Je suis médecin, mais j'ai en quelques sorte pris une tangente vers la recherche, et maintenant je suis épidémiologiste. Personne ne sait vraiment ce qu'est l'épidémiologie. L'épidémiologie est la science qui étudie comment savoir dans le monde réel si quelque chose est bon ou mauvais pour vous. C'est plus facile à comprendre avec un exemple comme celui de ces foldingues unes de journaux. Voici juste certains des exemples.
Ils viennent du "Daily Mail" [quotidien britannique]. Chaque pays du monde a un journal comme ça. Il a ce bizarre, continu, projet philosophique de diviser tous les objets inanimés du monde entre ceux qui causent et ceux qui préviennent le cancer. Donc voici quelques-unes des choses qu'ils ont récemment déclarées comme causant le cancer : le divorce, le Wifi, les produits de toilettes et le café. Voici quelques-unes des choses qui d'après eux préviennent le cancer : les croûtes, le poivron rouge, la réglisse et le café. Donc vous pouvez déjà voir qu'il y a des contradictions. Le café à la fois provoque et prévient le cancer. Et si vous continuez à lire, vous pouvez voir qu'il y a peut-être une sorte de force politique derrière une part de ceci. Pour les femmes, le ménage prévient le cancer, mais pour les hommes, le shopping pourrait vous rendre impuissant. Nous savons donc que nous devons commencer à démonter la science derrière ceci.
Et j'espère montrer que démonter les affirmations douteuses, démonter les preuves derrière les affirmations douteuses, n'est pas une méchante activité de chamaillerie. C'est socialement utile, mais c'est aussi un outil d'explication extrêmement précieux. Parce que la vraie science consiste en une évaluation critique des preuves en faveur de l'opinion d'un autre. C'est ce qui se passe dans les publications universitaires. C'est ce qui se passe dans les conférences scientifiques. La session de questions et réponses après la présentation de données est souvent un bain de sang. Et ça ne dérange personne. Nous nous réjouissons de cela activement. C'est comme une activité intellectuelle sadomasochiste avec consentement. Donc ce que je vais vous montrer sont toutes les choses importantes, toutes les caractéristiques principales de ma discipline — la médecine factuelle. Et je vais vous guider à travers tout cela et vous démontrer comment cela fonctionne, uniquement avec des exemples de gens comprenant mal les choses.
On va commencer avec la forme de preuves la plus faible connue de l'homme, et il s'agit de l'autorité. En science, peu importe combien de titres se trouvent après votre nom. En science, nous voulons savoir pour quelles raisons vous croyez en quelque chose. Comment savez-vous que quelque chose est bon ou mauvais pour nous ? Mais nous sommes également peu impressionnés par l'autorité parce que c'est facile à inventer. Voici quelqu'un nommé Dr. Gillian McKeith, docteur en philosophie, ou pour donner son titre médical complet, Gillian McKeith. (Rires) Encore une fois, il y a quelqu'un comme ça dans tous les pays. C'est notre guru diététique de télévision. Elle a cinq énormes séries dé télévision à heure de grande écoute, distribuant de très somptueux et exotiques conseils de santé. Elle a, en réalité, un doctorat reçu après une formation non-accréditée, par correspondance, de quelque part en Amérique. Elle se vante aussi d'être un membre professionnel certifié de l'Association Américaine des Nutritionnistes Consultants, ce qui sonne très glamour et excitant. Vous avez un certificat et tout. Celui-ci appartient à ma défunte chatte Hetti. C'était une horrible chatte. Vous avez juste sur le site internet, remplissez le formulaire, leur donnez 60 dollars, et ça arrive par courrier. Maintenant, ce n'est pas la seule raison que nous avons de penser que cette personne est une idiote. Elle va aussi en disant des choses comme "Vous devriez manger beaucoup de feuilles vertes foncées, parce qu'elles contiennent beaucoup de chlorophylle, et cela oxygènera vraiment votre sang". Et qui que ce soit ayant pris des cours de biologie à l'école se rappelle que la chlorophylle et les chloroplastes ne produisent de l'oxygène que dans la lumière du soleil, et il fait plutôt sombre dans vos intestins après que vous ayez mangé des épinards.
Ensuite, nous avons besoin de vraie science, de vraies preuves. Donc, "Le vin rouge peut aider à prévenir le cancer du sein". C'est un titre du "Daily Telegraph" au Royaume-Uni. "Un verre de vin par jour pourrait aider à prévenir le cancer du sein". Donc vous cherchez et trouvez l'article scientifique, et ce que vous trouvez est un vrai travail scientifique. C'est une description des changements survenant dans une enzyme quand vous mettez une goutte d'un extrait chimique de peau de raisin rouge sur des cellules cancéreuses dans une boîte de Petri sur une paillasse de laboratoire quelque part. Et c'est quelque chose de vraiment très utile à décrire dans un article scientifique, mais sur la question du risque que vous courrez d'avoir le cancer du sein si vous buvez du vin rouge, cela ne vous dit foutrement absolument rien. En fait, il s'avère que votre risque de cancer du sein augmente légèrement en réalité avec chaque quantité d'alcool que vous absorbez. Donc ce que nous voulons, ce sont des études faites avec de vrais humains.
Voici un autre exemple. Ça vient de la principale diététicienne et nutritionniste britannique, dans le "Daily Mirror", notre second journal en termes de ventes. "Une étude australienne de 2001 a observé que l'huile d'olive, en combinaison avec des fruits, des légumes et des légumes secs offre une protection commensurable contre les rides". Et alors il vous conseille : "Si vous mangez de l'huile d'olive et des légumes, vous aurez moins de rides'". Et ils vous indiquent gentiment comment trouver l'article scientifique. Donc vous allez le chercher, et ce que vous trouvez est une étude observationnelle. Évidemment personne n'a été capable de retourner dans les années 30, de prendre toutes les personnes nées dans une maternité, et de nourrir la moitié d'entre eux avec plein de fruits, de légumes et d'huile d'olive, et l'autre moitié avec du McDonald's, et de voir alors combien de rides vous développez plus tard.
Vous devez prendre un instantané de comment les gens sont maintenant. Et ce que vous trouvez, bien sûr, c'est que les gens qui mangent des légumes et de l'huile d'olive ont moins de rides. Mais c'est parce que les gens qui mangent des fruits, des légumes et de l'huile d'olive, ils sont farfelus, ils ne sont pas normaux, ils ne sont pas comme vous; ils viennent à des évènements comme celui-ci. Ils sont huppés, riches, moins susceptibles de travailler à l'extérieur, ils sont moins susceptibles d'avoir un travail manuel, ils ont un meilleur soutien social, ils sont moins susceptibles de fumer. Donc pour tout un tas de fascinantes, entremêlées, raisons sociales, politiques et culturelles, ils sont moins susceptibles d'avoir des rides. Ça ne veut pas dire que c'est à cause des légumes ou de l'huile d'olive.
Donc idéalement ce que vous voulez faire, c'est un test. Et tout le monde pense être familier avec l'idée de test. Les essais sont très anciens. Le premier était dans la Bible, Daniel 1:12. C'est très simple : vous prenez un groupe de gens, vous les partagez en deux, vous traitez un groupe d'une façon, vous traitez l'autre groupe de l'autre façon, et un peu plus tard, vous les revoyez et observez ce qui est arrivé à chacun d'entre eux. Je vais vous raconter un test, probablement le test le mieux rapporté dans les médias britanniques durant la dernière décennie. C'est le test des pilules à base d'huile de poisson. Il était affirmé que les pilules d'huile de poisson améliorent la performance scolaire et le comportement pour la majorité des enfants. Et ils ont dit : "Nous faisons un test. Tous les test précédents étaient positifs, et nous savons que celui-ci le sera aussi". Cela devrait toujours éveiller la suspicion. Parce que si vous savez déjà la réponse à votre test, vous ne devriez pas en faire. Soit vous l'avez manipulé par son plan expérimental, soit vous avez assez de données et il n'y a plus besoin de randomiser les participants.
Donc, c'est ce qu'ils allaient faire dans leur test. Ils ont pris 3 000 enfants, ils allaient leur donner ces énormes pilules d'huile de poisson, six par jour, et un an plus tard, ils allaient mesurer leur performance aux examens scolaires et comparer leur performance avec ce qu'ils avaient prédit que leur performance serait s'ils n'avaient pas pris les pilules. Est-ce que quelqu'un repère un défaut dans ce plan expérimental ? Et aucun professeur de méthodologie de tests cliniques n'est autorisé à répondre à cette question. Donc il n'y a pas de contrôle, il n'y a pas de groupe contrôle. Mais cela semble vraiment technique. C'est un terme technique. Les gosses ont pris les pilules, et leur performance s'est améliorée.
Qu'est-ce qui pourrait bien être en cause si ce n'est les pilules ? Ils ont grandi. On se développe tous avec le temps. Et évidemment, il y a aussi l'effet placebo. L'effet placebo est l'une des choses les plus fascinantes de toute la médecine. Il ne s'agit pas seulement de prendre une pilule, et la douleur disparaît. Il s'agit de nos croyances et attentes. Il s'agit de la signification culturelle d'un traitement. Et cela a été montré par tout un tas d'études fascinantes comparant un type de placebo avec un autre. Donc nous savons par exemple que deux pastilles de sucre par jour sont un traitement plus efficace contre les ulcères gastriques qu'une pastille de sucre. Deux pastilles de sucre par jour battent une pastille de sucre par jour. C'est un résultat scandaleux et ridicule, mais c'est vrai. Nous savons, grâce à trois différentes études sur trois différents types de peine, qu'une injection d'eau salée est un traitement contre la peine plus efficace que prendre une pastille de sucre, prendre une pilule factice sans molécule active — pas parce que l'injection ou les pilules ont une quelconque action physique sur le corps, mais parce que l'injection paraît être une intervention plus dramatique. Donc nous savons que nos croyances et nos attentes peuvent être manipulées, et c'est pourquoi on fait des tests où on compare à un placebo — où la moitié des gens reçoit le vrai traitement et l'autre moitié reçoit un placebo.
Mais ce n'est pas suffisant. Ce que je viens de vous montrer sont des exemples de moyens très simples et directs pour les journalistes, les colporteurs de compléments alimentaires et les naturopathes de déformer les preuves dans leur propre intérêt. Ce que je trouve vraiment fascinant c'est que l'industrie pharmaceutique utilise exactement le même genre de trucs et de systèmes, mais dans des versions légèrement plus sophistiquées, afin de déformer les preuves qu'ils fournissent aux médecins et patients, et que nous utilisons pour prendre de vitales décisions.
Premièrement, les tests contre un placebo : tout le monde pense savoir qu'un test devrait comparer votre nouveau traitement à un placebo. Mais en fait dans de nombreux cas, c'est incorrect. Parce que souvent il y a déjà un très bon traitement de disponible, donc nous ne voulons pas savoir si votre nouveau traitement alternatif est mieux que rien. Nous voulons savoir s'il est meilleur que le meilleur traitement disponible à l'heure actuelle. Pourtant, de façon répétée, vous voyez constamment des gens continuer à tester contre un placebo. Et vous pouvez obtenir une autorisation de mise sur le marché avec seulement des données montrant que votre produit est mieux que rien, ce qui est inutile pour un médecin qui essaye de prendre une décision.
Mais ce n'est pas le seul moyen que vous avez de truquer vos données. Vous pouvez aussi truquer vos données en rendant la chose à laquelle vous comparez votre nouveau produit, vraiment nulle. Vous pouvez donner le produit concurrent à trop faible dose, de sorte que les gens ne sont pas correctement traités. Vous pouvez donner le produit concurrent à trop forte dose, de sorte que les gens souffrent d'effets secondaires. Et c'est exactement ce qui s'est passé avec les neuroleptiques traitant la schizophrénie. Il y a 20 ans, une nouvelle génération de neuroleptiques a vu le jour, promettant des effets secondaires réduits. Donc les gens ont commencé à tester ces nouveaux médicaments contre les anciens, mais ils ont donné les anciens à des doses ridiculement fortes — 20 milligrammes d'halopéridol par jour. La conclusion est courue d'avance : si vous donnez un médicament à une si forte dose, il y aura plus d'effets secondaires et votre nouveau produit paraîtra meilleur.
Il y a 10 ans, de façon intéressante l'histoire s'est répétée quand le rispéridone, qui était le premier des neuroleptiques de nouvelle génération, est passé dans le domaine public et que n'importe qui pouvait le reproduire. Tout le monde a voulu démontrer que leur traitement était meilleur que le rispéridone, et donc vous pouviez voir un tas de tests comparant de nouveaux neuroleptiques avec le rispéridone, à huit milligrammes par jour. Encore une fois, on ne parle de dose insensée, ou illégale, mais très proche de la limite haute du normal. Donc vous êtes voués à ce que votre nouveau produit paraisse meilleur. Il n'y a donc pas de surprise que dans l'ensemble, les tests financés par l'industrie sont quatre fois plus probables de produire un résultat positif que les tests financés indépendamment.
Mais — et c'est un gros mais — (Rires — jeu de mot : "but" = mais / "butt" = cul) il s'avère, que si vous regardez les méthodes utilisées dans les tests financés par l'industrie, elles sont en fait meilleures que celles des tests indépendants. Et pourtant, ils arrivent toujours à obtenir le résultat désiré. Donc comment cela fonctionne-t-il ? Comment pouvons-nous expliquer cet étrange phénomène ? Eh bien, il s'avère que ce qui se passe est que les résultats négatifs disparaissent au vol ; ils ne sont pas divulgués aux médecins et patients. Et c'est l'aspect le plus important de toute cette histoire C'est au sommet de la pyramide des preuves. Nous avons besoin de toutes les données sur un traitement spécifique pour savoir s'il est vraiment efficace ou non. Et il y a deux façons différentes pour repérer si des données ont été dissimulées. Vous pouvez utiliser les statistiques, ou vous pouvez utiliser les histoires. Personnellement je préfère les statistiques, donc c'est ce que je vais faire en premier.
Voici ce qu'on appelle un graphique en entonnoir. Un graphique en entonnoir est un moyen très habile de repérer si de petits tests négatifs ont disparu, ont été dissimulés au vol. Donc c'est une représentation graphique de tous les tests qui ont été faits pour un traitement spécifique. En allant vers le haut du graphique — chaque point que vous voyez est un test. Et en montant, vous trouvez les tests à plus grande échelle, qui comportent donc moins d'erreurs. Ils sont moins susceptibles d'être de faux positifs ou négatifs, dus au hasard. Donc ils sont tous regroupés. Les tests à grande échelle sont plus proches de la réponse correcte. Et en vous éloignant vers le bas, ce que vous pouvez voir, de ce côté-ci, sont les faux négatifs fallacieux, et de ce côté-là, les faux positifs fallacieux. S'il y a un biais de publication, si les petits tests négatifs ont été dissimulés au vol, vous pouvez le voir sur un de ces graphiques. Donc vous pouvez voir ici que les petits tests négatifs, qui auraient dû se trouver en bas à gauche, ont disparu. Celui-ci est un graphique qui révèle la présence d'un biais de publication dans les études sur le biais de publication. Je pense que c'est la blague d'épidémiologie la plus drôle que vous entendrez jamais.
C'est ainsi que vous pouvez le prouver statistiquement, mais qu'en est-il des histoires ? Eh bien, elles sont ignobles, vraiment. Voici un traitement appelé réboxétine. C'est un produit que moi-même j'ai prescrit à des patients. Et je suis un médecin très informé. J'essaye de faire des efforts pour lire et comprendre toute la littérature. J'ai lu les essais sur cela. Ils étaient tous très positifs. Ils étaient tous très bien menés. Je n'ai pas trouvé de problème. Malheureusement il s'est avéré que de nombreux tests avaient été dissimulés. En fait 76% de tous les tests faits sur ce traitement ont été cachés aux médecins et patients. Maintenant si vous y pensez, si je lance une pièce cent fois, et que je suis autorisé à vous cacher la réponse la moitié du temps, alors je peux vous convaincre que j'ai une pièce avec deux faces. Si on retire la moitié des données, on ne peut jamais savoir quel est vraiment la taille de l'effet de ces traitements.
Et ceci n'est pas un cas isolé. Environ la moitié des données des tests sur les antidépresseurs a été dissimulée, et cela va bien plus loin. Le Cochrane Group du Nord a essayé de mettre la main sur ces données pour les rassembler. Le Cochrane Group est une organisation internationale à but non lucratif qui produit des revues systématiques de toutes les données jamais publiées. Et ils ont besoin d'avoir accès à tous les données de tests. Mais les compagnies leur ont refusé l'accès aux données, ainsi que l'Agence Européenne des Médicaments pendant trois ans.
C'est n problème qui couramment manque d'une solution. Et pour vous montrer son ampleur, voici un médicament appelé Tamiflu, pour lequel les gouvernements autour du monde ont dépensé des milliards et des milliards de dollars. Et ils ont dépensé cet argent avec la promesse que ce traitement réduirait le taux de complications dues à la grippe. Nous avons déjà les données qu'il réduit la durée de votre grippe de quelques heures. Mais ceci ne m'importe pas vraiment. Les gouvernements ne s'en soucient pas. Je suis vraiment désolé si vous avez la grippe, je sais que c'est horrible, mais on ne va pas dépenser des milliards de dollars à essayer de réduire la durée de vos symptômes grippaux d'une demi-journée. Nous prescrivons ces médicaments, nous les stockons en cas d'urgence dans l'idée qu'ils réduiront le nombre de complications, c'est-à-dire de pneumonies, autrement dit de morts. Le Cochrane Group des maladies infectieuses, basé en Italie, a essayé d'obtenir des compagnies pharmaceutiques les données complètes dans une forme utilisable, pour pouvoir décider si ce traitement est efficace ou non, et ils n'ont pas pu obtenir cette information. Ceci est indubitablement le plus grand problème éthique auquel aujourd'hui la médecine fait face. On ne peut pas prendre de décisions sans avoir toute l'information.
Donc c'est un peu difficile après ça de passer à une conclusion en sorte positive. Mais je dirais ceci : je pense que la lumière du jour est le meilleur désinfectant. Toutes ces choses se passent au grand jour, et ils sont tous protégés par un champ de force fastidieuse. Et je pense, avec tous les problèmes en science, que l'une des meilleures choses qu'on puisse faire est de lever le couvercle, de triturer la mécanique et de regarder à l'intérieur.
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Tous les jours sont rapportés aux informations de nouveaux conseils de santé, mais comment pouvez-vous savoir s'ils sont corrects ? L'épidémiologiste et médecin Ben Goldacre nous démontre, à grande vitesse, comment les preuves peuvent être biaisées, depuis les très évidentes affirmations concernant la nutrition jusqu'aux très subtiles combines de l'industrie pharmaceutique.
Ben Goldacre unpicks dodgy scientific claims made by scaremongering journalists, dubious government reports, pharmaceutical corporations, PR companies and quacks. Full bio »
Translated into French, Canadian by Amélie Gourdon
Reviewed by Timothée Parrique
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13:25 Posted: Nov 2006
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09:05 Posted: Mar 2010
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19:01 Posted: Apr 2010
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