. Si cette femme doit porter de l'eau sur sa tête pendant des kilomètres, vous ne pouvez pas le célébrer. On devrait y faire quelque chose. Laissez-moi vous dire qu'avec toute la science et la technologie à notre disposition, des millions de femmes transportent encore de l'eau sur leur tête. On ne se pose pas la question.
Vous avez dû prendre un thé ce matin. Pensez-y une minute. Les feuilles de thé, cueillies dans les buissons, savez-vous d'où elles viennent ? La dame ramasse quelques feuilles, les met dans un panier sur son dos. Faites-le 10 fois : vous verrez la douleur sur l'épaule. Elle le fait plusieurs milliers de fois chaque jour. Le riz que vous avez mangé à midi, ou mangerez aujourd'hui, est transplanté par des femmes penchées dans des positions très peu commodes. Il y en a des millions, chaque saison, chaque récolte, quand elles transplantent la rizière avec leurs pieds dans l'eau. Les pieds dans l'eau développent des champignons, des infections. Ces infections font souffrir parce que des insectes viennent piquer là. Chaque année, 99,9% des rizières sont transplantées à la main. Aucune machine n'a été développée.
Le silence des scientifiques, des ingénieurs, des politiques, des gens chargés de conduire le changement a attiré notre attention sur le fait que ce n'était pas ainsi que la société devait fonctionner. Ce n'est pas ce que que ferait notre parlement. On a un programme pour l'emploi. Avec celui-ci, 250 millions de personnes ont eu un travail durant 100 jours de la part de ce grand pays. Pour faire quoi ? Casser des cailloux, creuser la terre. On a demandé au parlement si les pauvres avaient une tête. Ont-ils des jambes, une bouche et des mains mais pas de tête ?
Le réseau Honey Bee bâtit sur les ressources dont les gens pauvres sont dotés. Que s'est-il passé ? Une personne anonyme, sans visage, sans nom prend contact avec le réseau et reçoit une identité. Voila ce qu'est le réseau Honey Bee. Ce réseau croît avec volonté, continue d'être volontaire. Il essaye de repérer l'intelligence de millions de personnes, dans notre pays et ailleurs dans le monde, qui sont créatives. Elles peuvent être créatives en termes d'éducation. Elles peuvent être créatives en termes de culture. Elles peuvent être créatives en termes d'institutions. Une grande partie de notre travail porte sur la créativité technologique, les innovations, soit en termes d'innovations contemporaines, soit en termes de savoir traditionnel. Tout commence par la curiosité. Tout commence par la curiosité.
Cette personne que nous avons rencontrée et que vous verrez sur notre site web, www.sristi.org, cette personne tribale avait un souhait. Il disait : "SI vous mon voeu est exaucé" - quelqu'un était malade et il devait le surveiller - "mon Dieu, je t'en prie, soigne-le. S'il guérit, je peindrai mon mur." Voici ce qu'il a peint. Quelqu'un parlait hier de la pyramide de Maslow. Il ne peut y avoir rien de plus faux que la pyramide de Maslow hiérarchisant les besoins car les pauvres de ce pays peuvent devenir éduqués. Kabir, Rahim, tous les grands Saints soufiques étaient des gens pauvres et ils avaient une bonne raison. S'il vous plaît, ne croyez jamais que c'est après avoir satisfait vos besoins physiologiques et autres que vous penserez à vos besoins spirituels d'éducation. Toute personne, partout, est capable d'atteindre le plus haut niveau d'accomplissement uniquement parce qu'ils sont résolus à vouloir faire ce que leur esprit leur dicte.
Regardez ça. On l'a vu à Shodh Yatra. Tous les 6 mois, nous voyageons dans différents endroits du pays. J'ai parcouru 4 000 durant les 12 dernières années. Sur le bas-côté, on a trouvé des bouses qui sont utilisées comme carburant. Cette dame, sur le mur autour des bouses empilées, a fait une peinture. C'est le seul endroit où elle pouvait exprimer sa créativité. Elle est si merveilleuse. Regardez ce qu'a fait cette dame, Ram Timari Devi, sur un silo à grains à Champaran. Nous avons marché là où Gandhi est allé pour écouter la tragédie et la souffrance des producteurs d'indigo. Bhabi Mahato à Purulia dans le Bankura. Voyez ce qu'elle a fait. Le mur entier est sa toile. Elle est assise là avec un balai. Est-elle artisan ou artiste ? Evidemment que c'est une artiste : c'est une personne créative. Si nous pouvons créer des marchés pour ces artistes, nous n'aurons plus à les employer pour creuser la terre ou casser des cailloux. Ils seront payés pour ce pour quoi ils sont bons et pas pour ce pour quoi ils sont mauvais.
Voyez ce qu'a fait Rojadeen. A Motihari dans le Champaran, beaucoup de gens vendent du thé dans une cabane et le marché du thé est forcément limité. Tous les matins, vous prenez votre thé ou votre café. Il a pensé à convertir une cocotte minute en machine à café. Voici donc une machine à café qui ne coûte que quelques centaines de roupies. Les gens amènent leur cocotte, il fixe une valve et un tuyau pour la vapeur : maintenant elle vous fait un espresso. C'est un vrai et économique percolateur qui marche sur du gaz. (Applaudissements) Regardez ce qu'a fait Sheikh Jahangir. De nombreux pauvres n'ont pas assez de grains pour pouvoir les moudre. Cet homme apporte une meule sur 2 roues. Si vous avez 500 g ou 1 kg, il les moudra pour vous; le moulin ne traite pas de si petites quantités.
Comprenez le problème des gens de peu. Ils ont des besoins qui doivent être satisfaits efficacement en termes d'énergie, de coût, de qualité. Ils ne veulent pas de résultats de seconde zone ou de seconde qualité. Pour pouvoir leur apporter un produit de bonne qualité, vous devez adapter la technologie à leurs besoins. C'est ce que Sheihk Jahangir a fait. Ce n'est pas tout. Regardez ce qu'il a fait là. Si vous avez des vêtement et pas suffisamment de temps pour les laver, il apporte une machine à laver à votre porte, montée sur 2 roues. C'est un modèle où une machine à laver sur 2 roues lave vos vêtements et les sèche devant votre porte. (Applaudissements) Vous amenez votre eau et votre savon. Je lave vos vêtements pour vous, je prends 50 paisas, 1 roupie par paquet. Un nouveau business model peut émerger. Ce dont on a besoin maintenant, ce sont des gens capables de changer d'échelle.
Regardez ça. Ça a l'air d'une belle photo. Quelqu'un peut-il deviner ce que c'est ? Un Indien saurait sûrement. C'est un "tawa". C'est un plat fait en argile. Qu'est-ce que ça a de beau ? Quand vous avez une casserole anti-adhésive, elle coûte environ 250 roupies, 5 à 6 dollars. Là, c'est moins de 1 dollar. Ça n'attache pas ! C'est enduit d'un matériau permettant d'y mettre des aliments. Le meilleur, c'est que, quand vous utilisez une casserole anti-adhésive coûteuse, vous mangez le fameux Teflon ou genre de Teflon parce qu'au fil du temps, la matière disparaît. Pour aller où ? Dans votre estomac. Ça n'avait pas été fait pour ça. Mais ici, c'est de l'argile, il n'ira jamais dans votre estomac : c'est mieux ; c'est plus sûr ; c'est abordable ; c'est énergétiquement efficace. En d'autres termes, les solutions des pauvres n'ont pas besoin d'être peu chères, n'ont pas besoin d'être des pis-aller.
Elles ont à être meilleures, plus efficaces, plus abordables. C'est ce que Mansukh Bhai Prajapati a fait. Il a fait cette casserole avec une poignée. Pour 1 dollar, vous pouvez avoir une meilleure alternative que celle offerte actuellement. Cette dame, elle a développé une formule de pesticide. Nous avons déposé un brevet pour elle auprès de la National Innovation Foundation. Qui sait, quelqu'un pourra acheter une licence de cette technologie, développer des produits vendables. Elle en tirerait des revenus. Laissez-moi mentionner quelque chose. Nous avons besoin d'un modèle de développement délocalisé où de nombreuses initiatives dans les différentes parties du pays, dans les différentes parties du monde, résoudraient les besoins du voisinage d'une façon très efficace et adaptative. Meilleure sera l'adéquation locale, plus grandes seront les chances de généralisation.
En généralisant, il y a une inadéquation inhérente à la satisfaction des besoins locaux précis par les approvisionnements que vous faites. Pourquoi les gens veulent-ils s'ajuster à cette discordance ? Les choses peuvent évoluer. Elles l'ont fait. Par exemple, les téléphones cellulaires : il y en a 400 millions dans ce pays. Il est possible que je n'utilise que 2 boutons sur mon téléphone ou 3 options quand il y en a 300. Je paie pour 300, je n'en utilise que 3. Mais je veux vivre avec ça : donc c'est évolutif. Si je voulais une bonne concordance, évidemment, j'aurais besoin d'un design différent pour mon téléphone portable. Nous disons donc que le caractère évolutif ne devrait pas devenir ennemi de la viabilité. Il devrait y avoir un endroit dans le monde pour des solutions qui ne sont pertinentes que pour une localité, mais que l'on peut financer.
L'une des grandes études que nous avons menées porte sur le nombre de fois où les investisseurs demandent "Qu'est-ce qu'un modèle évolutif ?" comme si le le besoin d'une communauté localisée dans l'espace et le temps n'ayant que des besoins locaux ne pouvaient être obtenus gratuitement sans faire partie d'une communauté plus large. Donc, soit vous sous-optimisez vos besoins, soit vous êtes exclus. Le fameux modèle de la longue traîne vous dit que des petites ventes d'un grand nombre de livres, par exemple, avec peu d'exemplaires vendus, peuvent donner un modèle viable. Nous devons trouver un mécanisme où les gens vont mettre en commun, investir dans un portefeuille où différentes innovations iront vers un petit nombre de personnes dans leurs localités et où ce modèle deviendra viable.
Voyez ce qu'il fait. Monsieur Saidullah est un homme étonnant. A 70 ans, il est associé à quelque chose de très créatif.
Saidullah : "Je ne pouvais pas attendre le bateau. Je devais rencontrer mon amour. Mon désespoir m'a rendu innovant. Même l'amour a besoin de technologie. L'innovation illumine ma femme Noor. Les nouvelles inventions sont la passion de ma vie. Ma technologie."
Anil Gupta : Monsieur Saidullah est à Motihari, encore dans le Champaran. Merveilleuse personne, il continue de vendre, à son âge, du miel sur un vélo, de gagner sa vie parce que nous n'avons pas pu convaincre les gens du parc dans les compagnies. Nous n'avons pas pu convaincre les pompiers à Mumbai où il y a eu une inondation il y a quelques années. Les gens devaient patauger sur 20 kilomètres. Ils auraient dû avoir ce vélo dans leur brigade parce qu'alors vous pouvez emprunter ces lignes où les bus ne passent plus, où les transports ne passent plus. Nous n'avons pas encore résolu le problème d'en faire un engin de secours, un outil de vente pendant les inondations en Inde orientale quand vous devez porter des choses aux gens dans les différentes îles où ils sont isolés. L'idée a un mérite.
Qu'a fait Appachan ? Malheureusement, Appachan n'est plus mais il a laissé un message très puissant.
Appachan : "Je regarde le monde se réveiller tous les jours.
Aucune noix de coco n'est tombée sur ma tête. J'ai eu cette idée. Sans argent pour financer mes études, j'ai atteint des nouveaux sommets. Maintenant, on m'appelle le Spiderman local. Ma technologie."
Anil Gupta : Nombre d'entre vous peuvent ne pas réaliser ou croire que nous avons vendu ce produit à l'international dans ce que j'appelle un modèle "du peuple au monde". Un professeur à l'Université du Massachusetts, dans le département de zoologie, a acheté cet élévateur parce qu'elle voulait étudier la diversité des insectes au sommet de la canopée. Cet engin lui permet de prélever des échantillons de nombreux palmiers plutôt que de quelques uns, sans quoi elle doit faire de grandes structures de briques sur lesquelles grimpent ses étudiants chercheurs. Donc, vous savez, nous reculons les frontières de la science.
Il y a Remya Jose. Vous pouvez aller sur YouTube, taper "India Innovates" et vous trouverez ces vidéos. Son innovation date de la classe de seconde : une machine à laver et à faire du sport. M. Karai est une personne physiquement atteinte : il mesure moins de 50 cm. Il a adapté un deux-roues pour avoir de l'autonomie, de la liberté et de la souplesse. Cette innovation vient des bidonvilles de Rio. Cette personne, M. Ubirajara, on cherchait le moyen, avec mes amis au Brésil, de développer ce modèle en Chine et au Brésil. Nous avons un réseau très actif en Chine spécialement mais aussi qui émerge au Brésil et ailleurs dans le monde. Ce support sur la roue avant, vous ne le trouverez sur aucun vélo. La Chine et l'Inde ont le plus grand nombre de vélos mais cette innovation est apparue au Brésil.
Aucun de nous ne devrait être chauvin. Personne ne devrait croire que toutes les bonnes idées ne viendront que de son pays. Nous devons avoir l'humilité d'apprendre du savoir des gens pauvres où qu'ils soient. Regardez à toutes ces innovations en matière de vélo : un vélo épandeur, un vélo qui génère de l'énergie par les chocs sur la route. Je ne peux pas changer l'état de la route. Je peux faire aller le vélo plus vite. Voici ce que Kanakdas a fait. En Afrique du Sud, nous avons emmené nos innovateurs pour partager avec les collègues Sud-Africains sur la façon dont l'innovation peut devenir un moyen de libérer les gens de leurs corvées. Ils ont modifié cette charrette. Cet essieu de 30-40 kg ne servait à rien. Enlevez-le, la charrette a besoin d'un âne un moins !
Ça, c'est en Chine. Cette fille a besoin d'un respirateur. Ces trois personnes du village se sont assises et ont pensé : "Comment allonger la durée de vie de cette fille de notre village ?" Ils n'étaient pas de sa famille mais ils ont essayé d'utiliser un tuyau de machine à laver. Ils ont pris un vélo. Ils ont branché le respirateur. Ce respirateur lui a sauvé la vie et elle va bien.
On a tout un tas d'innovations. Une voiture qui roule à l'air comprimé pour environ 1 centime d'euro pour 10 km. Assam, Kanak Gogoi. Vous ne trouverez pas cette voiture aux Etats-Unis ou en Europe mais elle est disponible en Inde. Cette dame enroulait les fibres de laine pour fabriquer des saris. 18 000 fois par jour, elle devait faire cet enroulement pour obtenir 2 saris. Après 7 ans d'efforts, voici ce que son fils a réalisé. Elle disait : "Change de métier." Il disait : "Je ne peux pas mais je sais que je vais inventer une machine qui va résoudre ton problème." Et voici ce qu'il a fait, une machine à coudre en Uttar Pradesh. Voici ce que dit le SRISTI : "Donnez-moi une place où me tenir et je bougerai le monde."
Je veux juste vous dire que nous organisons aussi une compétition entre des enfants pour la créativité, tout un tas de choses. Nous avons vendu des choses partout dans le monde : de l'Ethiopie à la Turquie aux US. Partout. Des produits ont été mis sur le marché, quelques uns. Voici les gens dont la connaissance a rendu la pommade contre l'eczéma Herbavate possible. Ici, une entreprise qui a breveté ce pesticide végétal met la photo de l'innovateur sur le paquet pour qu'à chaque utilisation il dise à l'utilisateur : "Vous pouvez innover aussi. Si vous avez une idée, envoyez-la nous." La créativité compte, le savoir compte, les innovations transforment, les incitations inspirent. Les incitations ne sont pas juste matérielles mais aussi immatérielles.
You can share this video by copying this HTML to your clipboard and pasting into your blog or web page. This video will play with subtitles.
You either have JavaScript turned off or have an old version of the Adobe Flash Player. To view this rating widget you
need to get the latest Flash player.
If your browser allows only "trusted sites" to execute Javascript, you should add the "googleapis.com" domain to your whitelist to allow our Flash detection to work properly.
Got an idea, question, or debate inspired by this talk? Start a TED Conversation.
Anil Gupta est à l'affût des inventeurs méconnus dans les pays en développement : des entrepreneurs indigènes dont l'ingéniosité, masquée par la pauvreté, pourrait changer la vie de bien des gens. Il montre comment le réseau Honey Bee les aide à construire les relations dont ils ont besoin et à gagner la reconnaissance qu'ils méritent.
Anil Gupta created the Honey Bee Network to support grassroots innovators who are rich in knowledge, but not in resources. Full bio »
Translated into French by Jerome Faul
Reviewed by Stéphane Mor
Comments? Please email the translators above.
17:14 Posted: Dec 2009
Views 480,051 | Comments 136
05:59 Posted: Sep 2009
Views 1,097,305 | Comments 244
Just follow the guidelines outlined under our Creative Commons license.
This comment will be attributed to . Not ? Sign Out.